Wall Street au rebond jeudi soir, grâce à la tech et au dossier iranien
Premier accroc cette nuit pour le top départ des négociations avec Téhéran...
La bourse de New York a terminé en hausse jeudi, portée par la 'tech' et l'optimisme suscité par l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, dont la signature à distance, mercredi soir, a créé la surprise : le Dow Jones a légèrement progressé à +0,14%, à 51.564,70 points. Le S&P 500 a grimpé de 1,08% clôturant à 7.500,58 points et le Nasdaq Composite a rebondi plus fortement (+1,91%) à 26.517,931 points.
Les prix du pétrole ont continué à baisser pour atteindre leur plus bas niveau depuis le début du mois de mars, corrigeant de quelque 10% en une semaine : le cours du baril de Brent demeure ce matin sous la barre des 80$, à 79,6 - et le WTI américain s'échange à 76,82$.
L'euro s'affiche en baisse d'environ 0,25% face au dollar à 1,1435, la monnaie américaine progressant pour sa part de 0,15% face à un panier de devises, et l'USD/JPY est stable à 161,37. L'once d'or reste dans le rouge ce matin, décrochant de près de 1,65% à 4141$. Le métal jaune s'était redressé en début de semaine, dépassant rapidement les 4.380$ mercredi.
Après avoir accusé le coup de la dernière réunion de la Fed, mercredi - optant comme attendu pour le statu quo mais avec un ton plus hawkish - Wall Street a fait preuve d'optimisme hier face à la réouverture du détroit d'Ormuz et au 'protocole d'accord' entre Washington et Téhéran, que Trump a signé à distance à Versailles mercredi, après la signature du président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, et celle du président iranien Masoud Pezeshkian.
Néanmoins, le protocole d'accord renvoie la plupart des différends les plus épineux, comme celui concernant les stocks d'uranium hautement enrichi de l'Iran, à une période de négociations ultérieures de 60 jours. Mercredi, Trump a déclaré aux journalistes présents en France qu'il ne considérait pas ce délai de 60 jours comme une date butoir stricte.
Ainsi, le document en 14 points ne représente qu'une première étape dans la résolution du conflit, et augure une période diplomatique encore délicate, en particulier sur la question du nucléaire iranien et la situation au Liban. La poursuite des hostilités par Israël - en dépit d'un cessez-le-feu prévu dans le protocole d'accord - en complique d'ailleurs déjà la trajectoire, et le top départ de cette période, qui devait être officiellement donné ce vendredi en Suisse, connaît une première anicroche : le vice-président américain JD Vance, qui devait être présent, a annulé son déplacement, a annoncé un porte-parole de la Maison Blanche. Ce vendredi matin tôt, le ministère suisse des Affaires étrangères a déclaré que la rencontre entre les Etats-Unis et l'Iran prévue à Bürgenstock ne se tiendra pas.
Selon Reuters, l'agence de presse iranienne Tasnim a rapporté jeudi, avant cette annonce, que les interlocuteurs iraniens avaient besoin de voir des signes que le protocole d'accord était mis en oeuvre par les Etats-Unis avant de débuter un nouveau cycle de négociations. JD Vance et la délégation américaine étaient prêts à partir sitôt que les plans pour les négociations seraient finalisés, mais "la logistique de ces négociations n'a jamais été simple ou prévisible", a précisé le communiqué de Washington.
En matière de données économiques, jeudi :
- Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis pour la semaine close le 13 juin se sont établies au nombre de 226.000, contre 225.000 de consensus et 230.000 une semaine avant.
- L'indice manufacturier régional de la Fed de Philadelphie pour juin 2026 s'est affiché à 10,3, légèrement supérieur au consensus Bloomberg et signalant une expansion de l'activité manufacturière dans la région considérée.
- L 'indice des indicateurs avancés du Conference Board pour le mois de mai 2026 s'est affiché en hausse de 0,1% d'un mois sur l'autre, contre +0,2% de consensus FactSet et +0,2% pour la lecture révisée du mois antérieur.
Côté valeurs, le cabinet de conseil Accenture s'est effondré de plus de 18% après avoir abaissé la fourchette haute de sa prévision de croissance annuelle du chiffre d'affaires, les entreprises limitant leurs dépenses consacrées aux projets de conseil informatique non essentiels face à une conjoncture économique incertaine.
La chaîne de supermarchés américaine Kroger, qui a maintenu jeudi ses prévisions annuelles inchangées dans un contexte de pressions inflationnistes, a plongé de 8,4%.
L'action Intel s'est envolée de 10,64%, frôlant les 134$, portée par des déclarations du président des Etats-Unis. Donald Trump a annoncé ce jeudi sur son réseau Truth Social qu'Apple avait accepté de collaborer avec Intel pour concevoir et fabriquer ses puces aux États-Unis. Le fabricant de l'iPhone dépend fortement de TSMC, dont les lignes de production de pointe sont très sollicitées par les concepteurs de puces pour l'IA tels que Nvidia et AMD, rappelle pour sa part l'agence Reuters. Le Wall Street Journal avait quant à lui rapporté le mois dernier qu'Intel avait conclu un accord préliminaire pour fabriquer certaines puces pour Apple après plus d'un an de négociations. Plus tôt cette semaine, Intel a annoncé que la production initiale de sa nouvelle génération de technologie de fabrication (18A) avait débuté. L'administration Trump avait pris l'an dernier une participation de 10% au capital d'Intel et avait annoncé son intention d'investir environ 10 milliards de dollars dans l'entreprise pour construire ou agrandir des usines aux États-Unis.
SpaceX a terminé une deuxième journée consécutive en baisse, terminant à -3,56% à 185$. D'après Reuters, de sources proches du dossier, les banquiers de la société d'Elon Musk s'apprêtent à rencontrer des investisseurs dès la semaine prochaine pour discuter d'une émission obligataire d'au moins 20 milliards de dollars. Cette émission serait la première de SpaceX en notation de crédit "investment grade" (risque modéré). Le montant de l'émission n'est pas encore fixé et pourrait évoluer, a précisé la source. Le produit de cette émission de dette servirait à refinancer un prêt relais de 20 milliards de dollars contracté par SpaceX plus tôt cette année, après l'acquisition en février de xAI, la start-up d'IA de Musk. Bank of America, Citigroup, JPMorgan Chase, Goldman Sachs et Morgan Stanley ont fourni le financement relais et devraient mener à bien cette opération, a indiqué l'une des sources. Moody's a attribué la note "Baa1", Fitch la note "BBB+" et S&P Global Ratings la note "BBB".
Wall Street est fermée ce vendredi pour "Juneteenth", la fête nationale symbolisant l'émancipation des esclaves afro-américains.
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