Route du Rhum : Tom Laperche triomphe avec un chrono record
Magistral depuis le coup de canon à Saint-Malo, Tom Laperche (SVR Lazartigue) a remporté samedi soir en Guadeloupe la prestigieuse Route du Rhum, dès sa première participation et en un temps record.
Le skipper de 29 ans a passé la ligne à Pointe-à-Pitre à 22h31 locales, soit 3h34 dimanche à Paris, après 6 jours 13 heures et 27 minutes en mer, améliorant de 6 heures et 19 minutes le précédent chrono de référence établi par Charles Caudrelier en 2022.
A l'approche de la bouée marquant l'arrivée dans la nuit guadeloupéenne, le jeune marin a laissé exploser sa joie, sautant pieds nus sur le grand filet de son trimaran, tout en saluant à distance son équipe technique.
Seul en tête de flotte depuis plusieurs jours, il a très bien négocié le périlleux tour de Guadeloupe, multipliant les manoeuvres en raison d'un vent de face qui l'empêchait de faire route directe vers la bouée de Basse Terre.
Il était attendu aux alentours de minuit par la foule sur les pontons. Thomas Coville (Sodebo) et Louis Burton (Armand Thiery), eux, devraient compléter le podium dans la journée de dimanche à Pointe-à-Pitre.
"Un rêve de gosse"
Laperche, surdoué de la voile qui a passé le plus gros de son adolescence à naviguer, n'avait encore jamais pris le départ de la célèbre transatlantique en solitaire, qui fêtait sa 13e édition cette année.
C'était pourtant le rêve d'enfance de ce Morbihannais, dont le père dentiste a terminé quatrième de l'épreuve dans la catégorie Multi 50 en 2010. Il partait favori à la barre du SVR Lazartigue, bateau conçu dans l'écurie du marin charentais François Gabart.
Mis à l'eau en 2021 et vainqueur de la Transat Café L'Or en 2025, le grand trimaran bleu était considéré comme l'Ultim le mieux préparé de la flotte au départ du Rhum, avec le Banque Populaire d'Armel Le Cléac'h.
Mais alors qu'il naviguait aux trousses de Laperche lors du premier tiers de la traversée, Le Cléac'h a chaviré, comme en 2018, avant d'être secouru quelques heures plus tard et "en bonne santé" par un cargo panaméen.
Tom Laperche a d'ailleurs bénéficié d'une bonification d'une heure et 2 minutes pour s'être temporairement dérouté vers Le Cléac'h, qui avait déclenché sa balise de détresse.
"Après l'accident, la physionomie de la course a un petit peu changé. La gestion du risque est devenue beaucoup plus importante, reléguant la gestion de la performance un peu en dessous dans la pile des priorités", a détaillé Franck Cammas, vainqueur de la Route du Rhum en 2010 et intégré à la cellule de routage de Laperche cette année.
"Lever le pied"
L'avance engrangée sur la concurrence a "permis de lever le pied face aux obstacles compliqués qui restaient à franchir: dépressions tropicales, gros grains, orages et vent générant des sauts de dix nœuds instantanés", a-t-il ajouté.
Depuis le départ dimanche dernier à 13h02 à Saint-Malo, Laperche a réalisé une course quasi parfaite, prenant la tête dès les premiers milles et menant la flotte jusqu'à l'arrivée.
Derrière les cadors de la catégorie Ultim, la bagarre continue pour les skippers des autres classes qui ont eu à affronter de nombreux pièges météo depuis le départ, pourtant donné dans des conditions historiquement clémentes.
Chez les monocoques Imoca (18,28 m), voiliers du Vendée Globe, Corentin Horeau (MACSF) occupe fermement la première place dimanche soir, 250 milles devant Sam Goodchild (Macif) et Boris Herrmann (Malizia). Ils sont attendus mardi à Pointe-à-Pitre.
Les Ocean Fifty (multicoques de 15 m) devraient les précéder avec une arrivée prévue juste avant pour Basile Bourgnon (Edenred) en passe d'imitier son papa Laurent, vainqueur à deux reprises de la Route du Rhum en 2014 et 2018.
■
Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote