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Pour Olivier Falorni, l'aide à mourir, le combat d'une vie

| AFP | 46 | Aucun vote sur cette news
Olivier Falorni, rapporteur du projet de loi sur le droit à l'aide active à mourir, assiste au vote solennel sur ce texte à l'Assemblée nationale, le 25 février 2026 à Paris
Olivier Falorni, rapporteur du projet de loi sur le droit à l'aide active à mourir, assiste au vote solennel sur ce texte à l'Assemblée nationale, le 25 février 2026 à Paris ( Alain JOCARD / AFP/Archives )

"Un marathon avec des haies", décrit-il. L'ancien député Olivier Falorni voit avec l'adoption définitive de sa proposition de loi créant un "droit à l'aide à mourir" aboutir le combat d'une vie.

En 2012, quelques mois après son élection comme député, M. Falorni avait posé sa première question au gouvernement sur ce thème, demandant l'instauration d'une "assistance médicalisée au décès".

Mercredi, il devrait assister depuis les tribunes de l'hémicycle à un ultime vote de l'Assemblée sur son texte, déposé en mars 2025. Elu maire (divers gauche) de La Rochelle en mars, il continue de suivre attentivement les travaux de ses anciens collègues.

Le 30 juin, il a ainsi assisté au vote en troisième lecture de la proposition de loi, et fait part devant la presse de son "émotion", grandissante à l'approche du "vote final".

"Souffrance absolue"

En 2013, cet enseignant de formation, diplômé d'histoire, avait marqué les esprits, en interpellant la ministre de la Santé d'alors Marisol Touraine: "La dignité est un droit, elle exige une loi, ici et maintenant", avait-il lancé, en évoquant le décès de sa mère et "la souffrance absolue d'un être cher qui n'en peut plus de ne pas partir".

Olivier Falorni, rapporteur du projet de loi sur le droit à l'aide active à mourir, s'exprime lors du vote solennel à l'Assemblée nationale, le 25 février 2026 à Paris
Olivier Falorni, rapporteur du projet de loi sur le droit à l'aide active à mourir, s'exprime lors du vote solennel à l'Assemblée nationale, le 25 février 2026 à Paris ( Alain JOCARD / AFP/Archives )

En 2021, il dépose une proposition de loi ouvrant le droit à une "fin de vie libre et choisie". Malgré un large soutien, elle ne peut être adoptée face à des milliers d'amendements déposés par Les Républicains et un temps contraint par les règles parlementaires.

L'épisode n'a pas laissé que de bons souvenirs, y compris au groupe MoDem, qui a accueilli M. Falorni dans ses rangs à partir de 2022.

"Je m'étais abstenu. J'étais tétanisé qu'on fasse ça pendant une journée de niche parlementaire" sans prendre le temps d'un débat de fond. "Et puis il y avait eu une ola dans l'hémicycle, Falorni présenté comme un super-héros, j'étais un peu écœuré", se remémorait en 2024 un député du groupe.

Les textes se sont succédés. Les obstacles et les hésitations aussi, conduisant finalement à deux propositions de loi, l'une consensuelle sur les soins palliatifs, l'autre instaurant un droit à l'aide à mourir. Avec le soutien d'Emmanuel Macron, désireux d'en faire la grande réforme sociétale de son second quinquennat.

"Contre le suicide"

Tout au long de cette lente maturation, le rapporteur Olivier Falorni s'est attaché à gommer son image de "militant" sans concession de "l'aide à mourir", défendant avec ardeur les "équilibres" issus des discussions de 2024 pour tenter de rallier le plus grand nombre.

Membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), il assure que ses positions ont évolué au fil du temps.

Henri Caillavet lors d'une conférence de presse à Paris, le 26 février 1992
Henri Caillavet lors d'une conférence de presse à Paris, le 26 février 1992 ( PATRICK HERTZOG / ARCHIVES/AFP/Archives )

Agé de 54 ans, il raconte avoir été sensibilisé au sujet de la fin de vie alors qu'il avait à peine 18 ans, à l'occasion d'une conférence à laquelle participait le sénateur radical Henri Caillavet.

Rapporteur de la loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse, celui-ci a déposé dès 1978 une proposition de loi "relative au droit de vivre sa mort".

Henri Caillavet "considérait que le corps des femmes leur appartenait et que notre mort nous appartient", explique l'ancien député, issu d'une famille d'origine italienne ayant fui le fascisme pour s'établir à La Rochelle.

S'il fait alors "de l'autodétermination de sa fin de vie presque un droit sans limite", il assure avoir depuis tempéré cette position. Aujourd'hui, il dit se battre "contre le suicide", et affirme que l'aide à mourir "doit s'inscrire dans un cadre parce qu'elle concerne aussi d'autres personnes".

L'ancienne ministre de la Santé Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) reconnaît à M. Falorni d'avoir su modérer ses "envies" afin de faire aboutir le texte.

Si le Rochelais a pu naviguer entre les formations politiques, du PS au groupe MoDem en passant par les radicaux, "il n'a jamais changé ses convictions", jure le président d'honneur de l'ADMD, Jean-Luc Romero-Michel, qui ne cache pas son "affection" et son "admiration" pour un député qui ne "lâche rien".

Une "constance intellectuelle" également saluée par le député Les Républicains (LR) Philippe Juvin, qui a ferraillé avec ardeur dans l'hémicycle contre la loi sur l'aide à mourir.

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