Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
8 156.43 PTS
-0.96 %
8 104.0
-0.67 %
SBF 120 PTS
6 183.30
-0.92 %
DAX PTS
24 194.90
-0.31 %
Dow Jones PTS
49 445.06
+0.6 %
26 831.80
+1.33 %
1.171
-0.23 %

Franklin Templeton : "la plupart des prévisions annonçant le déclin du dollar échouent"

| Zone Bourse | 107 | Aucun vote sur cette news
Franklin Templeton : "la plupart des prévisions annonçant le déclin du dollar échouent"
Credits  ShutterStock.com

(Zonebourse.com) - Pour Sonal Desai, chief investment officer chez Franklin Templeton Fixed Income, concernant le dollar américain, "toute faiblesse récente doit être interprétée comme cyclique plutôt que structurelle, la domination du dollar restant incontestée, soutenue par la taille de l'économie américaine, la crédibilité de ses institutions et la profondeur inégalée de ses marchés.

"La nécrologie du dollar américain a été écrite à de nombreuses reprises, avec une fréquence accrue au cours de l'année écoulée. A chaque fois, une nouvelle vague d'analyses affirme que la dédollarisation s'accélère, que le monde réorganise son architecture financière autour d'alternatives et que le règne du billet vert touche à sa fin", souligne t-elle.

La thèse du pétrodollar peut se résumer ainsi : la domination mondiale du dollar repose en grande partie sur le fait que le commerce mondial du pétrole est libellé en dollars américains (USD). "Cette situation remonte à l'accord sur le pétrodollar formalisé entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite en 1974, qui liait la facturation du pétrole en dollars aux garanties de sécurité américaines. Le pétrole étant au coeur de la production industrielle mondiale, cet arrangement a soutenu la demande de dollars dans l'ensemble du système commercial international et pas uniquement sur les marchés de l'énergie", précise l'analyste.

Elle cite ensuite un rapport de Deutsche Bank qui affirme que cet arrangement est aujourd'hui en train de s'effriter : 85% du pétrole brut du Moyen-Orient est désormais exporté vers l'Asie plutôt que vers les Etats-Unis ; l'Arabie saoudite développe ses capacités de défense dans le cadre de sa stratégie Vision 2030 ; les exportations pétrolières iraniennes sont de plus en plus libellées en renminbi dans le cadre d'accords avec la Chine. Et, avec la guerre en Iran, les Etats-Unis ont contribué à accroître l'instabilité au Moyen-Orient, fragilisant la sécurité régionale.

"Selon cette analyse, le commerce du pétrole sera donc de plus en plus libellé dans d'autres devises que le dollar, rendant son déclin inévitable. A mon sens, cette lecture est relativement simpliste. En réalité, elle inverse en partie la relation de causalité. Le pétrole n'est pas libellé en dollars américains uniquement parce que les Etats-Unis ont longtemps joué le rôle de 'gendarme du monde'. Les exportateurs de pétrole ont tout intérêt à être payés en dollars, en raison de ce que cette devise représente : un accès aux marchés de capitaux les plus profonds et les plus liquides au monde, adossés à un cadre institutionnel et juridique qui protège les droits de propriété et garantit l'exécution des contrats, le tout soutenu par une économie solide, dynamique et innovante", observe t-elle.

Trois piliers sous-tendent cette réalité, relève, en outre, Sonal Desai

Le premier, la taille et le dynamisme de l'économie américaine. Les Etats-Unis représentent environ 25% du produit intérieur brut (PIB) mondial aux taux de change de marché. Ils demeurent la première destination des flux de capitaux mondiaux. "Malgré un niveau d'endettement élevé et des préoccupations budgétaires, que je prends au sérieux, la croissance nominale américaine a régulièrement soutenu des rendements attractifs pour les investisseurs étrangers", dit-elle.

Le second pilier est la crédibilité institutionnelle. La Fed figure parmi les banques centrales les plus crédibles au monde. Les tribunaux américains garantissent l'exécution des contrats. L'Etat de droit sur les marchés de capitaux américains n'est pas un simple principe abstrait ; c'est un facteur mesurable que les gestionnaires de réserves intègrent dans leurs décisions d'allocation. Le rapport 2025 de la Banque centrale européenne sur le 'rôle international de l'euro' souligne que la zone euro, malgré des progrès significatifs, reste contrainte par la fragmentation de ses marchés de capitaux et l'absence d'un marché d'actifs sûrs unifié à l'échelle des titres du Trésor américain.

Enfin, le troisième pilier est la profondeur de marché inégalée. Selon l'analyste, "un responsable des réserves de change à Riyad ou à New Delhi souhaitant placer 50 milliards de dollars du jour au lendemain dispose en pratique d'une seule véritable option : les marchés en dollars". Le renminbi ne peut absorber de tels flux, le compte de capital de la Chine reste largement fermé, les actifs libellés en renminbi présentent une convertibilité limitée, et le système juridique chinois n'offre pas aux créanciers étrangers les mêmes garanties que les marchés en dollars.

