Fitch Ratings révise à la hausse ses hypothèses de prix pour le pétrole et le gaz européen à court terme
(Zonebourse.com) - Fitch Ratings a relevé ses hypothèses de prix du pétrole pour 2026-2027 en raison de la fermeture effective du détroit d'Ormuz, plus longue que prévu, dans le contexte du conflit avec l'Iran. Ces hypothèses reposent désormais sur l'idée d'une réouverture progressive du détroit autour du mois de juillet. Les hypothèses plus élevées concernant le Title Transfer Facility (TTF) pour 2026-2027 reflètent les perturbations des flux de gaz naturel liquéfié (GNL) qatari transitant par le détroit ainsi que les dommages subis par les infrastructures de GNL du pays.
L'agence de notation financière américaine "suppose désormais que la fermeture du détroit durera environ cinq mois dans son scénario révisé, contre un à deux mois auparavant". Les prix moyens annuels du pétrole seraient probablement plus faibles si la fermeture durait moins de cinq mois".
Avant le conflit, 15 millions de barils par jour (Mb/j) de pétrole brut et 5 millions de barils équivalent pétrole par jour de produits pétroliers transitaient par Ormuz, soit environ 20% de la consommation mondiale de pétrole. La réouverture pourrait intervenir relativement rapidement, mais le processus pourrait également être conflictuel et incertain.
Pétrole : Fitch prévoit une surabondance de l'offre sur le marché
"Nous continuons de tabler sur une reprise rapide de la production après la réouverture du détroit, aucun dommage significatif n'ayant été constaté sur les infrastructures pétrolières. Le pétrole stocké à bord des pétroliers devrait être écoulé en priorité, avant le retour progressif de la production réduite. Nous prévoyons un retour à des niveaux de production globalement normalisés en l'espace de quelques semaines, compte tenu de la géologie de la région et de la capacité des producteurs à ajuster leur offre dans le cadre des quotas de l'OPEP", souligne, en outre, Fitch Ratings.
L'agence de notation anticipe également une situation de surabondance de l'offre sur le marché, ce qui devrait exercer une pression baissière sur les prix. Elle prévoit que le Brent se maintiendra entre 100 et 110 dollars le baril entre mai et juillet durant la fermeture d'Ormuz, avant de retomber à 70 USD le baril d'ici septembre, un niveau déterminé par l'équilibre entre l'offre et la demande, bien qu'intégrant encore une prime de risque résiduelle. L'OPEP devrait produire jusqu'à sa capacité maximale afin de compenser les volumes perdus en raison de la fermeture du détroit. Avant le conflit, les capacités inutilisées de l'OPEP s'élevaient à 3,6 Mb/j.
Par ailleurs, elle anticipe une croissance de l'offre hors OPEP d'environ 3 Mb/j, incluant les 1,2 Mb/j précédemment prévus provenant des Etats-Unis et de l'Amérique latine, ainsi qu'un million de barils supplémentaires en provenance du Kazakhstan et du Venezuela. Des prix plus élevés devraient également encourager une hausse de la production aux Etats-Unis et en Russie.
Pour Fìtch, dans son scénario actuel, qui repose sur une fermeture d'Ormuz d'environ cinq mois et sur l'absence de nouveaux prélèvements sur les stocks, "une destruction de la demande beaucoup plus importante - de l'ordre de 5 Mb/j (5 % de la demande mondiale) pendant la période de fermeture - serait nécessaire pour équilibrer le marché". Toutefois, des libérations supplémentaires de stocks entraîneraient probablement une destruction de la demande plus limitée.
"Nous estimons qu'un tel niveau de destruction de la demande est possible, bien qu'extrême, compte tenu de la part croissante de la demande provenant du secteur pétrochimique, actuellement en situation de surcapacité. L'essentiel des nouvelles capacités est concentré en Asie, qui constitue également le principal consommateur du pétrole transitant par Ormuz. Un autre ajustement de la demande pourrait provenir du kérosène, en raison des perturbations du trafic aérien et de la hausse des prix du carburant", pointe l'agence de notation.
En janvier 2026, les réserves mondiales de pétrole atteignaient les 8,2 milliards de barils. Ce niveau, comparable à celui constaté en 2020, était alors capable d'absorber d'éventuelles ruptures d'approvisionnement dans le détroit d'Ormuz pendant plus d'une année. A elle seule, la Chine disposait de 1,2 milliard de barils. Cette réserve lui garantissait la continuité de ses importations dépendantes de ce détroit jusqu'à la fin du mois d'octobre.
Gaz européen : un marché sous pression continue en 2026
En outre, le relèvement des hypothèses de prix du gaz TTF reflète les perturbations des flux de GNL qatari transitant par Ormuz. "En supposant une réouverture du détroit autour du mois de juillet, le marché européen du gaz devrait rester tendu tout au long de l'année 2026.
Les hypothèses concernant le Henry Hub restent inchangées, les capacités excédentaires limitées de liquéfaction aux Etats-Unis restreignant la capacité des producteurs américains à tirer parti de la hausse des prix du gaz sur les autres marchés", fait savoir Fitch.
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source : AOF
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