Wall Street corrige, records en série sur les rendements des obligations d'État
Les indices américains retombent
La cote américaine creuse ses pertes avant bourse ce mardi, alors que les rendements obligataires montent dangereusement, tout comme les anticipations de resserrement monétaire de la Fed. Le Dow Jones recule encore de 0,7% en pré-séance, alors que le S&P 500 perd 0,6% et que le Nasdaq 100 abandonne 1,2%.
Les rendements des obligations d'État se tendent, à 4,78% sur le T-Bond à 10 ans et 5,27% sur le '30 ans' - qui flirte avec ses pics de 19 ans. Pendant ce temps, le rendement de l'obligation d'État à 2 ans du Japon a atteint son plus haut niveau en 31 ans, tandis que ce même rendement du '2 ans' allemand s'affiche au sommet depuis juillet 2024. Le rendement de l'obligation japonaise à 10 ans taquine pour sa part les 3% et a franchi ce cap dans la matinée, pour la première fois depuis 1996, avec les craintes d'inflation et de hausse des taux de la banque centrale.
Les investisseurs ont été refroidis rappelons-le en fin de semaine dernière par l'intervention de Kevin Warsh, nouveau patron de la Fed, dans le cadre du sommet de Jackson Hole. Le successeur de Jerome Powell a adopté un ton très ferme, affirmant que la priorité de la Fed devait demeurer la stabilité des prix. Warsh a indiqué que les données sur l'inflation estivale s'étaient améliorées, mais que les tendances sous-jacentes n'avaient pas sensiblement évolué. La Fed doit être convaincue que l'inflation revient vers son objectif des 2%, faute de quoi "il nous reste du travail à faire", a indiqué le timonier de la Fed.
Il a réaffirmé que l'objectif d'inflation PCE de 2% était "ferme et immuable". Parallèlement, l'économie reste résiliente : la consommation des ménages est dynamique, le marché du travail est stable et l'investissement des entreprises progresse rapidement, détaille le responsable. Warsh a également déclaré qu'il était difficile de qualifier les conditions financières de restrictives, les marchés du crédit ne montrant que peu de signes de retenue.
Le leader de la Fed laisse entendre que des hausses de taux sont envisagées si l'inflation ne fléchit pas. Il note que pour l'heure, l'inflation ne ralentit pas de manière significative. Une hausse des taux reste l'anticipation des marchés, qui tablent sur une ou deux augmentations d'un quart de point d'ici la fin de l'année, mais la probabilité d'un durcissement de 25 points de base dès septembre est fortement montée suite aux commentaires de Warsh, désormais à 66,4% !
Lors de la réunion de juillet, une large majorité des membres votants de la Fed s'était prononcée en faveur d'une politique monétaire attentiste, décidant d'un statu quo monétaire, mais trois voix dissidentes (Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan) s'étaient élevées, prônant une hausse des taux. La banque centrale américaine avait finalement laissé les taux inchangés sur les 'fed funds' entre 3,50 et 3,75%.
Sur le front économique à Wall Street, les opérateurs surveilleront ce mardi l'indice PMI manufacturier final et l'ISM manufacturier d'août, les dépenses de construction de juillet, ainsi que le rapport JOLTS du Département au Travail sur les ouvertures de postes du mois de juillet.
Le rapport d'ADP sur l'emploi privé du mois d'août, les commandes industrielles du mois de juillet et le Livre Beige économique de la Fed, seront annoncés mercredi.
La balance du commerce international des biens et services de juillet, la dernière étude Challenger sur les annonces de licenciements, les inscriptions hebdomadaires au chômage, les chiffres révisés de la productivité non-agricole du 2e trimestre, l'indice PMI composite final d'août et l'ISM des services du même mois, seront connus jeudi. Le gouverneur de la Fed Christopher Waller prend par ailleurs la parole le même jour.
Enfin, vendredi, les investisseurs suivront de près le rapport gouvernemental américain sur la situation de l'emploi pour le mois d'août (consensus FactSet 65.000 créations de postes, 53.000 dans le privé, 4,2% de taux de chômage).
Les cours du brut remontent pendant ce temps vers les 88$ sur le baril WTI et les 92$ pour le Brent de la mer du Nord. Washington et Téhéran ont échangé des frappes pour la première fois depuis environ un mois, le Commandement central américain (CENTCOM) ayant visé des lance-roquettes qui s'apprêtaient à déployer des mines dans le détroit d'Ormuz. En représailles, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé avoir attaqué des bases aériennes américaines en Jordanie. Trump a promis hier de frapper fort l'Iran après les tirs de missiles iraniens au cours de la nuit contre deux bases aériennes américaines en Jordanie.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a estimé que ces hostilités prouvaient que l'Iran réagissait à l'impact des sanctions sur son économie. "Ils se déchaînent (...) parce qu'ils perdent économiquement", a jugé Bessent devant les journalistes, en marge d'une réunion des ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales. Bessent, avait indiqué déjà dans une interview accordée à Reuters que Washington allait probablement dévoiler de nouvelles sanctions secondaires contre l'Iran sur une base hebdomadaire, "en commençant par les banques".
