Royaume-Uni: Andy Burnham dévoile un gouvernement écartant les proches de Starmer
Le travailliste Andy Burnham, officiellement devenu Premier ministre britannique lundi, a dévoilé un gouvernement écartant plusieurs fidèles de son prédécesseur Keir Starmer, et promis d'annoncer dès mardi des mesures sociales destinées à lutter contre le coût de la vie.
A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier a succédé au démissionnaire Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024 après une victoire écrasante du Labour aux législatives.
Après sa rencontre avec le roi Charles III et en parallèle d'appels avec plusieurs dirigeants étrangers, dont Donald Trump, Andy Burnham a peu à peu révélé les membres de son gouvernement dans l'après-midi, puis jusque tard dans la soirée, à mesure de leur arrivée au 10, Downing Street.
Première surprise: l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances. Une lourde tâche dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.
Ed Miliband, ministre de l'Energie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est elle maintenue à l'Intérieur.
Le ministère de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d'investissement sur dix ans pour moderniser l'armée britannique.
La figure de l'aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.
D'autres fidèles de Starmer comme Rachel Reeves ou le ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy ont eux été écartés.
Appel avec Trump
Très vite après sa prise de fonction, Andy Burnham a échangé au téléphone avec Donald Trump et l'a assuré de son engagement pour la "défense et la sécurité" du Royaume-Uni et ses alliés, selon Downing Street.
Le président américain a affirmé sur son réseau Truth Social avoir eu une "très bonne conversation": "Le Premier ministre a un énorme travail devant lui, mais il sera capable de l'accomplir et, bien sûr, les Etats-Unis d'Amérique seront là pour l'aider.
Le nouveau dirigeant travailliste a aussi parlé avec Volodymyr Zelensky, lui faisant part de son "engagement résolu" auprès du peuple ukrainien, ou encore avec Emmanuel Macron, à qui il a dit "se réjouir de renforcer la solide relation entre le Royaume-Uni et la France".
Andy Burnham, élu chef du Labour vendredi après avoir été plébiscité par les députés travaillistes, est officiellement devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016.
Lors de sa première allocution devant Downing Street, il a dit vouloir engager "les changements les plus profonds de ces quarante dernières années" au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa "stabilité" et "redonner de l'espoir".
S'exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une "nouvelle économie" dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.
Il a promis des mesures rapides pour aider les Britanniques à "faire face au coût de la vie", dont certaines seront dévoilées mardi, et a érigé en priorité de "mettre fin au sans-abrisme", après s'être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe.
Stopper Reform
Impopulaire dans le pays et fortement contesté au sein de son parti après des décisions maladroites, des polémiques et des défaites électorales locales, Keir Starmer avait annoncé son départ le 22 juin.
"Le Royaume-Uni est plus fort et plus juste qu'il y a deux ans", a-t-il déclaré lundi dans une courte allocution devant Downing Street, se disant "fier" du travail accompli, avant d'aller présenter officiellement sa démission au roi.
Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord", pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.
Ce dernier a appelé à organiser dès maintenant ces élections, estimant qu'Andy Burnham ne "devrait pas être autorisé" à agir "sans mandat", tandis que la cheffe de l'opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a déploré qu'il "prenne ses fonctions sans avoir défini de plan clair".
Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l'agglomération de Manchester, dont il était maire depuis 2017.
Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un "N°10 du Nord" à Manchester.
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