Par ailleurs, Sonal Desai se penche sur la domination du billet vert et affirme que "la plupart des prévisions annonçant le déclin du dollar échouent". Selon elle, "certains mettent en avant des signes de faiblesse de l'économie américaine et d'autres estiment que l'utilisation du système financier fondé sur le dollar comme outil géopolitique incite fortement les pays à s'en détourner".

D'autres encore considèrent que l'administration actuelle fragilise durablement la solidité des institutions américaines. Même si chacune de ces observations peut contenir une part de vérité, aucune ne change fondamentalement la donne.

L'analyste a examiné des données à l'aune des quatre fonctions clés qui définissent le statut de monnaie de réserve.

Selon les données du Fonds monétaire international sur la composition des réserves officielles de change (Currency Composition of Official Foreign Exchange Reserves) pour le quatrième trimestre 2025, couvrant un total de réserves de change de 13 140 milliards de dollars, le dollar représente près de 57 % des réserves allouées, contre 20 % pour l'euro et 2 % pour le renminbi. Certes, la part du dollar a reculé par rapport à un pic d'environ 72 % en 1999, mais elle demeure largement dominante.

Dans les paiements transfrontaliers, selon des compilations réalisées par les équipes de la Fed à partir des données de messagerie SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication), la part du dollar américain est passée de 31,8 % en 2010 à environ 50 % début 2026, tandis que celle de l'euro a reculé de 40,4 % à 22,8 %. Le financement du commerce est encore plus concentré : le Global Currency Tracker de SWIFT de mars 2026 estime la part du dollar dans les crédits documentaires et encaissements à environ 82 %.

Sur les marchés des changes, l'enquête triennale 2025 de la Banque des règlements internationaux indique que le dollar intervient dans 89% des transactions de gré à gré, contre seulement 8,5 % pour le renminbi.

Les marchés des titres du Trésor américain, le plus vaste réservoir d'actifs sûrs au monde, atteignent 30 600 milliards de dollars d'encours en février 2026, avec un volume quotidien moyen sur le marché secondaire d'environ 1 290 milliards de dollars, selon la Securities Industry and Financial Markets Association. Aucun autre marché obligataire souverain ne s'en approche.

Pour Sonal Desai, "ce ne sont pas les indicateurs d'une devise en déclin. Ce sont ceux d'une devise faisant face à des pressions limitées à la marge, des pressions présentes depuis deux décennies sans provoquer de basculement fondamental".

Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.

source : AOF

 ■

2026 Zonebourse.com - Tous droits de reproduction réservés par Surperformance. Surperformance collecte ses données auprès des sources qu'elle considère les plus sûres. Toutefois, le lecteur reste seul responsable de leur interprétation et de l'utilisation des informations mises à sa disposition. Ainsi le lecteur devra tenir Surperformance et ses contributeurs indemnes de toute réclamation résultant de cette utilisation.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
Actions les plus vues

Classement des actions les plus vues, pour la période du mercredi 15 avril 2026 au mardi 21 avril 2026, des marchés Euronext Paris, Bruxelles, Amsterdam, Growth Paris, NASDAQ et NYSE sur le site et l'application Bourse Direct.

SUR LE MÊME SUJET
Publié le 22/04/2026

(Zonebourse.com) - Les marchés obligataires ne tirent aucun profit de la lourdeur des places européennes avec -0,9% à Paris, -0,4% à Francfort et sur l'Euro-Stoxx50. Les Bunds campent au-dessus…

Publié le 21/04/2026

(Zonebourse.com) - Le "VIX" se retend ( 6% vers 20,05), le second round de négociations américano-iranienne sont au point mort, il ne reste que quelques heures avant l'expiration du cessez-le-feu...…

Publié le 21/04/2026

(Zonebourse.com) - Plus que 24h avant l'expiration du cessez-le-feu conclu il y a 2 semaines... et aucun négociateur iranien ne s'est rendu à Islamabad où le Premier ministre pakistanais a…

Publié le 20/04/2026

(Zonebourse.com) - Pas de négociation à Islamabad ce weekend, un détroit d'Ormuz doublement sous blocus, des pétroliers qui font demi-tour, un porte conteneur iranien arraisonné par la "Navy"...…

Publié le 20/04/2026

(Zonebourse.com) - Les marchés obligataires restent circonspects, beaucoup plus circonspects que Wall Street qui a enchaîné les records absolus les 15, 16 et 17 avril. Face aux 4/ 4,5% des…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 22/04/2026

La Bourse de New York a clôturé en repli, les investisseurs restants suspendus à l’évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient. Les marchés espèrent toujours une désescalade…

Publié le 22/04/2026

Un chiffre d'affaires de 990,7 ME pour ID Logistics au 1er trimestre 2026, en progression de +14,2%...

Publié le 22/04/2026

Publication des résultats annuels 2025 Après avoir communiqué un chiffre d’affaires pour l’exercice 2025 de 34,2 M€, en baisse de -7,4% y/y, Althéora…

L'ouverture de votre compte Bourse Direct est gratuite et s'effectue en ligne en quelques minutes.

Dans le cas d'un transfert de compte, Bourse Direct prend en charge 100% de vos frais, à hauteur de 200 € par compte.