Le patron de la Fed, Kevin Warsh, très prudent à Jackson Hole
Alors que l'inflation ne ralentit pas significativement
Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, successeur de Jerome Powell, a adopté un ton ferme ce vendredi pour son intervention dans le cadre du symposium de Jackson Hole, affirmant que la priorité de la Fed devait demeurer la stabilité des prix.
Warsh a indiqué que les données sur l'inflation estivale s'étaient améliorées, mais que les tendances sous-jacentes n'avaient pas sensiblement évolué. La Fed doit être convaincue que l'inflation revient vers son objectif des 2%, faute de quoi "il nous reste du travail à faire", lance le timonier de la Fed.
Il a réaffirmé que l'objectif d'inflation PCE de 2% était "ferme et immuable". Parallèlement, l'économie reste résiliente : la consommation des ménages est dynamique, le marché du travail est stable et l'investissement des entreprises progresse rapidement, détaille le responsable.
Warsh a également déclaré qu'il était difficile de qualifier les conditions financières de restrictives, les marchés du crédit ne montrant que peu de signes de retenue.
Pour faire court, le leader de la Fed laisse entendre que des hausses de taux sont envisagées si l'inflation ne fléchit pas. Il note que pour l'heure, l'inflation ne ralentit pas de manière significative. Une hausse des taux reste l'anticipation des marchés, qui tablent sur une ou deux augmentations d'un quart de point d'ici la fin de l'année.
Lors de la réunion de juillet, une large majorité des membres votants de la Fed s'était prononcée en faveur d'une politique monétaire attentiste, décidant d'un statu quo monétaire, mais trois voix dissidentes (Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan) s'étaient élevées, prônant une hausse des taux. La banque centrale américaine avait finalement laissé les taux inchangés sur les 'fed funds' entre 3,50 et 3,75%.
Warsh a aussi livré des commentaires au sujet de l'IA, notant que les ventes annualisées de 'tokens' des deux principaux laboratoires d'IA (OpenAI et Anthropic - respectivement ChatGPT et Claude) dépassent désormais 100 milliards de dollars, en hausse de plus de 500% d'une année sur l'autre. "Il n'est pas évident de savoir où atterriront les rendements du capital ni sur quelle échelle de temps", a nuancé le dirigeant.
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