8 693.95 PTS
-0.24 %
8 696.0
-0.32 %
SBF 120 PTS
6 570.85
-0.24 %
DAX PTS
26 429.19
+0.14 %
Dow Jones PTS
53 791.85
-0.34 %
29 525.48
-0.33 %
1.154
-0.02 %

Mineurs et réseaux sociaux: Meta de retour au tribunal mercredi face à une coalition d'Etats américains

| AFP | 50 | 1 par 1 internautes
Photo d'illustration montrant le logo de Meta affiché sur l'écran d'un smartphone à Mulhouse (est de la France), le 11 février 2026
Photo d'illustration montrant le logo de Meta affiché sur l'écran d'un smartphone à Mulhouse (est de la France), le 11 février 2026 ( SEBASTIEN BOZON / AFP/Archives )

Condamné cette année sur la plainte d'une adolescente, puis d'un Etat, Meta affronte une coalition de procureurs généraux américains décidés à démontrer devant la justice fédérale qu'Instagram et Facebook ont été délibérément rendus addictifs pour les mineurs.

Mercredi sera consacré à la sélection des jurés au tribunal fédéral d'Oakland, près de San Francisco. Les débats ne s'ouvriront que le 18 août, pour six semaines d'audiences jusqu'à fin septembre.

"Cela ressemble vraiment à l'industrie du tabac des années 1990", estime auprès de l'AFP Vincent Joralemon, juriste au centre de droit et technologies de l'université de Berkeley.

A l'image des poursuites d'Etats qui ont fini par faire payer des montants records aux cigarettiers il y a trois décennies et par restreindre leur publicité envers les mineurs, ce sont les pratiques commerciales des réseaux sociaux qui sont visées, souligne-t-il.

Les procureurs généraux de Californie, du Colorado, du Kentucky et du New Jersey porteront le fer contre le groupe de Menlo Park, au nom d'une trentaine d'Etats ayant lancé des poursuites en 2023.

Ils réclament de fortes modifications et restrictions de fonctionnement d'Instagram et Facebook pour les mineurs, et jusqu'à 1.400 milliards de dollars de pénalités, proche de la capitalisation boursière de Meta.

Mark Zuckerberg, le PDG de Meta Platforms, le 9 juillet 2026 à Sun Valley, aux Etats-Unis
Mark Zuckerberg, le PDG de Meta Platforms, le 9 juillet 2026 à Sun Valley, aux Etats-Unis ( Kevin Dietsch / GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives )

Un tel montant a peu de chances d'être atteint: en juillet, la juge a qualifié cette estimation de "déraisonnable", et celle avancée par Meta, 4 millions de dollars, de "même pas une tape sur la main", selon le média juridique Law360. La principale menace reste "l'atteinte à la réputation" et l'obligation de modifier en profondeur ses produits, estime M. Joralemon.

Le jury n'aura qu'un rôle consultatif: c'est la juge Yvonne Gonzalez Rogers, qui a arbitré au printemps le procès entre Elon Musk et OpenAI, qui fixera les éventuelles pénalités et mesures de remédiation.

Mark Zuckerberg figure parmi les témoins vedettes attendus à la barre, six mois après sa première comparution devant un jury, à Los Angeles. "Faire venir un patron à la barre peut être très accablant", relève M. Joralemon.

Bouclier fissuré

Les plaignants accusent Meta d'avoir violé leurs lois de protection des consommateurs et une loi fédérale sur les données des enfants (COPPA), avec des fonctionnalités conçues pour retenir les mineurs: défilement infini, notifications nocturnes, "likes".

Cette stratégie vise à contourner l'immunité dont jouissent les plateformes pour les contenus publiés par leurs utilisateurs: c'est la conception des applications qui est donc attaquée, pas ce qu'on y publie. Lundi, la cour d'appel fédérale de San Francisco a écarté sur ce terrain un ultime recours de Meta invoquant ce bouclier juridique.

