"Une cinquième année consécutive de sous-performance des small caps européennes" (DPAM)
"Depuis près de cinq ans, les petites capitalisations européennes figurent parmi les valeurs les plus délaissées des marchés actions. L’année 2025 a ainsi marqué une cinquième année consécutive de sous-performance des small caps par rapport aux grandes capitalisations, une situation atypique au regard des dynamiques observées sur plusieurs décennies", relèvent Bart Geukens et Nathalie Debruyne, gérants de fonds chez DPAM (Degroof Petercam Asset Management).
Par sa durée comme par son ampleur, cet épisode ressemble davantage à une phase de repli cyclique qu'à une dégradation structurelle du secteur. Il constitue la deuxième sous-performance relative la plus marquée des trente dernières années.
Pour Bart Geukens et Nathalie Debruyne, les facteurs à l'origine de cette situation sont bien identifiés. Depuis 2020, les small caps européennes ont été confrontées à un environnement nettement moins favorable, marqué par la remontée rapide des taux d'intérêt et le durcissement des conditions de financement. Cette évolution a notamment entraîné une hausse du coût du refinancement ainsi que des primes de risque sur les actions, dans un contexte de choc énergétique et inflationniste.
En conséquence, les marchés se sont progressivement tournés vers les grandes capitalisations, offrant une meilleure liquidité et un pricing power plus fort. Les flux se sont ainsi concentrés sur les grandes entreprises internationales, mieux diversifiées, disposant de marges plus résilientes et de sources de revenus plus larges.
Parallèlement, les investisseurs en quête de croissance durable se sont tournés vers un nombre restreint de leaders capables de continuer à afficher une progression de leurs résultats malgré un environnement de demande plus incertain. A l'inverse, les petites capitalisations, souvent plus cycliques et davantage exposées à la demande domestique, ont été progressivement délaissées. La forte concentration de la performance boursière, les flux liés aux indices ainsi que certaines spécificités britanniques, notamment politiques et commerciales, ont accentué cette dynamique et contribué à prolonger la sous-performance relative de la classe d'actifs.
"Ces éléments expliquent en grande partie le sentiment de prudence qui domine aujourd'hui. Mais ils soulignent également un point essentiel : les mêmes facteurs qui ont prolongé cette phase de sous-performance ont aussi conduit les valorisations, le positionnement des investisseurs et le sentiment de marché à des niveaux rarement observés par le passé. Historiquement, des épisodes de sous-performance relative d'une telle ampleur ont souvent été suivis de phases de rattrapage marqué au cours des 12 à 24 mois suivants", soulignent les deux gérants.
Plusieurs indicateurs quantitatifs suggèrent désormais les premiers signes d'une reprise. Le QMI (Quantitative Market Indicator) a légèrement progressé en janvier, traduisant un regain d'appétit pour le risque. Les valeurs à bêta élevé ainsi que les actions "value" (qui ont historiquement tendance à surperformer en début de cycle lorsque les marchés commencent à anticiper une amélioration de la croissance et un redressement des résultats) ont déjà enregistré des performances nettement supérieures. Ce mouvement pourrait refléter une rotation de marché typique des débuts de cycle.
Par ailleurs, selon Bart Geukens et Nathalie Debruyne, "la dispersion entre facteurs au sein de l'univers des petites capitalisations est également intéressante". Le facteur qualité a subi une contraction marquée de ses multiples après une longue période de ventes généralisées. Dans l'univers des small caps européennes, l'opposition entre qualité et cyclicité est parfois surestimée. De nombreuses entreprises combinent des bilans solides et des positions de niche bien établies avec une sensibilité réelle à la demande domestique. Lorsque ces sociétés sont vendues au même titre que des acteurs plus fragiles, la dispersion des valorisations se réduit de manière excessive, une situation qui se révèle rarement durable.
Dans ce contexte, une sélection active parmi les valeurs de qualité pour le moment sous-estimées, pourrait offrir un potentiel de revalorisation significatif à mesure que la visibilité macroéconomique s'améliore.
source : AOF
■2026 Agence Option Finance (AOF) - Tous droits de reproduction réservés par AOF. AOF collecte ses données auprès des sources qu'elle considère les plus sûres. Toutefois, le lecteur reste seul responsable de leur interprétation et de l'utilisation des informations mises à sa disposition. Ainsi le lecteur devra tenir AOF et ses contributeurs indemnes de toute réclamation résultant de cette utilisation. Agence Option Finance (AOF) est une marque du groupe Option Finance
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote