Clôture Wall Street : le Dow Jones au-dessus des 50 000 points
Second souffle ?
Wall Street termine la semaine en très en vive hausse, s'offrant un sursaut technique après la récente purge menée par les grandes valeurs technologiques.
Le Dow Jones est la star du jour à Wall Street, avec un rebond de +2,47% à 50.115 pts. Sur la séance, l'indice des valeurs industrielles américaines touche un nouveau record historique à 50.169 pts. Sa semaine se solde par un gain de +1,43%. Le S&P prend +1,97% à 6.932,3 points. Sa semaine reste morose, puisque l'indice cède -0,63% sur la période. Le Nasdaq est également bien ferme, avec un gain de +2,18% à 23.031 pts, mais l'indice décroche de -2,38% sur les 5 dernières séances.
Les marchés demeurent nerveux après la purge ayant frappé les valeurs du secteur software et technologique, suite à la mise à jour du chatbot d'Anthropic la semaine dernière. Elle a ravivé les craintes de bouleversements liés à l'IA dans le secteur des données et des services professionnels. La startup a lancé à la fin de semaine dernière des extensions pour son agent 'Claude Cowork', automatisant ainsi des tâches juridiques, commerciales, marketing et d'analyse de données...
La dernière étude de la firme Challenger, Gray & Christmas sur les annonces de licenciements aux Etats-Unis pour le mois de janvier 2026 est ressortie plus que préoccupante. Les employeurs américains ont annoncé 108.435 suppressions d'emplois en janvier, soit une hausse de 118% par rapport aux 49.795 suppressions annoncées en janvier de l'année précédente, d'après Challenger. Ces chiffres marquent une augmentation de 205% par rapport aux 35.553 suppressions d'emplois annoncées en décembre, selon un rapport publié ce jeudi par le cabinet international de reclassement et de coaching de dirigeants.
Le total de janvier est le plus élevé pour ce mois depuis 2009, année où 241.749 suppressions d'emplois avaient été annoncées. Il s'agit également du total mensuel le plus élevé depuis octobre 2025, où 153.074 suppressions d'emplois avaient été enregistrées. "Généralement, nous constatons un nombre élevé de suppressions d'emplois au 1er trimestre, mais le total enregistré pour le mois de janvier est particulièrement élevé. Cela signifie que la plupart de ces plans ont été établis à la fin de 2025, ce qui indique que les employeurs sont peu optimistes quant aux perspectives pour 2026", a déclaré Andy Challenger, expert en milieu de travail et directeur des revenus chez Challenger, Gray & Christmas.
Le secteur des transports a enregistré le plus grand nombre de suppressions d'emplois en janvier, avec 31.243 postes, principalement suite à une annonce d'UPS. L'entreprise a annoncé la suppression de 30.000 emplois après avoir rompu ses liens avec Amazon. Le secteur technologique a annoncé 22.291 suppressions d'emplois en janvier. La majeure partie de ces suppressions provient d'Amazon, qui a annoncé 16.000 suppressions de postes dans le cadre d'une restructuration des effectifs de management.
Les entreprises du secteur de la santé et les fabricants de produits de santé, y compris les hôpitaux, ont annoncé 17.107 suppressions d'emplois en janvier, soit le niveau le plus élevé pour le secteur depuis avril 2020, où 19.453 suppressions d'emplois avaient été enregistrées.
Le mois dernier, les employeurs ont annoncé 5.306 projets d'embauche, soit le plus faible total pour un mois de janvier depuis que Challenger a commencé à suivre ces projets en 2009. Avant cela, le mois de janvier 2023 détenait le record du plus faible total d'embauches à 5.376.
Les inscriptions au chômage ont fortement rebondi la semaine passée aux États-Unis. Le Département américain au Travail a annoncé pour la semaine close au 31 janvier des inscriptions au chômage au nombre de 231.000, en hausse de 22.000 par rapport au niveau de la semaine antérieure. Le consensus était positionné à 212.000.
Le rapport JOLTS du Département américain au Travail concernant les ouvertures de postes aux Etats-Unis pour le mois de décembre 2025 a fait ressortir 6,542 millions d'ouvertures, ce qui ressort très inférieur au consensus de place, voisin quant à lui de 7,25 millions. La lecture du mois antérieur a été révisée par ailleurs en baisse à 6,928 millions.
La semaine devait se conclure ce vendredi par la publication du rapport gouvernemental mensuel sur la situation de l'emploi de janvier, mais ce rapport tant attendu a été reporté du fait du court 'shutdown'... Les opérateurs se rabattent donc sur l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour le mois de février 2026, qui s'est établi à 57,3 contre 54,3 de consensus FactSet et une lecture finale de 56,4 en janvier. L'indice des anticipations d'inflation à un an se situe désormais à 3,5%, contre 4% précédemment.
Dans l'actualité géopolitique, les Etats-Unis et l'Iran ont entamé à Oman des négociations. Téhéran entend limiter le débat à son programme nucléaire, alors que Washington voudrait, selon Reuters, aborder les questions de l'arsenal balistique iranien, du soutien du pays à différents mouvements armés dans la région et du traitement réservé par la République islamique à son propre peuple.
Les pétroles se reprennent, ce vendredi. Le baril de brut WTI, la référence américaine, gagne +0,78% à 63,51$. Il bondit de +2,11% sur la semaine glissante. La référence pétrolière européenne, le Brent de mer du Nord, prend +1,22% à 68,14$ le baril, pour un gain global de +2,64% sur la semaine.
Le dollar s'échange 0,8469 euro.
L'once d'or revient au-dessous des 5.000$ l'once, terminant la semaine à 4.959$ (4.199 euros). Il recule -4,28% en glissement hebdomadaire.
L'once d'argent termine à 77,77$, dévissant de -30,67% sur la semaine glissante.
Le Bitcoin tombe encore de -2,64%, revenant à 69.403$.
Valeurs en hausse
* Strategy (+26,11% à 134,93$). L'action s'emballe récupérant ses pertes de la veille ce vendredi, aidé par le rebond du Bitcoin. La situation reste cependant critique pour le groupe de Michael Saylor, qui a accumulé 713.502 BTC acquis pour environ 54,26 Mds$, soit environ 76.052 dollars par bitcoin. La reine des cryptomonnaies a dévissé ces derniers jours, accélérant sa baisse depuis la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed. Sur la base d'un Bitcoin à 69.000$ désormais, Strategy est en pertes de plusieurs Mds$ sur son investissement global, alors que toute sa... stratégie repose justement sur l'accumulation et la détention perpétuelle de BTC.
Le groupe publiait hier soir, après bourse, ses comptes du 4e trimestre. Strategy a accusé une perte nette colossale de 12,6 Mds$ liée bien sûr au déclin du Bitcoin. La perte opérationnelle ressort encore plus conséquente à 17,4 Mds$, montrant les limites de la stratégie de 'Bitcoin Treasury Company'.
* Roblox (+9,66% à 66,42$). La plateforme de jeux vidéo bondit à Wall Street, sur une guidance de 'bookings' supérieure aux attentes. Pour le 4e trimestre, le groupe a essuyé une perte ajustée par action de 45 cents, un peu moins lourde que prévu, mais creusée en comparaison de l'an dernier. Le groupe a affiché un niveau de 'bookings' de 2,22 Mds$, largement au-dessus des anticipations de marché (1,36 Md$ sur la période correspondante de l'an dernier). Les revenus se sont envolés de +43% à 1,4 Md$. Le nombre quotidien moyen d'utilisateurs actifs a grimpé de +69% à 144 millions. La perte nette consolidée ressort à -318 M$, alors que l'Ebitda ajusté s'affiche marginalement positif à 3 M$. Le cash flow opérationnel a plus que triplé à 607 M$, tandis que le free cash flow s'est envolé de 155% à 307 M$. Pour 2026, le groupe prévoit une croissance des revenus de 23 à 29% et une progression de 22 à 26% du niveau de 'bookings'.
