Wall Street sous pression, alors que la géopolitique et la Fed inquiètent
Les indices américains attendus dans le rouge
La cote américaine s'affiche incertaine avant bourse ce lundi, affectée par les tensions géopolitiques et les anticipations de remontée des taux. Le Dow Jones recule de 0,4% en pré-séance, le S&P 500 de 0,4% également et le Nasdaq 100 de 0,3%.
Les investisseurs temporisent suite à l'intervention prudente de Kevin Warsh, nouveau patron de la Fed, vendredi dans le cadre du sommet de Jackson Hole, et sur fond de regain de tensions entre Washington et Téhéran... Les rendements des obligations d'État restent surveillés, à 4,75% sur le T-Bond à 10 ans et 5,25% sur le '30 ans' - toujours proche de ses pics de 19 ans. Pendant ce temps, le rendement de l'obligation d'État à 2 ans du Japon a atteint son plus haut niveau en 31 ans, tandis que ce même rendement du '2 ans' allemand s'affiche au sommet depuis juillet 2024. Le '30 ans' allemand est au plus haut depuis 2011.
Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, successeur de Jerome Powell, a adopté un ton ferme vendredi pour son intervention dans le cadre du symposium de Jackson Hole, affirmant que la priorité de la Fed devait demeurer la stabilité des prix. Warsh a indiqué que les données sur l'inflation estivale s'étaient améliorées, mais que les tendances sous-jacentes n'avaient pas sensiblement évolué. La Fed doit être convaincue que l'inflation revient vers son objectif des 2%, faute de quoi "il nous reste du travail à faire", lance le timonier de la Fed.
Il a réaffirmé que l'objectif d'inflation PCE de 2% était "ferme et immuable". Parallèlement, l'économie reste résiliente : la consommation des ménages est dynamique, le marché du travail est stable et l'investissement des entreprises progresse rapidement, détaille le responsable. Warsh a également déclaré qu'il était difficile de qualifier les conditions financières de restrictives, les marchés du crédit ne montrant que peu de signes de retenue.
Le leader de la Fed laisse entendre que des hausses de taux sont envisagées si l'inflation ne fléchit pas. Il note que pour l'heure, l'inflation ne ralentit pas de manière significative. Une hausse des taux reste l'anticipation des marchés, qui tablent sur une ou deux augmentations d'un quart de point d'ici la fin de l'année, mais la probabilité d'un durcissement de 25 points de base dès septembre est fortement montée suite aux commentaires de Warsh, désormais proche des 64% !
Lors de la réunion de juillet, une large majorité des membres votants de la Fed s'était prononcée en faveur d'une politique monétaire attentiste, décidant d'un statu quo monétaire, mais trois voix dissidentes (Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan) s'étaient élevées, prônant une hausse des taux. La banque centrale américaine avait finalement laissé les taux inchangés sur les 'fed funds' entre 3,50 et 3,75%.
Warsh a aussi livré des commentaires au sujet de l'IA, notant que les ventes annualisées de 'tokens' des deux principaux laboratoires d'IA (OpenAI et Anthropic - respectivement ChatGPT et Claude) dépassent désormais 100 milliards de dollars, en hausse de plus de 500% d'une année sur l'autre. "Il n'est pas évident de savoir où atterriront les rendements du capital ni sur quelle échelle de temps", a nuancé le dirigeant.
Sur le front économique à Wall Street, les opérateurs suivront ce lundi à 16h30 l'indice manufacturier de la Fed de Dallas pour le mois d'août. Demain mardi, les opérateurs surveilleront l'indice PMI manufacturier final et l'ISM manufacturier d'août, les dépenses de construction de juillet, ainsi que le rapport JOLTS du Département au Travail sur les ouvertures de postes du mois de juillet.
Le rapport d'ADP sur l'emploi privé du mois d'août, les commandes industrielles du mois de juillet et le Livre Beige économique de la Fed, seront annoncés mercredi.
La balance du commerce international des biens et services de juillet, la dernière étude Challenger sur les annonces de licenciements, les inscriptions hebdomadaires au chômage, les chiffres révisés de la productivité non-agricole du 2e trimestre, l'indice PMI composite final d'août et l'ISM des services du même mois, seront connus jeudi. Le gouverneur de la Fed Christopher Waller prend par ailleurs la parole le même jour.
Enfin, vendredi, les investisseurs suivront de près le rapport gouvernemental américain sur la situation de l'emploi pour le mois d'août (consensus FactSet 65.000 créations de postes, 53.000 dans le privé, 4,2% de taux de chômage).
Les cours du brut remontent vers les 86$ sur le baril WTI ce lundi et les 91$ pour le Brent de la mer du Nord. Washington et Téhéran ont échangé des frappes pour la première fois depuis environ un mois, le Commandement central américain (CENTCOM) ayant visé des lance-roquettes qui s'apprêtaient à déployer des mines dans le détroit d'Ormuz. En représailles, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé avoir attaqué des bases aériennes américaines en Jordanie. Par ailleurs, le CGRI a indiqué qu'un superpétrolier non identifié, tentant d'emprunter la voie sud du détroit d'Ormuz, avait été touché par deux mines, selon un reportage de la télévision d'État iranienne repris par 'Bloomberg'.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a indiqué dans une interview accordée à Reuters que Washington allait probablement dévoiler de nouvelles sanctions secondaires contre l'Iran sur une base hebdomadaire, "en commençant par les banques". La prochaine étape pourrait consister à exclure totalement une institution du système basé sur le dollar, a précisé Bessent. Washington avait précédemment fourni des précisions la semaine dernière sur les sanctions économiques visant à étouffer l'Iran pour contraindre le pays à négocier. Donald Trump s'est aussi amusé hier à poster une carte des territoires américains sur laquelle figurait le détroit d'Ormuz...
Le haut commandant américain pour le Moyen-Orient a déclaré à la fin de la semaine dernière que les forces américaines avaient débarrassé le détroit d'Ormuz des mines iraniennes, affirmant que les voies de navigation étaient ouvertes, bien que les alliés de Washington soient restés sceptiques quant à cette affirmation. Ce passage maritime relie le golfe Persique aux marchés mondiaux, et son statut, constitue un important point de friction depuis le déclenchement du conflit fin février. Néanmoins, même en l'absence d'accord de paix entre les deux parties, environ 6 à 8 millions de barils de brut par jour transitent par le détroit d'Ormuz, selon les négociants qui surveillent les cargaisons.
En dehors du Moyen-Orient, Washington a pris des mesures pour s'assurer le contrôle direct de plus de 65 milliards de barils de réserves pétrolières vénézuéliennes, via une concession prévue pour une durée de 100 ans portant sur 17 gisements. Le président Donald Trump a déclaré que ce brut servirait à reconstituer la réserve stratégique du pays, actuellement épuisée.
Notons que Trump a lancé dimanche sur Truth Social le message : "L'île de Kharg réduite en miettes !!!". Le président américain a publié une courte vidéo générée par l'IA montrant l'explosion d'un navire et d'infrastructures. "Les tweets de Trump sont risibles et la situation à Kharg est calme et normale", a démenti Hamid Bovard, directeur général de la Compagnie nationale iranienne du pétrole, cité par Reuters, selon lequel les opérations pétrolières n'auraient pas cessé et les travailleurs s'affaireraient à réparer les dégâts antérieurs et à moderniser les installations. Reuters reprend des commentaires du responsable sur le site web de Nournews.
"L'Iran est officiellement un État en faillite. IL EST MORT ! Ils n'ont ni marine, ni armée de l'air, ni monnaie ; ils ne paient plus leurs soldats ni leurs policiers, l'inflation atteint 300% et leurs dirigeants sont en plein désarroi, incapables de représenter dignement le pays. La seule chose qu'ils possèdent, ce sont des 'fake news' venues des États-Unis, une volonté de tuer leurs manifestants (on compte désormais plus de 100.000 morts ; ils doivent être jugés pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité !) et un sacré débit de conneries", a aussi asséné Trump il y a quelques instants sur Truth Social.
Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, Palo Alto Networks, Dell Technologies, GitLab, NIO Inc. et Medtronic, publient leurs comptes demain. Brown-Forman, NetApp, Hewlett Packard Enterprise, Snowflake et surtout Broadcom, annoncent leurs résultats trimestriels mercredi. UiPath, Docusign, Lululemon, Guidewire, Samsara, Zscaler, Copart et Ciena, dévoileront leurs derniers résultats jeudi.
Les valeurs
Apple. Tim Cook quitte donc la direction générale d'Apple aujourd'hui, laissant les rênes à John Ternus. Engagé en 1998, Cook avait pris la tête du groupe à la pomme en tant que CEO en août 2011, deux mois avant le décès du visionnaire Steve Jobs. Il était déjà directeur des opérations (COO) depuis 2005, apportant toute son expertise en gestion de la chaîne d'approvisionnement. En 15 ans, Cook a porté Apple vers de nouveaux sommets, boursiers notamment, puisque le cours a été multiplié par 23 sur le Nasdaq durant son 'règne'. Autrement dit, le DG sortant d'Apple a en quelque sorte créé plus de 4.000 milliards de dollars de valeur boursière.
Il a supervisé les lancements de l'Apple Watch, des AirPods ou encore plus récemment du MacBook Neo, portant par ailleurs les services d'Apple sur les 100 milliards de dollars.
Ternus, vice-président senior de l'ingénierie hardware, prend le relais à la direction générale, tandis que Cook reste tout de même présent en tant que président exécutif et assistera encore Apple sur certains dossiers, notamment dans les relations avec les décideurs politiques du monde entier.
Strategy a acquis 4.603 BTC pour 370 millions de dollars, a augmenté sa position USD Cash de 29 millions de dollars et a racheté pour 152 millions de dollars de titres STRC, détaille le fondateur du groupe Michael Saylor. Au 30/08/26, Strategy détenait 845.050 BTC et 6,71 milliards de dollars d'actifs USD. Ces mesures renforcent davantage STRC (une action privilégiée perpétuelle à taux variable émise par le groupe), estime Saylor dans un post sur le réseau social X.
Pinterest. La directrice financière du groupe, Julia Brau Donnelly, quittera ses fonctions fin octobre pour poursuivre d'autres opportunités. Elle sera remplacée à titre intérimaire par le vice-président des finances et des opérations commerciales, Vikram Naidu.
General Motors. Les salariés canadiens de GM ont approuvé hier un accord pour la construction d'un nouveau pick-up en Ontario. GM prévoit d'assembler ce pick-up de gros tonnage dans le cadre d'un accord de principe conclu avec un syndicat majeur. Cet investissement de 1,1 milliard de dollars canadiens (791 millions de dollars américains) soutiendrait le secteur automobile canadien, actuellement fragilisé par les droits de douane américains, selon un rapport syndical publié samedi et relayé par le New York Post.
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