8 168.86 PTS
-1.79 %
8 195.0
-1.56 %
SBF 120 PTS
6 208.51
-1.51 %
DAX PTS
25 584.98
-1.63 %
Dow Jones PTS
52 382.20
-0.77 %
29 558.80
+0.17 %
1.165
+0.2 %

Sommet spatial: l'Europe cherche sa place entre les États-Unis et la Chine

| AFP | 225 | 1 par 1 internautes
Le sommet international sur l'espace démarre sous la verrière du Grand Palais à Paris, le 9 septembre 2026
Le sommet international sur l'espace démarre sous la verrière du Grand Palais à Paris, le 9 septembre 2026 ( Simon WOHLFAHRT / AFP )

Prise en étau entre les États-Unis et la Chine, l'Europe entend défendre sa place dans l'espace au premier sommet international qui s'est ouvert mercredi à Paris, boudé par les géants américains et en l'absence du chancelier allemand, co-hôte de l'évènement.

Les industriels espèrent signer de nombreux contrats sous la verrière du Grand Palais qui accueille ce rendez-vous de deux jours initié par le président français Emmanuel Macron.

Dans la matinée, le concepteur français d'infrastructure satellitaire Loft Orbital a annoncé un contrat d'un milliard de dollars avec la société émiratie Marlan Space pour le lancement de 50 satellites dotés d'intelligence artificielle embarquée.

Un marché en pleine explosion se profile derrière la bataille pour l'accès à l'espace.

Selon une étude de PwC, l'économie spatiale mondiale, qui a dépassé 500 milliards de dollars en 2025, devrait atteindre 1.100 milliards de dollars d'ici 2035 portée par les communications satellitaires, la navigation, l'observation de la Terre, les services de lancement et les activités autour de la Lune.

L'Europe aura-t-elle sa place ?

"Bien sûr. On a la chance d'avoir énormément de capital humain, des ingénieurs en aérospatial et l'ensemble des métiers du secteur", répond à l'AFP Mathieu Luinaud, expert de PwC.

Deloitte met pour sa part en garde contre un décrochage européen, appelant à une "commande publique garantie" et à une meilleure coordination des investissements, afin d'éviter que les Etats membres ne développent chacun leurs propres projets.

"Accorder nos violons"

L'astronaute français Thomas Pesquet au Grand Palais à Paris pendant le sommet international sur l'espace, le 9 septembre 2026
L'astronaute français Thomas Pesquet au Grand Palais à Paris pendant le sommet international sur l'espace, le 9 septembre 2026 ( Simon WOHLFAHRT / AFP )

"Ce sommet sert à accorder nos violons. Le spatial, par nature, c'est quelque chose qui se fait ensemble, c'est quelque chose qui demande de la coopération internationale", a déclaré l'astronaute français Thomas Pesquet à l'AFP.

La question du partage des fréquences qui devait être au coeur des discussions ne pourra véritablement être abordée, en l'absence des géants américains SpaceX et Blue Origin qui ont déclaré forfait sur fond de rumeurs de pression de la Maison Blanche.

Mais "il y aura de grosses annonces avec beaucoup de zéros avec de très grandes entreprises américaines", tempère auprès de l'AFP Philippe Baptiste, ministre chargé de l'Espace.

Le désengagement des Etats-Unis de certains programmes conjoints avec l'Europe a poussé les Européens à s'interroger sur leur dépendance envers cette puissance et leur propre rôle dans l'exploration lunaire.

Se munir de capacité de vols habités est revenu sur le devant de la scène.

Le patron de l'Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher, a assuré que l'Europe pourrait développer des vols habités à "un coût raisonnable".

Une fusée ARiane 6 lancée depuis Kourou, en Guyane française, le 27 août 2026
Une fusée ARiane 6 lancée depuis Kourou, en Guyane française, le 27 août 2026 ( RONAN LIETAR / AFP/Archives )

ArianeGroup, le concepteur d'Ariane 6, a pour sa part dit que le lanceur lourd européen pourrait être adapté aux vols habités.

