Accor : une enquête interne sur le PDG, finalement blanchi
La conduite de Sébastien Bazin en question...
Sébastien Bazin a fait l'objet d'une enquête interne avant d'être blanchi. Le Conseil d'administration d'Accor a mandaté un cabinet d'avocats parisien de premier plan pour mener une enquête sur la conduite de son PDG, Sébastien Bazin, suite à des allégations de conflits d'intérêts et de favoritisme survenues sous sa direction. L'enquête, qui s'est achevée ces dernières semaines, a été sollicitée par le dirigeant après la diffusion auprès des membres du CA d'un document anonyme détaillant une série d'accusations, selon trois personnes au fait du dossier citées par le 'Financial Times'.
Les investigations ont porté sur les relations d'Accor avec Paris Society une entreprise du secteur de l'hôtellerie-restauration détenue par Laurent de Gourcuff, un proche collaborateur de S.Bazin ainsi que sur des allégations de favoritisme concernant la nomination d'une femme à un poste de direction au sein du groupe, selon ces mêmes sources. Cette femme entretient une relation amoureuse de longue date avec S.Bazin, selon le quotidien. Toutefois, la relation entre les deux personnes n'a pas été incluse dans le périmètre de l'enquête, car elle ne figurait pas parmi les allégations transmises au CA.
Antoine Gosset-Grainville, qui a dirigé l'enquête pour le cabinet d'avocats BDGS, a conclu que les allégations étaient infondées. "Le groupe Accor confirme avoir mené, dans le respect des normes les plus élevées de gouvernance d'entreprise, une enquête indépendante suite à des allégations anonymes visant son dirigeant. Les conclusions de cette enquête approfondie ont confirmé l'absence de manquement aux obligations légales ou fiduciaires qui lui incombent", a déclaré la société au 'FT'. Le CA d'Accor a "approuvé à l'unanimité ces conclusions" et a clos l'enquête. "Le groupe se réserve le droit de faire valoir ses droits en justice afin de mettre un terme à ces allégations infondées", a-t-il ajouté.
Accor prépare la succession de S.Bazin, qui a annoncé en mai qu'il quitterait ses fonctions au terme de son mandat, en mai 2028. S.Bazin, ancien président du club de football Paris Saint-Germain, occupe les postes de directeur général et de président d'Accor depuis 2013.
Cette enquête survient dans un contexte agité pour Accor. Le groupe hôtelier, qui exploite plus de 5.000 hôtels et 45 marques dans le monde, a été visé cette année par le vendeur à découvert Grizzly Research ; ce dernier accusait l'entreprise de ne pas avoir mis en place de mesures de protection adéquates contre les risques de traite des êtres humains et d'exploitation sexuelle d'enfants. Coline Pont, directrice du développement durable d'Accor, a déclaré en mai qu'une enquête indépendante avait confirmé l'absence de "défaillances systémiques" dans les procédures de l'entreprise.
Le groupe est également ciblé par l'investisseur activiste Parvus Asset Management, qui a constitué une participation de 15%. Dans une déclaration publiée l'an dernier, Parvus a indiqué ne pas avoir l'intention de prendre le contrôle d'Accor ni de briguer un siège au conseil d'administration, tout en précisant qu'il serait "particulièrement attentif à la gouvernance d'Accor".
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