Compte à rebours pour l'inflation américaine
Données les plus attendues de la semaine, les chiffres de l'inflation CPI de juillet pour les Etats-Unis seront publiés à 14h30.
Les places financières patientent avant la publication très attendue des chiffres de l'inflation américaine (CPI), qui pourraient donner le ton de la prochaine réunion de la Fed.
Publié ce mercredi à 14h30, l'indice des prix à la consommation (IPC) des Etats-Unis calculé par le département du Travail américain pour la période de juillet est attendu à +3,4% par le consensus des analystes, après avoir enregistré +3,5% de hausse annuelle en juin. L'évolution mensuelle de l'indice pourrait atteindre ainsi +0,1%, suivant une baisse de 0,4%.
Mais c'est aussi et surtout l'inflation sous-jacente, l'IPC core, que les analystes surveilleront de près - qui mesure les variations des prix des biens et services hors alimentation et énergie. Prévue à +2,5% en annuel après +2,6% en juin, l'inflation core était par ailleurs restée nulle en variation mensuelle.
"L'enjeu pour mercredi sera de voir si l'inflation sous-jacente CPI poursuit le reflux observé en juin. Il est bon de rappeler qu'entre février et mai, cette mesure d'inflation est passée de 2,5% à 2,9% avant de retomber en juin. L'inflation CPI globale (incluant l'alimentation et l'énergie) est, quant à elle, passée de 2,4% à 4,2% entre février et mai avant de se détendre un peu également le mois suivant", commente Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché France du broker IG.
Le spécialiste souligne que si la guerre en Iran a bien évidemment joué un rôle dans l'accélération de la hausse des prix, ce contexte n'est pas responsable de toutes l'inflation, comme le montre l'inflation PCE core, la mesure la plus surveillée par la Réserve fédérale, qui évoluait déjà largement au-dessus de l'objectif des 2% avant le déclenchement du conflit.
Du 50/50
"Ce qui pousse certains dissidents de la Fed à se faire entendre, ceux qui étaient favorables à une hausse de taux de 25 points de base lors de la réunion de juillet, alors que la Fed a laissé sa fourchette de taux inchangée à 3.50%-3.75%", poursuit Alexandre Baradez. "Parmi eux figure Neel Kashkari, et il déclarait la semaine dernière qu'il préférait agir dès maintenant par petites étapes plutôt que d'attendre".
La présidente de la Réserve fédérale de Cleveland, Beth Hammack, partage l'opinion de la nécessité d'un relèvement rapide. Dans une interview accordée à Yahoo Finance lundi, celle-ci s'est également déclarée favorable à une hausse des taux de 25 pdb en septembre. "Quand je parle aux entreprises, je n'entends pas qu'elles ressentent une quelconque contrainte sur les investissements dans la croissance en fonction des taux d'intérêt actuels. Donc pour moi, cela signifie que c'est le moment d'agir", a-t-elle indiqué.
Après la publication d'un rapport sur l'emploi mitigé vendredi dernier, les probabilités d'une hausse de taux de la Fed en septembre ont baissé. La mesure CME FedWatch note ce matin un 50/50 entre le statu quo et une hausse de 25 points de base le mois prochain. D'ici à décembre cependant, les statistiques en faveur d'un maintien des taux à leur niveau actuel tombent en revanche à quelque 22%.
"La communication désormais volontairement restreinte de Kevin Warsh sur les intentions de la Fed va rendre les marchés encore plus data dependent au risque d'amplifier ses réactions si les chiffres publiés sont éloignés du consensus"..., prévient Alexandre Baradez chez IG. En dépit de la pause estivale et sur fond d'une situation toujours étriquée au Moyen-Orient, les marchés vont ainsi demeurer ainsi animés cette semaine.
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