Les origines modestes, l'atout peuple des candidats à la présidentielle ?
Qui est né du bon côté de la barrière? En ce début de campagne présidentielle, de nombreux candidats se revendiquent d'être issus des classes populaires ou moyennes comme pour, par contraste, pointer les origines sociales aisées de leurs rivaux Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal.
"J'ai grandi dans un quartier populaire où j'ai découvert ce qu'était la misère", a appuyé Olivier Faure sur TF1 dès les premiers instants de sa déclaration de candidature à la primaire de l'espace social-démocrate, en se décrivant comme un "enfant de la classe moyenne".
Beaucoup plus qu'auparavant, le patron du Parti socialiste a insisté sur les origines de sa mère, infirmière et immigrée vietnamienne.
Un moyen, à 58 ans, de se faire connaître du grand public, en mettant en avant son enfance dans un milieu populaire et, du fait de ses origines maternelles, au contact des discriminations.
Mais pas seulement.
"C'était bien sûr pour dessiner un contraste avec Glucksmann, qui est issu des beaux quartiers", reconnaît un proche d'Olivier Faure.
Favori de cette primaire de la gauche, Raphaël Glucksmann (Place publique) doit traîner, presque comme un boulet, son héritage familial. Elevé dans un milieu culturellement et matériellement favorisé, il est le fils d'André Glucksmann qui, avec d'autres intellectuels, lança dans les années 1970 le mouvement des "Nouveaux philosophes".
Une filiation qui lui vaut de régulières accusations de déconnexion avec les difficultés quotidiennes des Français. "C'est de la caricature", a-t-il encore dû évacuer cette semaine sur RTL.
Il réplique en mettant en avant ses expériences au Rwanda, en Ukraine ou en Georgie. Et s'attache depuis plusieurs mois à parcourir les régions françaises.
A contrario, le maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, peut se prévaloir de ses origines sociales très modestes, lui le fils de maçon marocain qui a grandi dans un logement "insalubre".
Mais le candidat déclaré à la présidentielle, hors primaire socialiste, dit refuser d'être "assigné à résidence sociale".
L'occasion pour lui de pointer ses adversaires de La France insoumise, qu'il accuse d'être "des mythos (des menteurs, ndlr) qui s'inventent des histoires pour faire croire qu'ils sont du peuple".
Mais cette question n'est pas seulement présente à gauche.
Famille monoparentale
Dans le bloc central, le maire du Havre et candidat Horizons Edouard Philippe aime également à rappeler que son père était "le premier de la famille à avoir eu le bac" et que ses deux parents étaient professeurs au collège.
Une ascension républicaine plus que l'affirmation d'origines modestes. L'ancien Premier ministre mentionne aussi son arrière-grand-père, docker au Havre et encarté à la CGT.
Là encore, par comparaison, difficile de ne pas penser à l'autre ancien locataire de Matignon et rival d'Edouard Philippe au centre et à droite, Gabriel Attal.
Ce dernier doit, lui, assumer les attaques sur son enfance parisienne aisée et sa scolarité dans le prestigieux établissement privé de l'École alsacienne. Avant des études à Sciences Po Paris, également sur la rive gauche de la Seine.
A quoi le fils du producteur de cinéma Yves Attal a répliqué en abordant le sujet des familles monoparentales et en convoquant la figure de sa mère qui, après le divorce de ses parents, s'est retrouvée "seule, à 32 ans, avec trois enfants dont elle devait s'occuper, sans avoir fait d'études et sans avoir travaillé".
"Je connais les comptes qu'on refait trois fois, les rendez-vous qu'on décale, les opportunités professionnelles auxquelles on renonce, les soirées sans relais", a-t-il énuméré.
"Cosette", avait moqué Marine Le Pen, lorsque Gabriel Attal avait narré son enfance et sa jeunesse dans un livre paru au printemps.
Aux accusations de parisianisme, le candidat trentenaire oppose son savoir-faire et son aisance en campagne électorale. Et son omniprésence sur le terrain.
Les origines aisées de la favorite des sondages pour 2027, Marine Le Pen, sont bien connues, elle qui a passé sa jeunesse dans un hôtel particulier de Montretout, dans la ville cossue de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine).
Mais la leader du Rassemblement national joue de son implantation politique dans le bassin minier du Pas-de-Calais pour faire valoir son lien avec les classes populaires.
Presque tous les présidents de la Ve République sont issus de milieux favorisés. Georges Pompidou le fils d'instituteur étant celui aux origines les plus modestes.
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