Wall Street : un début de semaine dans le rouge ?
Petite pause...
Les contrats à terme sur les trois grands indices américains évoluent désormais en léger repli à 30 minutes de l'ouverture. Vendredi, le S&P 500 a clôturé sur un niveau record à la suite de chiffres de l'emploi décevants. Ce rapport a conduit à une réévaluation des anticipations concernant les taux de la Réserve fédérale, au plus grand bonheur des investisseurs. Selon l'outil CME 'FedWatch', la probabilité d'un nouveau statu quo monétaire de la Fed le 16 septembre est de 56,1% (vs 32,8% il y a une semaine), contre 43,9% de 'proba' d'un durcissement monétaire d'un quart de point.
Après l'emploi, les opérateurs se focaliseront cette semaine sur l'inflation avec deux statistiques particulièrement attendues : les prix à la consommation (mercredi) et les prix à la production (jeudi). La semaine économique s'achèvera vendredi avec les chiffres des ventes au détail et les résultats de l'enquête de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan.
Côté entreprises, si la saison des trimestriels touche à sa fin à New York, quelques grands groupes doivent encore passer sur le gril dont Cisco (mercredi) et Applied Materials (jeudi). Les résultats initialement contrastés ont laissé place à un optimisme général, à mesure que les inquiétudes concernant les dépenses liées à l'IA s'apaisent. Selon les analystes de BofA, les sociétés du S&P 500 affichent un bond de 30% de leurs bénéfices au deuxième trimestre alors que près de 90% d'entre elles ont déjà publié. Dans ce contexte, les équipes de JP Morgan Chase ont relevé leur objectif de fin d'année pour le S&P 500, de 7.800 à 8.000 points. Elles estiment que la solidité des résultats d'entreprises et une monétisation de l'IA plus rapide que prévu chez les géants du cloud (hyperscalers) dopent les prévisions de bénéfices.
Sur le front géopolitique justement, un accord avec Oman pour établir une voie de navigation via le détroit d'Ormuz est "très proche", a déclaré ce week-end le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Il a exclu pour l'instant des pourparlers directs avec les États-Unis en raison de violations de l'accord de paix provisoire conclu en juin. Pour sa part, Donald Trump a laissé entendre qu'il était prêt à laisser la pression économique sur l'Iran s'accentuer plutôt que de lancer de nouvelles frappes militaires, affirmant que les États-Unis n'étaient qu'en phase de "semi-négociation" avec Téhéran concernant le détroit d'Ormuz. "Nous observons simplement l'Iran, avec son inflation massive et le fait qu'ils n'ont plus d'argent", a déclaré le président à 'Axios' lors d'une interview dimanche, précisant que le blocus naval américain aggravait les difficultés financières du pays. "Nous jouons la carte de la discrétion".
Le marché joue la carte prudence avec un baril de Brent, référence mondiale, pour livraison octobre, qui remonte de 1,7% à 85 dollars à Londres. "Le conflit au Moyen-Orient reste un facteur clé qui influence le sentiment des marchés, faisant contrepoids à l'optimisme persistant concernant la croissance tirée par les investissements dans l'IA", affirme Marc Ostwald, économiste en chef et stratège mondial chez ADM Investor Services.
Par ailleurs, le Sénat américain, dominé par les républicains, a adopté samedi un projet de loi temporaire visant à financer les agences fédérales jusqu'au 11 décembre, évitant ainsi un "shutdown" paralysant quelques semaines avant les élections de mi-mandat de novembre.
Les taux des obligations du Trésor montent à nouveau après le recul de vendredi consécutif aux chiffres de l'emploi, le rendement à 10 ans prenant 2,5 pb à 4,670%. Le dollar s'apprécie légèrement face à un panier de devises de référence. Le Bitcoin retombe sous la barre des 65.000$. Enfin, l'or pointe abandonne désormais 0,3%, autour de 4.330 dollars l'once, après une progression de 7,3% la semaine dernière, soit la meilleure performance hebdomadaire du métal jaune depuis janvier.
Les valeurs
* Meta Platforms a dévoilé un nouveau modèle d'IA dit "open-weight", baptisé Muse Glimmer, et a annoncé son intention d'en lancer d'autres prochainement. Ces modèles, moins coûteux que les modèles phares dits "de pointe" tels que ceux d'OpenAI, le créateur de ChatGPT et d'Anthropic, le propriétaire de Claude, peuvent fonctionner sur un ordinateur unique, offrant aux utilisateurs la possibilité de télécharger et de personnaliser la technologie. Muse Glimmer, une version "distillée" (allégée) du modèle Muse Spark 1.2 de l'entreprise, a été conçue dans un souci d'efficacité afin de réduire au minimum les exigences matérielles, a indiqué la société de Mark Zuckerberg. Avec ses 30 milliards de paramètres, Muse Glimmer est "assez compact" pour ne nécessiter qu'une seule carte graphique pour fonctionner. Selon Meta, il sera principalement utilisé pour des tâches d'IA "agentiques", comme la gestion d'emplois du temps et l'organisation de fichiers.
* Berkshire Hathaway a vu ses résultats bondir au deuxième trimestre et a consacré environ 4,5 milliards de dollars au rachat de ses propres actions sur la période, confirmant une reprise de ces opérations entamée le trimestre précédent après plus d'un an d'interruption. Le conglomérat a également acquis pour près de 20 milliards de dollars d'actions sur le trimestre clos, témoignant de la volonté du PDG Greg Abel d'accélérer le déploiement des liquidités du groupe. En début d'année, l'homme d'affaires canado-américain avait indiqué que Berkshire relançait ces rachats car les dirigeants estimaient que la "valeur intrinsèque" de ces titres dépassait leur cours de Bourse. "Les rachats d'actions vont rassurer les investisseurs", a déclaré Cathy Seifert, analyste chez CFRA Research. "C'est aussi une façon pour Greg de prendre les commandes et de s'affirmer". Ces rachats d'actions ont représenté pour les actionnaires le plus important retour de capital trimestriel depuis 2021. La trésorerie de l'entreprise basée à Omaha (Nebraska) a reculé à 365,5 milliards de dollars au deuxième trimestre, contre environ 397 Mds$ au trimestre précédent.
