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Wall Street accélère en baisse après l'emploi américain

| Boursier | 130 | Aucun vote sur cette news

Géopolitique, consommation, emploi... Rien ne va !

Wall Street accélère en baisse après l'emploi américain
Credits Reuters

Wall Street s'enfonce encore plus nettement dans le rouge avant bourse ce vendredi, le S&P 500 abandonnant 1,3%, le Dow Jones 1,3% également et le Nasdaq 1,5%, suite à la publication du rapport gouvernemental mensuel sur l'emploi et alors que persistent bien évidemment les craintes géopolitiques et celles liées à l'inflation. Les chiffres de l'emploi ont donc très désagréablement surpris en février, avec des destructions de postes inattendues et conséquentes, ainsi qu'une remontée du chômage.

Les cours de l'or noir accélèrent pendant ce temps, après les déclarations du ministre qatari de l'Énergie. Le baril de Brent de la mer du Nord avance de 5,3% à 90$. Le baril de WTI grimpe de son côté de 7,4% à 87$ sur le Nymex. Aux États-Unis, les prix de l'essence à la pompe ont atteint leur plus haut niveau sous la présidence de Donald Trump, le conflit au Moyen-Orient perturbant l'approvisionnement énergétique. Le prix de l'essence à la pompe a atteint 3,32 dollars le gallon hier, selon l'Association américaine des automobilistes (AAA).

Dans une interview accordée au 'Financial Times', le ministre qatari Saad al-Kaabi a affirmé que la production au Qatar ne reprendrait pas tant qu'il n'y aurait pas un cessez-le-feu complet. Selon lui, tous les producteurs d'énergie du Golfe cesseront leurs exportations dans les semaines à venir et la situation risque de faire grimper le prix du pétrole à 150 dollars le baril ! "Tous ceux qui n'ont pas encore invoqué la force majeure devraient le faire dans les prochains jours, tant que la situation perdure. Tous les exportateurs de la région du Golfe devront invoquer la force majeure", a ajouté le dirigeant. M.Kaabi a précisé que même si la guerre prenait fin immédiatement, il faudrait au Qatar "des semaines, voire des mois" pour revenir à un cycle normal de livraisons. Le Qatar a interrompu sa production de gaz naturel liquéfié lundi, l'Iran continuant à frapper les pays du Golfe en représailles aux frappes israéliennes et américaines.

Le conflit au Moyen-Orient, déclenché par les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran le 28 février, a bouleversé les marchés de l'énergie et fait flamber les prix du pétrole brut, du gaz naturel et des produits pétroliers, menaçant de provoquer une vague d'inflation mondiale.

Ce vendredi marque le septième jour de conflit sans signe d'apaisement immédiat au Moyen-Orient. Le choc géopolitique du week-end dernier accentue la fragilité des marchés actions, alors que la place américaine souffrait déjà ces derniers jours des craintes liées à la soutenabilité des dépenses des 'hyperscalers' dans l'IA et à l'impact de cette même IA sur le segment software, ou encore des appréhensions concernant le crédit privé. Les marchés avaient par ailleurs pris connaissance en fin de semaine dernière de chiffres peu reluisants de l'inflation des prix à la production. La flambée des cours du brut, si elle devait durer, raviverait d'autant plus ces craintes de résurgence de l'inflation, laissant peu de marge de manoeuvre à la Fed.

Les chiffres américains du chômage pour le mois de février 2026 ont largement déçu. Ainsi, les États-Unis ont détruit 92.000 postes non-agricoles en février, alors que les économistes anticipaient en moyenne 60.000 créations. Le taux de chômage est remonté à 4,4% contre 4,3% un mois avant. Les destructions de postes dans le privé ont été de 86.000 (+65.000 de consensus), avec 12.000 emplois manufacturiers détruits. Le taux de participation à la force de travail est ressorti à 62%. Le salaire horaire moyen a progressé plus que prévu, en hausse de 0,4% d'un mois sur l'autre et de 3,8% sur un an. L'emploi dans le secteur de la santé a diminué, en raison des grèves. L'emploi dans les secteurs de l'information et du gouvernement fédéral a continué de baisser, a précisé le Bureau américain des statistiques du travail.

La variation de l'emploi total non agricole pour décembre 2025 a été révisée à la baisse de 65.000, passant de +48.000 à -17.000. La variation pour janvier a été révisée à la baisse de 4.000, passant de +130.000 à +126.000. Après ces révisions, l'emploi cumulé pour décembre et janvier est inférieur de 69.000 aux chiffres précédemment publiés.

