Clôture Paris : le CAC 40 corrige vers les 7.700 points
Une semaine décidément compliquée pour l'indice phare parisien, alors qu'OPmobility emporte par le fond les équipementiers automobiles
Le CAC 40 poursuit dans le rouge ce jeudi, toujours miné par les inquiétudes diverses, politiques et géopolitiques, et par la poussée des rendements souverains. Après le recul de 1,22% hier, l'indice parisien a fondu jusqu'à 7.679 pts ce midi avant de sauver l'honneur en préservant les 7.700 pts, terminant en retrait de 0,51% à 7.729 pts.
La première victime du jour a été le compartiment des équipements automobiles, dans le sillage de l'avertissement lancé hier soir par OPmobility. Le segment 'biotech' a été lui aussi malmené ce jour, comme en témoignent les sanctions sur les dossiers Nanobiotix ou Genfit.
Le très bon début d'année des valeurs bancaires semble lui aussi bien loin. Le retour au premier plan des inquiétudes concernant la dette française a fait dérailler la très belle dynamique sectorielle qui prévalait depuis plus de deux ans. L'indice Stoxx 600 du secteur bancaire recule encore de 2,2% ce jeudi, après un net repli de 3,3% mercredi - son plus fort recul sur deux jours depuis mars. Société Générale a perdu 25% par rapport à son pic d'août, tandis que Deutsche Bank a dégringolé de 18% par rapport à son plus haut niveau du mois dernier.
Les craintes liées au budget, à la dette et à l'impasse politique en France pèsent globalement sur les marchés européens, mais se reflètent surtout sur le marché obligataire national. Les coûts d'emprunt à 10 ans du pays flirtent avec les 5% depuis plusieurs jours (4,90% ce jeudi) et la prime de rendement exigée pour détenir la dette souveraine française par rapport aux obligations d'État allemandes a atteint la semaine dernière son plus haut niveau depuis 2011.
Pour ne rien arranger, le baril de Brent grimpe à 105,6$, progressant de 5,4% à la suite d'attaques contre des navires dans le détroit d'Ormuz et de frappes visant des infrastructures stratégiques en Arabie saoudite, menées par les Houthis du Yémen soutenus par l'Iran. Selon un rapport d'Axios, le Pentagone a par ailleurs ordonné à l'armée américaine de finaliser les préparatifs en vue d'une éventuelle reprise d'opérations de combat majeures en Iran. 'The Atlantic' a également rapporté que Donald Trump envisageait de frapper l'Iran avant les élections de mi-mandat de novembre. "Je ne pense pas vraiment vouloir conclure cet accord, mais ils sont prêts à nous offrir n'importe quoi pour que cela cesse", a déclaré Trump à propos de l'Iran lors d'un meeting de campagne avec des candidats républicains à San Antonio, au Texas, hier soir.
Les investisseurs s'interrogent par ailleurs toujours à Wall Street sur la pérennité du cycle d'investissement actuel dans le domaine de l'intelligence artificielle. Divers accords de financement de plusieurs dizaines de milliards de dollars concernant SpaceX, Anthropic et OpenAI sont en cours d'élaboration, alors que les entreprises cherchent les capitaux nécessaires pour poursuivre le déploiement rapide des infrastructures sous-tendant cette technologie. Les engagements financiers prennent désormais des proportions qui peuvent sembler préoccupantes.
VALEURS EN HAUSSE
TotalEnergies remonte de 2,9% dans le sillage des cours du brut. Le gouvernement français a décidé de puiser dans les stocks stratégiques du pays pour mettre sur le marché 10 millions de barils de gazole. Actuellement, les prix dans les stations Totalenergies sont toujours plafonnés à 1,99 euro le litre d'essence et 2,25 euros le litre de gazole.
Maurel & Prom profite aussi de la tendance sectorielle et prend 4,2%, alors que North Atlantic Energies, ex-Esso, avance de 2%.
Verallia remonte de 5,2%, poursuivant son rebond technique dans un volume relativement significatif compte tenu de l'étroitesse du flottant.
Schneider Electric se reprend de 2,6% après près de 17% de baisse sur les trois séances précédentes. Jefferies a remonté son objectif de cours de de 289 à 323 euros ('achat'). UBS juge également la réaction du marché excessive, maintenant son avis d'achat et sa cible de 335 euros.
VALEURS EN BAISSE
OPMobility chute de 20,8% au terme d'une séance éprouvante, logiquement secoué après son avertissement sur résultats. L'entreprise vise désormais pour 2026 "une marge opérationnelle comprise entre 430 et 450 millions d'euros, un cash-flow libre supérieur à 220 millions d'euros, un résultat net part du Groupe significatif et une amélioration de la dette nette par rapport à fin 2025". Lors de sa publication semestrielle, fin juillet, elle envisageait "une amélioration de sa marge opérationnelle, de son résultat net part du Groupe, de son cash-flow libre et de sa dette nette par rapport à 2025". La société cite la détérioration des marchés finaux, la volatilité des calendriers de production et les pressions inflationnistes comme les principaux facteurs expliquant la révision à la baisse de ses objectifs de résultats et de génération de trésorerie. Pour faire face à cet environnement difficile et renforcer sa compétitivité à moyen terme, la firme a également annoncé de nouvelles mesures de restructuration visant à adapter son empreinte industrielle, ce qui devrait entraîner un coût de 120 à 130 millions d'euros en 2026. 770 postes seraient supprimés. Compte tenu de ces éléments, la Deutsche Bank abaisse ses prévisions et, par conséquent, réduit son objectif de cours de 14 à 11 euros.
Le gros avertissement sur résultats d'OPMobility provoque d'importants dégagements dans le secteur automobile et notamment du côté des équipementiers. La société, qui a notamment cité la détérioration plus marquée qu'anticipé des conditions de marché dans l'automobile, entraîne avec elle Valeo (-7,5%) et Forvia (-10,8%).
Stellantis retombe aussi sous les 4 euros, en baisse de 3,3%, tandis que Renault abandonne 2,7%.
Société Générale et BNP Paribas reculent encore de respectivement 2,2% et 2,4%, alors que Crédit Agricole perd 1,9%.
Valneva trébuche de 4,7% alors que l'autorisation de mise sur le marché d'IXCHIQ au Royaume-Uni a été révoquée par la Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA). "Cette décision repose sur l'examen de données de sécurité déjà connues et n'est pas liée à une quelconque nouvelle donnée de sécurité défavorable", a voulu rassurer Valneva, ajoutant qu'elle n'affecte pas les autorisations de mise sur le marché d'IXCHIQ dans l'UE, au Canada, au Brésil ou dans les autres territoires où IXCHIQ est actuellement commercialisé. IXCHIQ a été lancé au Royaume-Uni mi-2025. Cependant, Valneva n'a pas distribué activement IXCHIQ dans le pays depuis plusieurs mois, en raison de faibles ventes auprès des voyageurs. Aucun produit n'étant actuellement disponible sur le marché britannique, Valneva ne s'attend à engager aucun coût lié à un rappel de produit et anticipe un impact extrêmement limité sur son chiffre d'affaires total futur.
Sur le CAC, LVMH termine en baisse de 1,9% tandis que le titre Hermès abandonne 1,4%. Safran trébuche de 2,7%. EssilorLuxottica fléchit encore de 2,5%. STMicroelectronics rend 3,8%.
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