La droite perd Nîmes où un prof communiste s'impose face au RN
C'était une des dernières grandes villes LR: à Nîmes, un professeur communiste, Vincent Bouget est le grand vainqueur d'une élection très incertaine, sur laquelle le RN espérait gagner avec Julien Sanchez, ancien maire de Beaucaire venu en voisin.
M. Bouget, à la tête d'une liste PCF/PS/Ecologistes, obtient 40,6% des voix, M. Sanchez 38% et M. Proust, le candidat de la droite, 21,4%, selon une estimation Ifop-Fiducial pour TF1, LCI et Sud Radio. Selon une estimation Ipsos BVA CESI Ecole d'ingénieurs pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP-AN, M. Bouget obtient 41,5%, M. Sanchez 37,3% et M. Proust 21,2%.
Au premier tour, M. Bouget et M. Sanchez étaient arrivés au coude-à-coude.
Au bar associatif "le Prolé", le communiste Vincent Bouget a levé les bras en signe de victoire, aux cris des militants "On a gagné, on a gagné". "Quand il y a de l'humain, ça paie", a réagi Matthieu Poitavin, 51 ans, prof d'occitan.
Des centaines de personnes ont acclamé le nouveau maire de Nîmes, qui a versé quelques larmes, l'accompagnant en cortège jusqu'à la mairie. "C'est comme la Bastille!", dit une jeune fille dans la foule.
"Face à la tentation du repli, de la division, vous avez fait le choix de la solidarité. Nous allons faire de Nîmes une grande ville méditerranéenne qui compte", a lancé le maire élu depuis le balcon du premier étage de l'hôtel de ville, où il a été félicité par la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga.
"Dans les quartiers de la ville qui souffrent des trafics, nous allons rétablir la paix et la sécurité pour tous", a-t-il ajouté.
"On respire!", avoue Jean, 71 ans, qui vote à gauche depuis 50 ans. "Toute la journée, j'ai tourné en rond. Le RN, ça aurait été une catastrophe, pour les budgets, pour les locaux qu'on n'aurait plus eus", a ajouté ce militant associatif.
Car la menace RN était réelle sur la ville antique, avec la candidature de l'ex-maire de Beaucaire (Gard), Julien Sanchez, venu en conquérant.
Vincent Bouget, professeur d'histoire-géographie de 46 ans, né à Nîmes dans une famille communiste, enseigne actuellement dans un lycée de la ville. Adhérent du PCF depuis plus de vingt ans, il en est le secrétaire départemental depuis 2014.
Scénario de 1995
Babeth Bousquet, une sympathisante du communiste, 62 ans, a raconté à l'AFP: "Je suis allée à plusieurs réunions, je n'avais pas d'idée. Ce n'est pas lui qui parlait, il a pris les questions, puis il a fait une synthèse. Je me suis dit +Waouh+, ce gars il a un truc".
En 2020, il avait déjà mené une coalition de gauche aux élections municipales mais avait terminé en deuxième position au second tour, battu par le maire sortant Jean-Paul Fournier (LR).
Cette fois-ci, le second tour proposait une triangulaire à l'issue incertaine opposant un RN combatif, dont le candidat Julien Sanchez avait viré tout juste en tête, Vincent Bouget sur ses talons, et la droite réconciliée derrière.
"J'adresse mes félicitations républicaine à la liste élue, tout en annonçant le dépôt d'un recours en annulation de cette élection", a réagi Julien Sanchez, en évoquant notamment des "tracts mensongers et diffamatoires appelant à la haine envers le RN".
Vincent Bouget a réussi à réitérer le scénario de 1995 lorsqu'une droite fractionnée avait été battue par le communiste Alain Clary, dans cette ville de 150.000 habitants aux prestigieux monuments antiques mais dont des quartiers sont gangrénés par les trafics de drogue.
A Beaucaire, l'ancienne ville de Julien Sanchez, le RN Nelson Chaudon a remporté la mairie avec plus de 60% des voix. Le parti à la flamme a aussi réussi, dans le Gard, à prendre Bagnols-sur-Cèze avec 52,89% des voix pour sa candidate Pascale Bordes, et Agde.
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