Après des années d'activité relativement calme en matière d'acquisitions sous l'ère Warren Buffett, qui déplorait souvent les valorisations élevées du marché, son successeur a conclu coup sur coup des transactions se chiffrant en milliards de dollars, rappelle 'Bloomberg'. Le nouveau PDG a déboursé 6,8 milliards de dollars pour reprendre le constructeur de maisons Taylor Morrison Home, un pari typique axé sur la valeur, tout en investissant 10 Mds$ dans Alphabet, la société mère de Google, pour soutenir ses projets liés à l'intelligence artificielle, un domaine inédit pour le conglomérat. Côté résultats, le profit opérationnel a progressé de 16% à près de 13 milliards de dollars, porté en partie par les résultats de la division du conglomérat regroupant l'industrie manufacturière, les services et la distribution, ainsi que par son activité utilities. Le résultat net a plus que doublé pour atteindre 25,67 Mds$. Les résultats de Berkshire sont généralement suivis de près, car ses activités, allant de l'assurance au transport ferroviaire, en passant par l'énergie et l'industrie manufacturière, offrent un aperçu de la santé de l'économie américaine.
* Apple a testé des puces mémoire du fabricant chinois CXMT sur différentes gammes de produits, notamment les iPhone et les MacBook, afin de pallier la pénurie actuelle de composants provoquée par l'essor de l'intelligence artificielle, a rapporté dimanche le 'Wall Street Journal'.
* Verisk. Un juge du Delaware a ordonné à la société d'analyse de données Verisk de poursuivre son projet d'acquisition, d'un montant de 2,35 milliards de dollars, du fabricant de logiciels AccuLynx. Cette décision intervient plus de sept mois après que Verisk a annoncé avoir mis fin à l'opération.
* Barrick Mining Corporation recule nettement avant l'ouverture des marchés américains après la publication de résultats trimestriels décevants. Le mineur d'or canadien a fait état d'un chiffre d'affaires de 5,29 milliards de dollars au 2e trimestre, sous le consensus à 5,67 milliards de dollars, pour un bénéfice par action de 0,82$, contre 0,94$ attendus. La société a dû faire face à une hausse de ses coûts en dépit d'une production d'or supérieure a ses objectifs, en progression de 11% par rapport au 1er trimestre à 796.000 onces, contre une fourchette attendue de 730.000-770.000 onces. Barrick Mining a confirmé ses objectifs de production et de prévisions de coûts pour l'exercice en cours mais a revu à la baisse le total de ses dépenses d'investissement dans une fourchette comprise entre 3,8 milliards et 4,2 milliards de dollars. Le groupe a par ailleurs trouvé un accord avec Newmont pour développer les actifs de la coentreprise Nevada Gold Mines, Fourmile de Barrick et Mike et Fiberline de Newmont créant un complexe aurifère de près de 100 millions d'onces au Nevada.
* GameStop, et son PDG Ryan Cohen, pourraient faire marche arrière sur eBay. L'emblématique dirigeant de la société spécialisée dans la distribution de jeux vidéo et de matériel électronique, valeur vedette de la période des 'meme stocks' à Wall Street, envisagerait de retirer son improbable offre de 56 milliards de dollars sur le leader des enchères en ligne, selon des personnes proches du dossier citées par 'Bloomberg'. R.Cohen envisagerait de proposer un partenariat ou une coentreprise permettant à eBay de tirer parti du réseau d'environ 1.600 points de vente de GameStop aux États-Unis, selon les sources. Cette initiative pourrait permettre aux deux entreprises d'accroître leur part de marché dans des catégories à forte marge, telles que les cartes à collectionner et les objets de collection, ont-elles précisé. En tant que l'un des principaux actionnaires d'eBay, GameStop chercherait par ailleurs à obtenir une représentation au sein du Conseil d'administration d'eBay dans le cadre d'un tel partenariat. GameStop n'aurait pas encore pris de décision définitive et son patron pourrait encore envisager d'autres options, selon les sources. Depuis le dépôt de l'offre en mai, l'action GameStop a chuté de 28%, tandis que celle d'eBay a progressé de 7,6%.
* Taiwan Semiconductor Manufacturing a enregistré un nouveau bond de 45% de ses ventes mensuelles, témoignant d'une demande soutenue pour le matériel lié à l'intelligence artificielle malgré la volatilité du marché. Le chiffre d'affaires du fabricant de puces, fournisseur clé de Nvidia et d'Apple, a ainsi atteint 467,58 milliards de dollars taïwanais (14,5 milliards de dollars américains) en juillet. Le mois dernier, TSMC a relevé ses prévisions de dépenses et de chiffre d'affaires pour l'année, confiant que la croissance fulgurante de la demande en puces alimentant le développement de l'IA se poursuivrait jusqu'en 2027 et au-delà. L'entreprise table désormais sur des dépenses d'investissement atteignant un niveau record de 60 à 64 Mds$ en 2026 et prévoit une croissance de son chiffre d'affaires annuel légèrement supérieure à 40% en dollars américains.
* Intel prévoit de lever 15 milliards de dollars par le biais d'une vente d'actions, afin de financer le développement coûteux de son activité de fabrication de puces en sous-traitance en tirant parti de la flambée du cours de son action, alimentée par ses efforts de redressement.
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