8 305.28 PTS
-0.87 %
8 312.0
-0.78 %
SBF 120 PTS
6 289.69
-0.75 %
DAX PTS
24 737.34
-0.72 %
Dow Jones PTS
52 552.97
-0.2 %
29 025.77
-1.62 %
1.144
-0.01 %

Zettaoctets contre ensoleillement: au Japon, la résistance aux centres de données de l'IA

| AFP | 77 | Aucun vote sur cette news
Le chantier d'un centre de données à Hino, dans la préfecture de Tokyo, au Japon, le 30 juin 2026
Le chantier d'un centre de données à Hino, dans la préfecture de Tokyo, au Japon, le 30 juin 2026 ( Yuichi YAMAZAKI / AFP )

"C'est un projet affreux", lâche Yoriko Kitagawa, 94 ans, une habitante de longue date de Hino, dans la banlieue de Tokyo, où doit être construit l'un des plus récents centres de données du Japon. "Plus j'en apprends, plus je m'inquiète."

La multiplication de ces "data centers" gourmands en ressources, qui hébergent les "cerveaux" de l'intelligence artificielle (IA), suscite des inquiétudes dans le monde. L'Etat de New York et l'Australie viennent ainsi d'annoncer de nouvelles règles les concernant.

Des opposants aux centres de données aux Etats-Unis ont appelé à une "journée nationale de protestation" samedi, pour "protéger nos villes, notre portefeuille et notre mode de vie".

Le Japon, dont le territoire est montagneux à 80% et qui compte des villes à la population extrêmement dense, manque d'espace urbain adapté pour accueillir ces installations.

L'une est même prévue près de la célèbre tour de Tokyo, en plein centre-ville.

A Hino, la hauteur de deux des trois bâtiments prévus a été réduite d'un cinquième à 63,5 mètres, mais ils domineront toujours les habitations voisines et priveront certaines d'ensoleillement.

Yasuo Yamazaki, représentant d'un collectif de citoyens inquiets de la construction d'un centre de données, montre le site du projet à Hino, dans la préfecture de Tokyo, au Japon, le 30 juin 2026
Yasuo Yamazaki, représentant d'un collectif de citoyens inquiets de la construction d'un centre de données, montre le site du projet à Hino, dans la préfecture de Tokyo, au Japon, le 30 juin 2026 ( Yuichi YAMAZAKI / AFP )

"En tant que riverain, ce qui m'inquiète le plus, c'est un incendie provoqué par l'énorme quantité de batteries", explique Yasuo Yamazaki, un opposant de 69 ans.

"La chaleur dégagée par le centre de données est également préoccupante, tout comme le bruit", dit-il à l'AFP. Il craint aussi l'explosion du stock de carburant destiné à un générateur de secours.

Le promoteur Mitsui Fudosan prévoit une "zone tampon verte" pouvant atteindre 78 mètres, avec arbres et ruisseau, afin de réduire bruit, chaleur et "sentiment d'oppression", explique le responsable du projet Toshitsugu Jouzuka.

"Une solution consiste à éloigner le bâtiment de la rue et à aménager des espaces verts afin qu'il paraisse moins imposant à hauteur d'homme", indique-t-il à l'AFP.

Favorable à l'IA

Des milliers de milliards de dollars sont investis dans ces centres de données pour entraîner et exploiter les modèles d'IA et stocker les zettaoctets --mille milliards de gigaoctets-- d'informations numériques de l'humanité.

Le Japon nourrit de grandes ambitions dans ce domaine, notamment avec 10 millions de robots dopés à l'intelligence artificielle d'ici à 2040, dans l'objectif de devenir "le pays le plus favorable à l'IA au monde".

Il veut développer ses propres modèles et infrastructures d'IA afin de limiter sa dépendance envers les Etats-Unis et la Chine, leaders du secteur.

Pour répondre notamment à la hausse attendue de la demande d'électricité liée à l'IA, le Japon cherche aussi à relancer le nucléaire, 15 ans après Fukushima.

Mais malgré une économie importante, une stabilité politique et de bonnes infrastructures de télécommunications, le pays fait face à des "contraintes importantes", souligne Trung Ghi, consultant chez Arthur D. Little.

"Les grands terrains adaptés à proximité des centres de consommation sont rares (alors que) la demande est concentrée dans des zones urbaines denses", explique-t-il à l'AFP.

La proximité avec les utilisateurs reste essentielle, notamment pour les temps de réponse ultrarapides exigés par le trading financier, le streaming ou les jeux vidéo.

Selon la société immobilière JLL, environ 90% des centres de données japonais se trouvent dans les grandes régions de Tokyo et d'Osaka.

Mais, à terme, les sites les plus attractifs pourraient être ceux disposant rapidement d'une énergie "fiable, abordable et de plus en plus décarbonée", estime Trung Ghi.

"L'électricité, le réseau, le refroidissement, l'utilisation des sols, la fibre, la réglementation et la concertation avec les habitants doivent être planifiés ensemble", ajoute-t-il.

"Sentiment d'oppression"

A Inzai, ville résidentielle de la banlieue de Tokyo qui compte déjà au moins dix centres de données, dont un utilisé par Google, des habitants ont engagé une action en justice contre un nouveau projet.

Selon leur plainte, leur "vie quotidienne paisible" sera détruite par les atteintes à l'ensoleillement, la dégradation du paysage, le "sentiment d'oppression", le bruit, les vibrations, l'air chaud, les risques routiers et les travaux de grande ampleur.

Japan ERI, qui a délivré le certificat autorisant le projet, a refusé de commenter.

Les critiques soulignent également que la réglementation japonaise de la construction, qui classe les centres de données comme des bureaux et non comme des installations industrielles, est dépassée.

La législation japonaise "ne suit pas l'évolution de la situation", estime Satoshi Oikawa, avocat des habitants d'Inzai.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
Actions les plus vues

Classement des actions les plus vues, pour la période du vendredi 10 juillet 2026 au jeudi 16 juillet 2026, des marchés Euronext Paris, Bruxelles, Amsterdam, Growth Paris, NASDAQ et NYSE sur le site et l'application Bourse Direct.

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 16/07/2026

Ce matin, Tokyo lâche 2,9%, Shanghai 1,28% et Hong Kong prend 2,03%.

Publié le 17/07/2026

(Zonebourse.com) Nous soldons la position sur le warrant PUT Vontobel RS84V portant sur le titre STMicroelectronics N.V. à 7.26 EUR. Ce produit dérivé a été…

Publié le 17/07/2026

(Zonebourse.com) - Jefferies maintient son conseil à Conserver sur le titre avec un objectif de cours de 78,40 francs suisses avant la publication des résultats du 1er semestre.Holcim doit publier…

Publié le 17/07/2026

Très solide pour Wallix Le champion français de la cybersécurité a enregistré un chiffre d'affaires de 20,6 millions d'euros sur les six premiers mois de l'année, en hausse de 14,2%, avec…

L'ouverture de votre compte Bourse Direct est gratuite et s'effectue en ligne en quelques minutes.

Dans le cas d'un transfert de compte, Bourse Direct prend en charge 100% de vos frais, à hauteur de 200 € par compte.

Nouveauté

Recevez un Izibook pour votre enfant

Offre valable jusqu’au 15/09/2026 (100 premières ouvertures d'un CTO ou d’une Assurance Vie Mineur)

Communication promotionnelle