* Biogen (+8,53% à 201,18$). Le groupe du Massachusetts, qui figure parmi les leaders mondiaux de la conception, de la fabrication et de la commercialisation de produits thérapeutiques, publie des résultats solides et des prévisions annuelles de bénéfices supérieures aux attentes, avec notamment le succès de son traitement Leqembi du déficit cognitif léger et de la maladie précoce d'Alzheimer. Les anciens médicaments du groupe contre la sclérose en plaques subissent la pression des versions moins chères. Biogen a affiché pour le trimestre clos des revenus de 2,3 Mds$ (-7%), contre 2,2 Mds$ de consensus. Le bénéfice ajusté trimestriel s'est établi à 1,99$ (environ 1,6$ de consensus). Les ventes mondiales de Leqembi, que la société commercialise en partenariat avec le groupe japonais Eisai, ont augmenté de 54% à 134 M$, au-dessus des anticipations.
* The Carlyle Grp (+5,96% à 58,71$). Le groupe a publié pour son 4e trimestre calendaire des revenus de 1,09 Md$, en croissance de +15%. Le bénéfice ajusté par action est de 1,01$, légèrement au-dessus des attentes. Les actifs sous gestion atteignent désormais 477 Mds$, en augmentation de +8% en glissement annuel.
* Intel (+4,87% à 50,59$) et AMD (+3,11% à 73,34$). Selon Reuters, ces groupes auraient informé leurs clients chinois de pénuries d'approvisionnement en processeurs CPU pour serveurs.
Intel aurait prévenu que les délais de livraison pourraient atteindre 6 mois, selon des sources de l'agence proches du dossier. Ces contraintes d'approvisionnement ont entraîné une hausse générale de plus de 10%, des prix des produits Intel pour serveurs en Chine, même si les prix varient selon les contrats clients. L'agence cite l'une des sources. L'essor des investissements dans les infrastructures d'IA a en effet provoqué une ruée non seulement sur les puces dédiées à l'IA, mais aussi sur d'autres composants de la chaîne d'approvisionnement, notamment les puces mémoire, dont les prix continuent de flamber, souligne l'agence.
* Fortinet (+4,85% à 82,76$). L'un des leaders mondiaux des solutions globales intégrées et automatisées de cybersécurité a publié, pour son 4e trimestre fiscal, un bénéfice net de 506 M$ et un bénéfice ajusté par action de 81 cents, au-dessus du consensus, pour des revenus de 1,91 Md$ (+15%) également meilleurs qu'attendu. Les revenus produits se sont appréciés de 20% à 691 M$. Les facturations ont grimpé de +18% à 2,37 Mds$. Sur l'exercice, Fortinet a dégagé un bénéfice de 1,85 Md$ pour des revenus de 6,80 Mds$ (+14%). Les facturations annuelles se sont appréciées de +16% à 7,55 Mds$. Le free cash flow atteint 2,21 Mds$. Sur l'exercice, le groupe prévoit un bénéfice ajusté par action allant de 2,94 à 3$, pour des revenus de 7,5 à 7,7 Mds$ et des facturations de 8,4 à 8,6 Mds$.
* Philip MRRS INT (+0,38% à 182,69$). Le géant américain du tabac a publié pour son exercice 2025 juste clos un bpa dilué de 7,26$ (4,52$ un an avant). Le bénéfice ajusté dilué annuel par action a augmenté de +15% à 7,54$. Les revenus annuels ont totalisé 40,6 Mds$, dont 23,8 Mds$ pour les produits dits 'combustibles' et 16,9 Mds$ pour les produits sans fumée. Pour le seul 4e trimestre, les revenus ont atteint 10,4 Mds$, pour une marge brute de 6,8 Mds$, un bénéfice opérationnel de 3,4 Mds$ et un bpa ajusté de 1,70$. Le consensus était justement logé à 1,7$ de bénéfice ajusté par action pour 10,4 Mds$ de revenus. Pour l'exercice 2026, le groupe anticipe un bpa dilué de 7,87 à 8,02$, ainsi qu'un bpa ajusté en croissance de 11 à 13%, entre 8,38 et 8,53$.