"L'Iran est officiellement un État en faillite. IL EST MORT ! Ils n'ont ni marine, ni armée de l'air, ni monnaie ; ils ne paient plus leurs soldats ni leurs policiers, l'inflation atteint 300% et leurs dirigeants sont en plein désarroi, incapables de représenter dignement le pays. La seule chose qu'ils possèdent, ce sont des 'fake news' venues des États-Unis, une volonté de tuer leurs manifestants (on compte désormais plus de 100.000 morts ; ils doivent être jugés pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité !) et un sacré débit de conneries", a aussi asséné Trump hier sur Truth Social.
Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, Palo Alto Networks, Dell Technologies, GitLab, NIO Inc. et Medtronic, publient leurs comptes ce jour. Brown-Forman, NetApp, Hewlett Packard Enterprise, Snowflake et surtout Broadcom, annoncent leurs résultats trimestriels demain. UiPath, Docusign, Lululemon, Guidewire, Samsara, Zscaler, Copart et Ciena, dévoileront leurs derniers résultats jeudi.
Les valeurs
Medtronic, qui figure parmi les leaders mondiaux de la conception, de la fabrication et de la commercialisation de dispositifs et d'équipements médicaux, publie ce mardi pour son 1er trimestre fiscal 2027 des comptes supérieurs aux attentes, relevant dans la foulée ses prévisions pour l'exercice. Le chiffre d'affaires a atteint 9,8 milliards de dollars sur le trimestre clos, en hausse de 13,7% en données publiées et de 13,7% également sur une base organique, soit environ 200 points de base au-dessus du point médian des prévisions. Le consensus était de 9,5 milliards de dollars environ. Le bpa ajusté a été de 1,45$, dépassant également les prévisions du groupe et le consensus. Le résultat net GAAP pour le premier trimestre est ressorti à 1,47 milliard de dollars, en croissance de 41%.
Le groupe souligne la croissance de 18,9% du segment Cardiovasculaire, portée par une hausse de 15% de l'activité Gestion du rythme cardiaque et de 88% de l'activité Solutions d'ablation cardiaque.
Le groupe fait état par ailleurs d'un relèvement de 50 points de base de la prévision de croissance organique du chiffre d'affaires pour l'exercice 2027 (fourchette de 7,25% à 7,75%) et révise en hausse sa guidance de bpa ajusté de l'exercice 2027, entre 5,94 et 6$. Parmi les autres faits marquants, Medtronic mentionne l'annonce de l'extension de l'indication (marquage CE) pour le système de cartographie et d'ablation Affera et le cathéter Sphere-9 dans le traitement des arythmies ventriculaires, ainsi que l'annonce d'un investissement stratégique dans Pi-Cardia (jusqu'à 80 M$), pionnier de la technologie de modification des feuillets valvulaires.
Medtronic dévoile par ailleurs un partenariat stratégique avec Cornerstone Robotics pour élargir davantage l'accès mondial à la chirurgie assistée par robot. Cet investissement d'environ 700 millions de dollars comprend les droits de distribution du système chirurgical Sentire de Cornerstone sur certains marchés en dehors des États-Unis où le système a reçu une autorisation de mise sur le marché. Medtronic fait aussi état de l'autorisation de la FDA pour la plateforme informatique de nouvelle génération Touch Surgery Aide. Enfin, le groupe a finalisé les acquisitions de Scientia Vascular et de SPR Therapeutics.
NIO Inc, l'acteur chinois du marché des véhicules électriques, coté à Wall Street, a publié ce mardi pour son 2e trimestre 2026 des livraisons de véhicules au nombre de 107.658 unités, soit une hausse de 49,4% par rapport au deuxième trimestre 2025 et une augmentation de 29% par rapport au premier trimestre 2026. Ces livraisons comprenaient 60.945 véhicules de la marque Nio, 29.124 véhicules de la marque Onvo et 17.589 véhicules de la marque Firefly. Le chiffre d'affaires total s'est élevé à 32,1 milliards de yuans (4,74 milliards de dollars), soit une augmentation de 69% en glissement annuel et de 26% en comparaison du premier trimestre 2026. Le consensus était de 33,3 milliards de yuans de revenus.
La perte d'exploitation s'est élevée à 347 millions de yuans au deuxième trimestre 2026, contre une perte d'exploitation de 4,91 milliards de yuans au deuxième trimestre 2025. Le bénéfice d'exploitation ajusté s'est établi à 207 millions de yuans (30,5 millions de dollars), contre une perte de 4,04 milliards de yuans au T2 2025. La perte nette est ressortie à 528 millions de yuans (78 millions de dollars), contre un déficit de près de 5 milliards de yuans un an avant. Le bénéfice net ajusté s'est établi à 26 millions de yuans (3,8 millions de dollars), contre une perte de 4,13 milliards de yuans un an avant.
Micron perd du terrain avant bourse à Wall Street, alors que les organisations syndicales représentant deux tiers des employés du groupe américain à Taïwan menacent d'initier un mouvement de grève si le géant des puces mémoire n'ajuste pas son système de primes et ne répartit pas équitablement ses généreux profits, soutenus par l'insatiable demande du marché de l'intelligence artificielle.
Les informations et conseils rédigés par la rédaction de Boursier.com sont réalisés à partir des meilleures sources, même si la société Boursier.com ne peut en garantir l'exhaustivité ni la fiabilité. Ces contenus n'ont aucune valeur contractuelle et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d'achat de valeurs mobilières ou d'instruments financiers. La responsabilité de la société Boursier.com et/ou de ses dirigeants et salariés ne saurait être engagée en cas d'erreur, d'omission ou d'investissement inopportun.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote