Wall Street consolide prudemment, après un record du Dow Jones sur les 50.000 pts
Prises de bénéfices en vue
Wall Street consolide désormais légèrement avant bourse ce lundi. Le Dow Jones, qui a franchi vendredi pour la première fois la barre des 50.000 points, régresse de 0,1% en pré-séance, alors que le S&P 500 perd 0,2%. Le Nasdaq cède 0,3%, les investisseurs restant prudents suite à la lourde correction récente du secteur software et technologique. Sur le Nymex, le baril de brut WTI recule de 0,4% à 63,3$. L'once d'or fin se redresse de 0,8% à 4.997$. L'indice dollar abandonne 0,6% face à un panier de devises. Le bitcoin se tasse sur les 69.000$.
Les bons du Trésor américain accentuent leurs pertes ce lundi, alors que selon Bloomberg, les autorités chinoises auraient conseillé aux institutions financières du pays de réduire leurs avoirs en obligations d'État américaines, en raison des inquiétudes liées à la volatilité du marché. Le rendement des bons du Trésor de référence (à 10 ans) a grimpé jusqu'à quatre points de base pour atteindre 4,25%, et évolue désormais autour de 4,22%, tandis que celui des obligations à 30 ans a progressé de deux points de base à 4,87%.
Selon des sources de Bloomberg proches du dossier, les autorités chinoises ont exhorté les banques à limiter leurs achats d'obligations d'État américaines et ont demandé à celles fortement exposées de réduire leurs positions. Aucune cible précise n'aurait été fixée quant à l'ampleur ou au calendrier de cette réduction, et la directive ne s'applique pas aux avoirs détenus par l'État chinois en bons du Trésor. Bien que cette demande ait été formulée dans une optique de diversification des risques, elle pourrait selon l'agence conforter une tendance mondiale récente, qui a vu des pays comme l'Inde et le Brésil réduire leur exposition au plus grand marché obligataire mondial face aux doutes croissants concernant l'attrait des actifs américains.
Les risques géopolitiques, tels que les menaces du président Donald Trump concernant le Groenland, n'ont fait qu'accentuer le malaise et encourager la recherche d'actifs alternatifs comme l'or, analyse Bloomberg. Rappelons qu'un fonds de pension danois a lui aussi cédé des bons du Trésor américain tout récemment.
Sur le front économique aux États-Unis, les opérateurs suivront demain les ventes de détail de décembre (14h30, consensus +0,4% d'un mois sur l'autre, +0,4% hors automobile et +0,3% hors automobile et essence), l'indice du coût de l'emploi du 4e trimestre, ainsi que les prix à l'import et à l'export de décembre et que les stocks et ventes des entreprises de novembre.
Le rapport gouvernemental sur l'emploi américain de janvier 2026, qui avait été reporté du fait du bref 'shutdown' récent, sera dévoilé mercredi (14h30, consensus FactSet 80.000 créations de postes, 75.000 créations de postes non-agricoles, 4,4% de chômage). Le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains et la balance budgétaire américaine de janvier sont aussi attendus mercredi.
Jeudi, les investisseurs suivront les inscriptions hebdomadaires au chômage et les reventes de logements existants. Enfin, vendredi, ils prendront connaissance de l'indice des prix à la consommation de janvier (consensus +0,3% d'un mois sur l'autre et +2,5% sur un an, +0,3% et +2,5% également hors alimentation et énergie).
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a évoqué les traders chinois comme explication des fortes fluctuations du marché de l'or la semaine dernière, indique Bloomberg. "La volatilité de l'or s'explique par une certaine instabilité en Chine", a déclaré ainsi Bessent sur Fox News. "Ils sont contraints de durcir leurs exigences en matière de marges. Pour moi, l'or ressemble donc à une réaction spéculative classique", a ajouté le responsable.
Bessent répondait à une question concernant la flambée récente des cours des métaux précieux alimentée par des achats spéculatifs, des turbulences géopolitiques et des inquiétudes quant à l'indépendance de la Fed, flambée qui s'est brutalement inversée la semaine dernière. Ces turbulences ont contribué à la première hausse hebdomadaire du dollar depuis début janvier, tandis que l'indice Dow Jones a franchi la barre des 50.000 points pour la toute première fois.
Bloomberg note qu'à l'approche des élections de mi-mandat en novembre aux USA, Bessent a cité la performance du Dow Jones comme preuve que l'économie américaine serait sur la voie d'une reprise qui profiterait aux Américains. Concernant la politique de la Fed, Bessent a déclaré s'attendre à ce que la banque centrale fasse preuve de prudence quant à toute réduction de son bilan. Le candidat du président Trump à la tête de la Fed, Kevin Warsh, "sera très indépendant, tout en gardant à l'esprit que la Fed est responsable devant le peuple américain", a aussi déclaré Bessent.
De son côté, sur son réseau Truth Social, Donald Trump a salué les records du Dow Jones. "Record de la bourse et sécurité nationale renforcée grâce à nos excellents tarifs douaniers. Je prévois un Dow Jones à 100.000 points d'ici la fin de mon mandat. N'oubliez pas : Trump avait raison sur toute la ligne ! J'espère que la Cour suprême des États-Unis nous observe", a ainsi asséné le président américain.
Dans l'actualité des entreprises à Wall Street cette semaine, les publications trimestrielles se poursuivent. Apollo Global Management, Loews, ON Semiconductor, CoreWeave, Becton, Dickinson & Co ou Principal Financial Group, annoncent ce jour. Coca-Cola, Gilead Sciences, S&P Global, Welltower, CVS Health, Duke Energy, Marriott, Spotify, Ferrari, Ecolab, Robinhood, Cloudflare, Ford Motor, Edwards Lifesciences, Fiserv, DuPont ou AIG, publient demain.
Cisco, McDonald's, T-Mobile US, Shopify, Southern Copper, Applovin, Williams Companies, Equinix, Hilton Worldwide, Kraft Heinz, Humana, GlobalFoundries et Motorola Solutions, dévoilent leurs chiffres mercredi. Applied Materials, Arista Networks, Anheuser-Busch Inbev, Vertex, Airbnb, Zoetis, Coinbase, Ingersoll Rand, Expedia ou PG&E, publient jeudi. Moderna annonce vendredi.
Les valeurs
Apollo Global Management, l'un des géants américains de la gestion alternative, a publié pour le 4e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 2,47$ et des revenus de 9,9 milliards de dollars. Le consensus était logé à 2,04$ de bénéfice ajusté par action. Le bénéfice net ajusté a représenté 1,5 milliard de dollars sur le trimestre et 5,2 milliards sur l'exercice clos. Les actifs totaux sous gestion ressortent à 938 milliards de dollars en fin de période. Marc Rowan, président-directeur général d'Apollo, a déclaré : "Les résultats du quatrième trimestre d'Apollo viennent couronner une année d'excellence. Parmi les faits marquants de 2025, citons une activité de financement record dépassant les 300 milliards de dollars et des entrées de capitaux supérieures à 225 milliards de dollars, générant des revenus records liés aux commissions et aux spreads".
Becton, Dickinson and Company, le concepteur américain d'appareils médicaux, également acteur du marché du diagnostic, perd du terrain avant bourse à Wall Street. Le groupe a publié pour son 1er trimestre fiscal un bénéfice net de 382 millions de dollars et un bénéfice ajusté par action de 2,91$, supérieur aux attentes des analystes, pour des revenus de 5,25 milliards de dollars (+1,6%) également meilleurs qu'attendu. Le rapprochement des activités de BD en biosciences et solutions de diagnostic avec Waters Corporation devrait être finalisé aujourd'hui. La société confirme ses prévisions de croissance du chiffre d'affaires pour l'exercice 2026 et fournit des prévisions de bpa dilué ajusté pour la nouvelle entité BD. Le groupe anticipe pour l'exercice un bénéfice ajusté par action allant de 12,35 à 12,65$.
Loews, la chaîne américaine d'hôtellerie, a publié au titre de son 4e trimestre fiscal un bénéfice net de 402 millions de dollars et un bénéfice par action de 1,94$ - plus du double de l'an dernier -, pour des revenus totalisant 4,73 milliards de dollars. Sur l'exercice, le groupe, également actif dans l'assurance de biens et responsabilité civile, a réalisé des revenus de 4,73 milliards de dollars. Sur l'exercice, le bénéfice net est ressorti à 1,67 milliard de dollars pour des revenus de 18,45 milliards. Un an plus tôt, les revenus annuels se situaient à 17,51 milliards.
CNA Financial, l'entité financière du groupe, également cotée à Wall Street, a réalisé au 4e trimestre fiscal un bénéfice par action de 1,16$ sur une base ajustée, ainsi qu'un bénéfice net de 302 millions de dollars contre 21 millions de dollars un an plus tôt. Les résultats de l'an dernier comprenaient une perte après imposition de 290 millions de dollars sur un accord relatif au régime de retraite. Le résultat ajusté atteint 317 millions de dollars, contre 342 millions de dollars au trimestre correspondant de l'exercice précédent.
Kroger a annoncé la nomination en tant que nouveau directeur général de l'ex-cadre dirigeant de Walmart, Greg Foran. L'annonce intervient moins d'un an après une démission brutale de l'ancien CEO du groupe. Foran, le nouvel élu, a dirigé durant six ans la division américaine de Walmart. "Foran possède plus de 40 ans d'expérience à la tête de grandes entreprises complexes du secteur de la consommation, qu'il a accompagnées dans leurs transformations, leur croissance et leur transition numérique", explique Kroger. La nomination prend effet immédiatement.
Kyndryl, le groupe software américain, décroche de plus de 40% en pré-séance à Wall Street. Le groupe vient d'annoncer un report du dépôt de son rapport trimestriel du fait de faiblesses dans son contrôle interne relatif à l'information financière pour plusieurs périodes. Par ailleurs, Kyndryl a annoncé le départ de son directeur financier, David Wyshner, et la démission de Vineet Khurana de son poste de contrôleur financier international. Le groupe a nommé Harsh Chugh directeur financier par intérim et Bhavna Doegar contrôleur financier par intérim.
Meta Platforms est à nouveau dans le viseur de Bruxelles. La Commission européenne a adressé au propriétaire de Facebook une communication des griefs, dans laquelle elle considère, à titre préliminaire, que Meta a enfreint les règles de l'UE en matière de pratiques anticoncurrentielles en empêchant les assistants d'intelligence artificielle (IA) tiers d'accéder à WhatsApp et d'interagir avec ses utilisateurs. Le comportement de Meta risque de barrer la route aux concurrents qui veulent entrer ou se développer sur le marché en croissance rapide des assistants d'IA, selon le régulateur. La Commission a donc l'intention d'imposer des mesures provisoires afin d'éviter que ce changement de politique ne cause un préjudice grave et irréparable sur le marché, sous réserve de la réponse et des droits de la défense de Meta.
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