Divergences franco-allemandes

Le sommet intervient au moment où le président Trump a fixé l'objectif de 1.000 lancements par an d'ici 2030 alors que l'Europe dont les lancements se comptent en dizaines risque une pénurie de lanceurs d'ici la même période, selon le directeur de l'ESA.

L'entreprise chinoise LandSpace a réussi en août à récupérer le premier étage du lanceur lourd Zhuque-3 comparable au Falcon 9 de SpaceX, alors que l'Europe n'a pas encore testé de fusée réutilisable.

MaiaSpace, filiale d'ArianeGroup qui développe une fusée réutilisable, ne prévoit son premier vol d'essai qu'au deuxième semestre 2027, même si elle a déjà sécurisé cinq contrats pour douze lancements.

Son concurrent, l'allemand Isar Aerospace, a placé samedi une fusée en orbite depuis la Norvège, une première pour une fusée développée par le secteur privé depuis l'Europe continentale.

Côté politique, les divergences franco-allemandes et l'absence du chancelier Friedrich Merz risquent de ternir la portée du sommet.

"Le fait qu'on ait aujourd'hui un petit lanceur allemand sur la table va encourager nos partenaires allemands à assumer de manière plus forte le fait qu'on a besoin d'une autonomie européenne", estime Philippe Baptiste.

La question est particulièrement sensible avec l'Allemagne, qui reste très ouverte aux lanceurs américains de SpaceX, alors que la France défend une préférence pour les solutions européennes.

Dans une déclaration commune signée mercredi, les filières aérospatiales française, allemande et italienne se sont prononcées pour une préférence européenne dans les achats institutionnels, sans exclure "les partenaires de pays tiers" de confiance à condition que la maîtrise de la conception reste européenne.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 1
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
Actions les plus vues

Classement des actions les plus vues, pour la période du mercredi 02 septembre 2026 au mardi 08 septembre 2026, des marchés Euronext Paris, Bruxelles, Amsterdam, Growth Paris, NASDAQ et NYSE sur le site et l'application Bourse Direct.

SUR LE MÊME SUJET
Publié le 08/09/2026

L'astronaute français Thomas Pesquet à Paris le 5 février 2026 ( Ludovic MARIN / POOL/AFP/Archives )"Le spatial subit les soubresauts de la vie géopolitique", a estimé mardi l'astronaute…

Publié le 07/09/2026

La fusée Ariane 6 décolle de Kourou, en Guyane française, le 17 juin 2026 ( RONAN LIETAR / AFP/Archives )Vols habités en Europe, risque de pénurie de lanceurs: l'équipe Ariane 6 avance ses…

Publié le 07/09/2026

Le président exécutif d'ArianeGroup Christophe Bruneau à Vernon, près de Paris, le 4 septembre 2026 ( Thomas SAMSON / AFP/Archives )La fusée lourde européenne Ariane 6 pourrait être…

Publié le 07/09/2026

Le président Emmanuel Macron inaugure le centre du Commandement de l'espace à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, le 12 novembre 2025 ( Guillaume HORCAJUELO / POOL/AFP/Archives )Géants…

Publié le 02/09/2026

Le directeur général de l'ESA Josef Aschbacher à Paris, le 5 février 2026 ( Ludovic MARIN / POOL/AFP/Archives )L'Europe peut développer des vols habités à un coût "très raisonnable", a…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 09/09/2026

Wall Street a terminé en baisse mardi, pénalisée par le recul des éditeurs de logiciels sur fond d’inquiétudes liées à l’impact de l’intelligence artificielle sur leur activité, tandis…

Publié le 09/09/2026

Comme redouté par les salariés...

Publié le 09/09/2026

Suite aux récentes informations parues dans la presse

Publié le 09/09/2026

Votre rendez-vous quotidien avec les petites et moyennes capitalisations ! Chaque jour, retrouvez l'analyse d'Eric Lewin sur les valeurs Small & Mid Caps du moment qui font l'actualité.

L'ouverture de votre compte Bourse Direct est gratuite et s'effectue en ligne en quelques minutes.

Dans le cas d'un transfert de compte, Bourse Direct prend en charge 100% de vos frais, à hauteur de 200 € par compte.