La juge Yvonne Gonzalez Rogers, lors d'une table ronde à la réunion annuelle de printemps de l'American Bar Association (ABA) consacrée au droit de la concurrence, à Washington, le 2 avril 2025
La juge Yvonne Gonzalez Rogers, lors d'une table ronde à la réunion annuelle de printemps de l'American Bar Association (ABA) consacrée au droit de la concurrence, à Washington, le 2 avril 2025 ( Drew ANGERER / AFP/Archives )

Meta "conteste fermement ces accusations" et se dit "confiant" que les preuves montreront son "engagement de longue date en faveur des jeunes", a déclaré un porte-parole à l'AFP, assurant avoir "écouté les parents, travaillé avec des experts et les forces de l'ordre". Le groupe fera valoir que la santé mentale des jeunes ne peut être imputée à une seule application et que "l'usage problématique" des réseaux sociaux n'est pas une addiction médicalement reconnue.

L'enjeu sera de mesurer "l'écart" entre ce que Meta savait de ses produits et ce qu'il en disait publiquement, estime Nora Freeman Engstrom, professeure de droit à Stanford, spécialiste des contentieux de masse. Un écart révélé à l'automne 2021 par la lanceuse d'alerte Frances Haugen et ses "Facebook Files", dont un volet sur les dégâts d'Instagram chez les adolescentes.

Meta, qui a fait appel, a déjà été condamné deux fois cette année: 6 millions de dollars, solidairement avec YouTube, à une adolescente de Los Angeles, et près d'un milliard de dollars en amendes et réparations au Nouveau-Mexique.

YouTube (Google), Snap et TikTok sont visés en parallèle par des milliers de plaintes de familles et de collectivités éducatives. En mai, les quatre sociétés ont préféré payer ensemble 27 millions de dollars pour éviter un procès-test contre un district scolaire du Kentucky.

Avec un tel contentieux de masse, ces procédures pourraient "durer des décennies", prévient M. Joralemon.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 1
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
Actions les plus vues

Classement des actions les plus vues, pour la période du mercredi 05 août 2026 au mardi 11 août 2026, des marchés Euronext Paris, Bruxelles, Amsterdam, Growth Paris, NASDAQ et NYSE sur le site et l'application Bourse Direct.

SUR LE MÊME SUJET
Publié le 05/08/2026

Plusieurs familles passent la nuit sur des lits installés dans la rue, dans un quartier central de La Havane, le 30 juillet 2026, après l'effondrement partiel de leur immeuble ( YAMIL LAGE / AFP…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 12/08/2026

Sur le plan statistique : Japon : 1h50 Evolution des agrégats monétaires au mois de juillet Allemagne : 8h00 Inflation en juillet (+0,8% attendu après -0,3 et en glissement…

Publié le 12/08/2026

(Zonebourse.com) - Les valeurs du luxe souffrent ce mercredi à la Bourse de Paris dans le sillage de commentaires prudents des analystes de Deutsche Bank, qui déplorent l'absence de nouveaux…

Publié le 12/08/2026

(Zonebourse.com) Nous soldons la position sur le turbo CALL Société Générale 8Y78S portant sur le titre ConocoPhillips à 5.13 USD. Ce produit dérivé a…

Publié le 12/08/2026

La Bourse de Paris a mis fin à une série de 8 séances consécutives de progression, accompagnée de l’inscription de multiples plus hauts historiques. 

L'ouverture de votre compte Bourse Direct est gratuite et s'effectue en ligne en quelques minutes.

Dans le cas d'un transfert de compte, Bourse Direct prend en charge 100% de vos frais, à hauteur de 200 € par compte.

Nouveauté

Recevez un Izibook pour votre enfant

Offre valable jusqu’au 15/09/2026 (100 premières ouvertures d'un CTO ou d’une Assurance Vie Mineur)

Communication promotionnelle