Et les investisseurs ne trouveront pas de refuge du côté de la consommation, puisque les ventes de détail de janvier, qui viennent également d'être publiées, se sont établies en repli de 0,2% d'un mois sur l'autre contre un consensus stable. Hors automobile, ces ventes sont ressorties quasiment inchangées, contre +0,1% de consensus. Hors automobile et essence, elles ont progressé de 0,3%, niveau très légèrement inférieur au consensus des économistes.

Les marchés suivront par ailleurs ce jour les stocks des entreprises pour décembre (16h, consensus +0,1%) ou les chiffres du crédit à la consommation de janvier (21h, consensus FactSet +10 milliards).

Les attaques sur l'Iran et le conflit au Moyen-Orient ont fait désormais reculer les anticipations de baisse de taux de la Fed à un quart de point d'ici la fin de l'année (probabilité de 36,1% selon FedWatch contre 29,7% pour la 'proba' d'une baisse de 50 points de base), du fait du risque de résurgence de l'inflation. La probabilité de statu quo monétaire reste logée à plus de 97% pour la prochaine réunion des 17 et 18 mars. Notons que Patrick Harker et Beth Hammack de la Fed s'expriment ce jour.

Sur le front commercial, le gouvernement américain aurait refusé de rembourser les droits de douane que la Cour suprême a jugés illégaux aux compagnies concernées, a rapporté le Financial Times ce vendredi, citant des personnes au fait de la question. Les services douaniers refuseraient ainsi les demandes de remboursement des droits de douane imposés en vertu des pouvoirs d'urgence invoqués par Trump, plongeant les entreprises dans l'incertitude et multipliant les litiges devant les tribunaux, indique le FT. Reuters rappelle que le gouvernement américain a perçu plus de 130 milliards de dollars de droits de douane illégaux, éléments centraux de la politique commerciale de Trump. La Cour suprême n'ayant pas précisé les modalités de remboursement, la confusion règne quant à la façon dont les importateurs seront indemnisés. Mercredi, un juge de la Cour commerciale américaine a ordonné au gouvernement de commencer à rembourser potentiellement des milliards de dollars aux importateurs ayant payé des droits de douane.

Les valeurs

Costco Wholesale, le distributeur américain spécialisé dans les produits et services à prix réduits, a publié hier soir pour son 2e trimestre fiscal des revenus de 69,6 milliards en croissance de 9,2% en glissement annuel, pour un bénéfice ajusté par action de 4,58$ à comparer à un niveau de 4,02$ un an plus tôt. Les ventes nettes ont totalisé 68,2 milliards de dollars sur le trimestre (+9,1%) et 134,2 milliards de dollars sur le semestre (+8,7%). Les commissions d'abonnements ont atteint 1,35 milliard de dollars sur le trimestre clos le 15 février, contre 1,19 milliard un an plus tôt. Par ailleurs, les ventes à comparable pour le 2e trimestre ont augmenté de 5,9% aux USA (+6,4% sur une base ajustée), 10,1% au Canada (+7,6% sur une base ajustée) et 13% sur les autres marchés internationaux. Ainsi, la croissance à comparable dans le monde a été de 7,4% sur le trimestre (6,7% sur une base ajustée, hors impacts des changements de prix de l'essence et des effets de change).

Le bénéfice net trimestriel a atteint 2,04 milliards de dollars contre 1,79 milliard sur la période comparable, l'an dernier. Sur le semestre, le profit net s'élève à 4,04 milliards de dollars, contre 3,59 milliards un an plus tôt. Enfin, sur la période de quatre semaines se terminant au 1er mars, le groupe a réalisé des ventes nettes de 21,7 milliards de dollars en augmentation de 9,5%, avec des performances à comparable de 5,2% aux USA, 12,8% au Canada, 17,9% sur les autres marchés internationaux, et ainsi 7,9% dans le monde.

Gap. Le détaillant américain a publié hier soir des résultats "conformes" et a fourni par ailleurs une faible guidance au titre du premier trimestre fiscal 2026 juste entamé. Le groupe de San Francisco a annoncé pour le 4e trimestre fiscal clos un bénéfice net de 171 millions de dollars et un bénéfice par action de 45 cents, en ligne mais sans plus avec le consensus des analystes, pour des revenus de 4,24 milliards de dollars.

