Pétrole : le baril poursuit sa décrue sur des espoirs de désescalade au Moyen-Orient
Négociations entre l'Iran et Oman autour du détroit d'Ormuz...
Une accalmie bienvenue. Les cours pétroliers reculent pour la troisième journée consécutive, l'Iran et Oman discutant d'un "cadre provisoire" visant à rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz. Le baril de Brent (contrat octobre) perd 2,3% à 86,5 dollars en début de séance, portant son recul hebdomadaire à environ 8%, tandis que le West Texas Intermediate avoisine les 80 dollars, en repli de 2,5%.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et son homologue omanais, Badr Albusaidi, ont discuté de l'initiative visant à établir un "couloir maritime conjoint temporaire", selon un communiqué relayé par l'agence de presse d'Oman (ONA). Les discussions techniques entre l'Iran et Oman se poursuivront en vue de convenir d'un couloir maritime permanent, de la future gestion du détroit ainsi que d'un mécanisme d'échange d'informations, de gestion du trafic et de fourniture de services maritimes et de sécurité appropriés, a précisé ONA. Les deux parties tiendront de nouveaux pourparlers pour "négocier un nouvel itinéraire permanent dans un délai de 30 à 60 jours" pour la navigation dans cette voie maritime vitale, a de son côté rapporté l'agence de presse semi-officielle 'Tasnim', citant le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi. Il a précisé qu'un accord avait été trouvé sur un itinéraire provisoire, sans toutefois indiquer quand débuterait la prochaine phase de négociations concernant l'itinéraire permanent.
Malgré cette 'pause', les contrats à terme affichent toujours une hausse de plus de 40% cette année, alors que le conflit entre les États-Unis et l'Iran, qui a entravé l'approvisionnement en provenance du golfe Persique, approche de son sixième mois. "Il semble que le marché du brut commence désormais à intégrer la perspective d'un accord de paix à court terme", indique à 'Bloomberg' Dennis Kissler, vice-président principal chargé du trading chez BOK Financial Securities. "Alors qu'une partie du pétrole continue de transiter par le détroit, il est probable que l'Iran et les États-Unis entrent dans une phase de désescalade, les deux parties cherchant une porte de sortie".
"Bien qu'il n'y ait eu aucun progrès concret ni aucun détail concernant l'accord entre l'Iran et Oman, puisque l'Iran a réaffirmé que le détroit d'Ormuz resterait fermé jusqu'à ce que les conditions soient remplies, l'évolution des cours suggère que les marchés anticipent rapidement l'optimisme suscité par une annonce provisoire", ajoutent les analystes de JP Morgan dans une note.
Toujours du côté diplomatique, les États-Unis s'apprêteraient à faire revenir des diplomates dans les ambassades du Moyen-Orient évacuées avant et pendant le conflit, ce qui laisse penser que Washington n'anticipe pas une reprise des hostilités à grande échelle, a rapporté le 'New York Times'. Parallèlement, le chef de l'armée pakistanaise a achevé une visite d'une journée en Iran ; les médias iraniens ayant qualifié ce déplacement de fructueux.
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