Valeurs en baisse
* Reddit (-7,43% à 139,83$). La plateforme web communautaire a publié pour son 4e trimestre fiscal des revenus de 726 M$, en très forte croissance de près de 70% en glissement annuel, pour un bénéfice par action plus que triplé à 1,24$ sur une base ajustée. Le groupe envisage pour le 1er trimestre fiscal 2026 des revenus allant de 595 à 605 M$, également meilleurs que prévu, pour un Ebitda ajusté allant de 210 à 220 M$. Le nombre quotidien des visiteurs uniques actifs a augmenté de 19% à plus de 121 millions, alors que le revenu moyen par utilisateur a grimpé de +42% avec la monétisation accrue. Reddit fait aussi état de son 1er programme de rachat d'actions, allant jusqu'à 1 Md$.
* Amazon (-5,55% à 210,32$). Le groupe de Seattle dévisse à Wall Street. Le groupe d'Andy Jassy a publié, hier soir, des résultats trimestriels marqués par un bénéfice légèrement inférieur aux attentes, assortis de plans de dépenses bien plus élevés que prévu. Le groupe envisage ainsi des dépenses de capitaux 2026 de 200 Mds$, du fait des investissements agressifs dans l'intelligence artificielle. Les ventes ont augmenté de +14% pour atteindre 213,4 Mds$ au 4e trimestre. Le bénéfice net a augmenté pour atteindre 21,2 Mds$, soit 1,95$ par action (20 Mds$ au 4e trimestre 2024).
"Avec une croissance de 24% pour AWS (notre plus forte croissance en 13 trimestres), une hausse de 22% pour la publicité, une croissance soutenue des magasins en Amérique du Nord et à l'international, et une croissance à trois chiffres de notre activité semi-conducteurs d'une année sur l'autre, cette croissance est le fruit de notre capacité d'innovation rapide et de notre engagement à identifier et résoudre les problèmes de nos clients", a déclaré Andy Jassy, directeur général d'Amazon. "Face à une demande aussi forte pour nos offres existantes et à des opportunités majeures comme l'IA, les semi-conducteurs, la robotique et les satellites en orbite basse, nous prévoyons d'investir environ 200 Mds$ en dépenses d'investissement au sein d'Amazon en 2026 et anticipons un retour sur investissement solide et durable".
Pour le 1er trimestre fiscal, le groupe envisage un chiffre d'affaires compris entre 173,5 et 178,5 Mds$, soit une croissance de 11 à 15% par rapport au 1er trimestre 2025. Ces prévisions tiennent compte d'un impact favorable des taux de change d'environ 180 points de base. Le résultat d'exploitation devrait se situer entre 16,5 et 21,5 Mds$ (18,4 Mds$ au 1er trimestre 2025.
* Centene (-3,66% à 38,46$). Le groupe américain d'assurance maladie et soins de santé a annoncé au titre de son 4e trimestre fiscal une perte nette de 1,1 Md$ et un déficit ajusté par action de 1,19$, un peu moins lourd que prévu, pour des revenus de 49,7 Mds$, également meilleurs qu'attendu. Sur l'exercice, le groupe a déploré une perte nette de 6,7 Mds$, pour des revenus totalisant 194,8 Mds$. Le bénéfice ajusté annuel par action s'affiche toutefois positif de 2,08$. Le groupe anticipe désormais des revenus allant de 186,5 à 190,5 Mds$ pour l'exercice entamé, pour un bpa ajusté positif de plus de 3$.
* Microchip Technology (-2,6% à 76,01$). Le spécialiste des semi-conducteurs a publié, pour son 3e trimestre fiscal, un bénéfice de 63 M$ et un bénéfice ajusté par action de 44 cents, légèrement au-dessus des attentes, pour des revenus de 1,19 Md$ (+16%) en ligne avec les anticipations de marché. La pénurie de mémoire frappe actuellement l'électronique grand public, contraignant les fabricants de smartphones et d'ordinateurs à réduire leurs commandes face aux difficultés de livraison des produits finis, note Reuters, qui ajoute que cela pénalise des fournisseurs comme Microchip. Le groupe prévoit un bénéfice ajusté de 48 à 52 cents par action pour le 4e trimestre fiscal, pour des revenus allant de 1,24 à 1,28 Md$.
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