Les ventes ont augmenté de 2% en 2025 à 15,4 milliards de dollars environ, ce qui reste logé en haut de fourchette des estimations du groupe, avec une performance de 3% à comparable. Le groupe a aligné 8 trimestres de croissance positive à comparable. Le bénéfice opérationnel annuel atteint 1,1 milliard de dollars, pour une marge de 7,3%. Le cash flow opérationnel a été de 1,3 milliard de dollars. Le bénéfice net consolidé annuel ressort à 816 millions de dollars, 2,13$ par titre. Gap annonce par ailleurs une nouvelle autorisation de rachat d'actions d'un milliard de dollars.

Le groupe envisage sur l'exercice un bpa ajusté allant de 2,20 à 2,35$, une croissance des ventes de 2 à 3%, une marge brute stable ou en modeste hausse, ainsi qu'une marge opérationnelle ajustée de 7,3 à 7,5%. Sur le seul premier trimestre, les ventes nettes sont anticipées en hausse de 1 à 2%, pour une marge brute en retrait de 150 à 200 points de base avec l'impact des tarifs douaniers (200 pb).

Marvell Technology, spécialiste de la conception de circuits intégrés de stockage et de transmission destinés aux fabricants d'équipements de réseaux haut débit, de disques durs et de produits électroniques grand public, s'envole avant bourse à Wall Street. Le groupe a publié pour son 4e trimestre fiscal des comptes soutenus par l'IA et relevé par ailleurs sa guidance avec la demande des centres de données. Sur le trimestre clos, le groupe a affiché un bénéfice ajusté par action de 80 cents, au-dessus du consensus, contre 60 cents un an avant. Les revenus ont totalisé 2,22 milliards de dollars contre 1,82 milliard un an plus tôt, ce qui marque un nouveau record et une croissance de 22%. La marge brute ajustée a été de 59%.

Les perspectives financières du premier trimestre de l'exercice 2027 intègrent les résultats attendus de Celestial AI et de XConn Technologies, ces deux acquisitions ayant été finalisées après la clôture de l'exercice 2026. Les revenus du premier trimestre sont attendus à 2,4 milliards de dollars, plus ou moins 5%, pour un bpa ajusté de 79 cents, plus ou moins 5 cents.

Guidewire, éditeur américain de logiciels et solutions cloud pour l'assurance IARD, a publié hier soir pour son 2e trimestre fiscal un bénéfice net de 60 millions de dollars et un bénéfice ajusté par action de 1,17$, largement supérieur aux attentes de marché. Le groupe software californien a réalisé des revenus de 359 millions de dollars (+24%), également supérieurs aux attentes. Sur le trimestre entamé, Guidewire envisage des revenus allant de 352 à 358 millions de dollars, tandis que pour l'exercice, ces revenus sont anticipés entre 1,44 et 1,45 milliard de dollars. Le bénéfice opérationnel ajusté est attendu entre 59 et 65 millions sur le trimestre et entre 293 et 303 millions sur l'exercice. Le cash flow opérationnel annuel est anticipé entre 360 et 375 millions.

Samsara, acteur californien de l'IA coté à Wall Street, a publié pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 18 cents, contre 13 cents de consensus et 11 cents un an plus tôt. Les revenus ont été de 444 millions de dollars (+28%), largement supérieurs aux attentes, contre 346 millions sur la période correspondante de l'an dernier. "Depuis notre création il y a plus de dix ans, nous nous sommes engagés à numériser les opérations physiques à l'échelle mondiale", a déclaré Sanjit Biswas, cofondateur et DG de Samsara.

Oracle prévoit selon Bloomberg de supprimer des milliers d'emplois afin de faire face à des difficultés de trésorerie liées à l'expansion massive de ses centres de données dédiés à l'IA. Ces suppressions de postes toucheraient différentes divisions de l'entreprise et pourraient être mises en oeuvre dès ce mois-ci, selon des sources proches du dossier ayant requis l'anonymat, citées par Bloomberg. D'après deux des sources, certaines suppressions concerneraient des catégories d'emplois dont l'entreprise anticipe une diminution du fait de l'IA.

Les réductions d'effectifs prévues devraient être plus importantes que les suppressions de postes habituelles au sein de l'entreprise, selon des sources internes citées une fois encore par Bloomberg. Cette semaine, Oracle a annoncé en interne qu'il allait réexaminer de nombreuses offres d'emploi au sein de sa division cloud, ralentissant ou gelant le processus de recrutement, toujours selon des personnes au fait du dossier... L'entreprise comptait environ 162.000 employés à la fin du mois de mai 2025. La planification des réductions d'effectifs est toujours en cours et pourrait évoluer, ont indiqué les sources de l'agence.

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