Donald Trump officialise la nomination de Kevin Warsh, successeur de Jerome Powell
Un patron de la Fed qui restera "dans les annales"
Le président américain Donald Trump a confirmé la rumeur, officialisant ce vendredi la nomination de Kevin Warsh, qui deviendra donc le nouveau patron de la banque centrale américaine en juin prochain, à l'issue du mandat de Jerome Powell. "Je connais Kevin depuis longtemps et je suis convaincu qu'il restera dans les annales comme l'un des plus grands présidents de la Fed, peut-être même le meilleur. Par-dessus tout, il a toutes les qualités requises et il ne vous décevra jamais", a lancé Trump sur son réseau Truth Social.
Warsh, en tant qu'ancien gouverneur, maîtrise les rouages de la Fed. Il avait été nommé gouverneur de la banque centrale par George W. Bush et avait exercé ses fonctions de 2006 à 2011. Durant la crise financière de 2008, il était l'interlocuteur privilégié de Ben Bernanke, alors patron de la Fed, auprès de Wall Street. Avant de rejoindre la Fed, Warsh était conseiller spécial de Bush pour la politique économique et secrétaire exécutif au Conseil économique national. Il a également travaillé dans le domaine des fusions-acquisitions chez Morgan Stanley. Warsh est titulaire d'une licence en politiques publiques, avec une spécialisation en économie et statistiques, de l'université de Stanford, ainsi que d'un diplôme de droit à Harvard.
Warsh avait déjà rencontré Trump pour le poste de président de la Fed il y a huit ans, mais l'actuel locataire de la Maison Blanche avait finalement opté pour Jerome Powell - choix qu'il semble avoir depuis regretté si l'on considère les attaques récurrentes visant "Too Late" Powell et sa politique monétaire jugée trop dure et inadaptée.
Sur la liste des quatre candidats qui avaient été présélectionnés cette fois, il est probable que le gouverneur Christopher Waller, le responsable des investissements fixed income de BlackRock, Rick Rieder, ou bien encore le directeur du Conseil économique national Kevin Hassett, auraient proposé des politiques monétaires plus... généreuses. Le choix très conventionnel de Trump surprend donc quelque peu ce jour, alors qu'il n'a pas caché sa volonté de voir les taux baisser très significativement.
Kevin Warsh s'est montré critique l'an dernier vis-à-vis de la Fed et de ses craintes de stagflation, jugeant que la banque centrale sous-estimait le rôle de l'intelligence artificielle dans la stimulation de la productivité et la réduction de l'inflation. Ainsi, le futur nouveau patron de la banque centrale entend bien baisser les taux d'intérêt comme attendu, mais peut-être pas autant que les marchés ou Trump ne l'espèrent. De plus, il a prôné par le passé une certaine rigueur concernant la gestion du bilan de la Fed, ce qui ne milite pas pour des mesures monétaires "de style QE" (assouplissements monétaires quantitatifs). Warsh avait aussi directement critiqué Powell pour ses choix malavisés et notamment son incapacité à anticiper la persistance de l'inflation post-pandémique - la fameuse "inflation transitoire".
Warsh réfute néanmoins l'idée que l'inflation soit causée par une croissance économique trop rapide et des salaires trop élevés. Il soutient plutôt qu'elle découle de dépenses publiques excessives et d'une création monétaire trop importante. Le futur dirigeant de la Fed apparaît donc mesuré dans ses positions, et rien n'indique qu'il pourrait plaider pour une baisse agressive des taux comme Trump le juge nécessaire.
Warsh a également déclaré que la Fed devrait considérer les droits de douane comme des variations de prix ponctuelles, un avis partagé par l'administration Trump et certains membres de la Fed. Il juge que la politique de la Fed pourrait freiner l'économie et qu'une récession immobilière est actuellement en cours. Il considère que les taux d'intérêt devraient être plus bas, mais aussi que le bilan de la Fed devrait être réduit.
Les informations et conseils rédigés par la rédaction de Boursier.com sont réalisés à partir des meilleures sources, même si la société Boursier.com ne peut en garantir l'exhaustivité ni la fiabilité. Ces contenus n'ont aucune valeur contractuelle et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d'achat de valeurs mobilières ou d'instruments financiers. La responsabilité de la société Boursier.com et/ou de ses dirigeants et salariés ne saurait être engagée en cas d'erreur, d'omission ou d'investissement inopportun.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote