Ipsen va racheter Kartos Therapeutics
Cette acquisition permet au groupe d'ajouter à son portefeuille un traitement prometteur de la myélofibrose.
Ipsen et Kartos Therapeutics ont annoncé ce lundi 29 juin dans un communiqué conjoint avoir conclu un accord de fusion en vertu duquel Ipsen a accepté d'acquérir Kartos Therapeutics, société biopharmaceutique américaine spécialisée dans les traitements de maladies rares, neurosciences et l'oncologie.
Ce rachat ajoute au portefeuille d'Ipsen le navtemadlin, un inhibiteur expérimental de MDM2, conçu pour restaurer la fonction naturelle suppressive des tumeurs de p53, un suppresseur tumoral essentiel dans la myélofibrose.
Ipsen, par l'intermédiaire d'une filiale détenue à 100%, versera un paiement initial de 450 millions de dollars à la réalisation de la transaction. Les actionnaires de Kartos Therapeutics pourront également percevoir des paiements d'étape supplémentaires pouvant atteindre 1,3 milliard de dollars, incluant un paiement d'étape significatif lié à l'obtention des autorisations réglementaires, ainsi que des paiements d'étape liés aux ventes.
Cette acquisition portant sur un actif à un stade avancé de développement devrait avoir un effet relutif sur le résultat opérationnel courant d'Ipsen à partir de 2029, avec un impact dilutif limité sur les perspectives financières de l'exercice 2026, rapporte le groupe. La finalisation de la transaction est attendue d'ici la fin du troisième trimestre 2026, sous réserve de la réalisation des conditions de clôture usuelles, notamment l'expiration du délai d'attente prévu par le Hart-Scott-Rodino Antitrust Improvements Act.
Les données montrent un fort potentiel thérapeutique du navtemadlin chez les patients atteints de myélofibrose TP53 de type sauvage (TP53wt) à risque intermédiaire ou élevé, en traitement additionnel chez les patients présentant une réponse sous-optimale au ruxolitinib.
" Cette acquisition renforce encore notre portefeuille de produits d'oncologie à un stade avancé de développement et reflète notre engagement continu à proposer des traitements innovants aux personnes vivant avec un cancer ", déclare David Loew, directeur général d'Ipsen.
Le traitement standard actuel, le ruxolitinib, améliore la splénomégalie et les symptômes liés à la myélofibrose. Toutefois, une proportion importante de patients présente une réponse sous-optimale au ruxolitinib, conduisant à l'arrêt du traitement. Le pronostic des patients après l'arrêt du ruxolitinib est très défavorable, avec une survie globale médiane d'environ un à deux ans. Le navtemadlin est actuellement évalué dans le cadre de l'essai mondial de phase III 'POIESIS', conçu pour recruter plus de 600 patients dans plus de 250 centres. L'étude évalue le navtemadlin en association avec le traitement standard par ruxolitinib chez des patients atteints de myélofibrose à risque intermédiaire ou élevé, porteurs d'un gène TP53 de type sauvage (TP53wt), dont la réponse au ruxolitinib est insuffisante.
" La myélofibrose demeure un cancer rare et grave du sang, associé à une charge symptomatique importante et à une splénomégalie progressive qui altèrent considérablement la qualité de vie ", rapporte John Mascarenhas, professeur de médecine à l'Icahn School of Medicine at Mount Sinai et directeur du Center of Excellence for Blood Cancers and Myeloid Disorders. " Le rationnel clinique de l'association du navtemadlin avec le ruxolitinib est particulièrement convaincant, et les données émergentes suggèrent un potentiel synergique permettant d'approfondir les réponses thérapeutiques et d'agir sur la biologie sous-jacente de la maladie. "
" L'essai de phase III POIESIS a le potentiel de redéfinir la prise en charge des patients atteints de myélofibrose ", estime Dr Pankit Vachhani, professeur associé de médecine et directeur de l'unité de recherche clinique à l'Université de l'Alabama à Birmingham, ainsi qu'investigateur principal mondial de l'étude POIESIS. " Il s'agit du plus vaste essai jamais mené dans cette maladie et il a été conçu de manière à refléter la pratique clinique en conditions réelles. L'étude évalue dans quelle mesure l'ajout du navtemadlin permet d'obtenir des réponses cliniques plus importantes et plus durables, répondant ainsi à un besoin médical majeur non satisfait. "
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