La situation reste tendue sur le marché européen du gaz
Les prix reculent sur des espoirs de paix au Moyen-Orient mais restent haut perchés...
Portés par l'optimisme du marché quant aux pourparlers diplomatiques entre Oman et l'Iran visant à rétablir le transport maritime et les flux énergétiques via le détroit d'Ormuz, les cours du gaz européen reculent pour la deuxième séance consécutive. Mais la tension reste vive et le contrat à terme du TTF néerlandais pour livraison le mois prochain, considéré comme la référence européenne, reste proche des 65 euros, au plus haut depuis 5 mois.
"La situation du gaz européen se dégrade de jour en jour", explique à 'Bloomberg' Florence Schmit, stratège principale en énergie chez Rabobank. Le marché prend conscience que les réserves de gaz joueront un rôle limité et peu flexible cet hiver à un moment où les flux en provenance de Norvège sont toujours réduits en raison d'opérations de maintenance. Les inquiétudes sont particulièrement vives en Allemagne, premier consommateur d'énergie en Europe et pays disposant de la plus grande capacité de stockage de gaz de la région. Ses stocks sont remplis à environ 51%, un niveau historiquement bas pour la saison.
La guerre au Moyen-Orient a incité les gouvernements et les entreprises à différer le remplissage de leurs stocks, dans l'espoir d'un conflit de courte durée et d'une modération des prix. Parallèlement, les fortes chaleurs estivales ont stimulé la demande, laissant les réserves de gaz sur le Vieux continent remplies à seulement 63%, un niveau plus observé pour cette période de l'année depuis 2009, souligne l'agence.
Le détroit d'Ormuz assure généralement environ 20% de l'approvisionnement mondial en GNL ; contrairement au pétrole, il n'existe aucune voie alternative pour acheminer ce gaz vers les marchés, ni guère de réserves stratégiques pour compenser un éventuel déficit. Dans une note publiée le 13 août, les stratégistes de RBC Capital Markets ont évoqué l'émergence d'une "crise énergétique potentielle sur les marchés du gaz", susceptible d'entraîner une répercussion inflationniste "bien plus large que celle liée au pétrole".
Les investisseurs craignent désormais que la hausse des prix du gaz ne ravive l'inflation, contraignant les Banques centrales à relever les taux d'intérêt plus vigoureusement que ne l'anticipent actuellement les marchés. Le gaz joue un rôle central dans l'économie de la région, représentant 21% du mix énergétique de l'UE et entre 25% et 35% pour le Royaume-Uni.
"Le prix du gaz naturel est plus déterminant pour le Royaume-Uni et l'Europe ; il ne s'est jamais vraiment rétabli lors des différentes trêves et continue de grimper", explique à 'Bloomberg' Emma Moriarty, gestionnaire de portefeuille chez CG Asset Management. "Les prix du gaz naturel se sont imposés comme le principal moteur des rendements obligataires", ajoute Jamie Searle, stratégiste taux européens chez Citigroup. "Depuis début juillet, la sensibilité des taux (la "duration") a continué de suivre l'évolution des prix du gaz naturel tout en prêtant un peu moins d'attention au pétrole", ajoute le spécialiste, soulignant la corrélation avec les obligations de référence à 10 ans.
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