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Wall Street : TSMC et BlackRock flambent !

| Boursier | 70 | Aucun vote sur cette news

Les marchés tentent un rebond

Wall Street : TSMC et BlackRock flambent !
Credits Reuters

Wall Street se redresse ce jeudi avec TSMC, qui soutient le compartiment de l'IA et des puces en particulier. Le S&P 500 reprend 0,44% désormais à 6.957 pts et le Nasdaq 0,61% à 23.615 pts, contre un Dow Jones en hausse de 0,54% à 49.413 pts. Hier, la cote américaine a connu une faiblesse assez significative avec ses valeurs technologiques et financières, alors que la saison des publications d'entreprises vient de débuter. Ce jeudi, les bons comptes du colosse taïwanais Taiwan Semi semblent pour l'instant rassurer. D'autres publications marquantes étaient à suivre avant l'ouverture, avec notamment BlackRock, qui a convaincu, mais aussi Goldman Sachs et Morgan Stanley, qui s'affirment maintenant dans le vert sur la place américaine.

Sur le Nymex, le baril de brut WTI rechute de 4,7% à 59,1$, alors que les marchés avaient commencé à "pricer" une intervention imminente en Iran avant de se raviser. L'once d'or fin cède 0,3% à 4.613$. L'indice dollar avance de 0,3% face à un panier de devises. Le bitcoin évolue autour des 96.000$.

Les dernières attaques visant le président de la Fed, Jerome Powell, ont suscité l'émoi parmi ses pairs. Ainsi, plusieurs anciens dirigeants de la Réserve fédérale, secrétaires au Trésor et économistes ont réagi, suite aux menaces de poursuites pénales proférées par le ministère de la Justice. L'enquête pénale annoncée visant le président de la Fed constitue "une tentative sans précédent d'instrumentaliser les poursuites judiciaires pour saper l'indépendance de la banque centrale", selon un communiqué signé par les anciens présidents de la Fed, Janet Yellen, Ben Bernanke et Alan Greenspan, ainsi que par quatre anciens secrétaires au Trésor ayant servi sous des présidents républicains aussi bien que démocrates. Le directeur général de JPMorgan Chase, Jamie Dimon, a lui aussi exprimé ses préoccupations. "Tout le monde que nous connaissons croit à l'indépendance de la Fed", a-t-il expliqué mardi, après la publication des résultats trimestriels de la banque, jugeant que "tout ce qui affaiblit ce principe n'est probablement pas une bonne idée". Il a également prévenu que cela pourrait "faire remonter les anticipations d'inflation et, à terme, pousser les taux d'intérêt à la hausse".

"La menace de poursuites pénales est une conséquence directe du fait que la Fed fixe les taux d'intérêt en se basant sur sa meilleure évaluation de ce qui est le mieux servi par le public, plutôt que de suivre les préférences du Président", selon Powell. "Il s'agit de savoir si la Fed sera en mesure de continuer à fixer les taux d'intérêt en fonction des données probantes et de la conjoncture économique, ou si, au contraire, la politique monétaire sera dictée par des pressions politiques ou des intimidations", a ajouté le dirigeant, sortant ainsi de sa réserve habituelle. Le président de la Fed a défendu par ailleurs son bilan, soulignant qu'il avait travaillé à la Fed sous des administrations démocrates et républicaines et qu'il avait toujours fondé ses décisions exclusivement sur le double objectif de la banque centrale, à savoir le plein emploi et la stabilité des prix. "Cette nouvelle menace ne concerne pas mon audition en juin dernier, ni les rénovations des bâtiments de la Réserve fédérale", a indiqué Powell, jugeant qu'il s'agissait là de prétextes... Selon plusieurs sources de médias anglo-saxons, l'entourage du président américain se serait tout de même inquiété de l'impact que pourrait avoir sur les marchés une enquête sur Powell.

Trump a de nouveau pris pour cible mardi le président de la Fed. "Cet abruti sera bientôt parti", a-t-il affirmé lors d'un déplacement dans le Michigan, devant le Detroit Economic Club. Ces déclarations faisaient suite à d'autres critiques formulées plus tôt dans la journée à Washington. Interrogé devant la Maison Blanche sur l'impact d'une enquête visant Powell, Trump a accusé ce dernier d'être soit "incompétent", soit "corrompu". Le président républicain faisait référence aux dépassements de coûts liés à rénovation du siège de la Fed, un chantier de plusieurs milliards au coeur de la procédure menée par le département de Justice. "Il dépasse le budget de plusieurs milliards de dollars", a déclaré le locataire de la Maison Blanche, avant d'ajouter : "Je ne sais pas ce qu'il est, mais il ne fait certainement pas du très bon travail". Le président reproche également à la Fed de maintenir des taux d'intérêt trop élevés, freinant selon lui la croissance économique.

Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'un statu quo monétaire lors de la prochaine réunion de la Fed le 28 janvier se situe à 95%. La 'proba' la plus élevée pour la fin de l'année 2026 (32,9%) se situe dans une fourchette de 3 à 3,25% sur les taux, ce qui traduirait une baisse de taux d'un demi-point. Le nom du successeur de Jerome Powell à la tête de la Fed pourrait bien être dévoilé dans les prochains jours par Donald Trump, malgré les tensions actuelles. Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, qui s'exprimait la semaine dernière devant l'Economic Club du Minnesota, a laissé entendre que Trump devrait annoncer sa décision d'ici quelques jours - en tout état de cause en janvier - concernant la succession de Powell. Ainsi, la décision serait révélée avant ou après le Forum économique mondial de Davos, en Suisse, programmé du 19 au 23 janvier. "Nous en sommes toujours à quatre candidats", a déclaré le secrétaire au Trésor. Les candidats retenus sont, rappelons-le, le président du Conseil économique national américain Kevin Hassett, l'ancien membre du conseil des gouverneurs Kevin Warsh, le directeur des investissements 'fixed income' de BlackRock, Rick Rieder, et le gouverneur Christopher Waller. Le mandat de Powell prend fin en mai 2026. Trump a aussi déclaré hier, cité par Reuters, qu'il ne prévoyait pas de limoger Jerome Powell, ajoutant qu'il serait trop tôt pour dire ce qu'il ferait.

Anna Paulson, Stephen Miran, Raphael Bostic, Neel Kashkari et John Williams de la Fed, intervenaient hier. La présidente de la Fed de Philadelphie, Anna Paulson, a réaffirmé qu'elle entrevoyait une marge de manoeuvre pour de nouvelles baisses de taux d'intérêt plus tard cette année, après que les dernières données sur l'inflation ont confirmé son optimisme prudent. Le gouverneur Miran, nommé par Trump, a indiqué pour sa part que si les banques centrales ne tenaient pas compte de l'impact de la déréglementation, leurs politiques seraient trop rigides, ce qui freinerait inutilement la croissance. La dérégulation constitue selon lui un choc positif sur l'offre et la productivité, ce qui accroît la capacité de l'économie et apaiserait également les pressions sur les prix... Bostic, président de la Fed d'Atlanta, a estimé que la réaction de Powell à l'enquête était très franche. Il a indiqué que la Fed était encore assez loin de l'objectif d'inflation et qu'une posture restrictive sur les taux était donc encore nécessaire. Kashkari, président de la Réserve fédérale de Minneapolis, a défendu l'indépendance de la banque centrale et a déclaré que la personne que Trump choisirait pour occuper le poste de prochain président de la banque centrale devrait présenter ses meilleurs arguments en faveur des taux d'intérêt pour persuader les autres décideurs politiques. Il a aussi noté les signes de faiblesse du marché du travail et l'inflation trop élevée, mais qui tendrait vers la bonne direction.

Les opérateurs ont pris connaissance ce jeudi d'une nouvelle série de statistiques américaines. Les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 9 janvier se sont établies à 198.000 contre 212.000 de consensus. Elles reculent de 9.000 en comparaison de la semaine antérieure.

Les prix à l'import de novembre se sont appréciés de 0,4% d'un mois sur l'autre, une hausse inattendue.

L'indice manufacturier régional de la Fed de Philadelphie pour le mois de janvier 2026 a surpris par sa solidité, à +12,6 contre un consensus FactSet de -2,5. Même tendance pour l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York, à +7,7 contre +1 de consensus.

Thomas Barkin, Michael Barr, Jeffrey Schmid et Raphael Bostic de la Fed interviennent aujourd'hui. L'enquête du ministère de la Justice visant le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, est "une atteinte à l'indépendance de la Fed", a déclaré le gouverneur Michael Barr ce jour. Bostic a confirmé quant à lui ses propos de la veille à propos de la nécessité d'une politique monétaire restrictive dans un contexte d'inflation encore trop élevée. Il a aussi noté que l'indépendance de la Fed donnait "la capacité d'être patient".

Enfin, demain, les chiffres de la production industrielle et l'indice du marché immobilier seront connus, tandis que Michelle Bowman et Philip Jefferson de la Fed donneront leurs avis.

Sur le front géopolitique, outre le Venezuela et le Groenland, c'est donc l'Iran qui préoccupe désormais. Trump a déclaré hier que la figure de l'opposition iranienne Reza Pahlavi lui semblait très sympathique, tout en exprimant des doutes quant sa capacité à rassembler pour prendre le pouvoir. Dans une interview accordée à Reuters dans le Bureau ovale, le président américain s'est exprimé sur l'Iran, le conflit ukrainien et l'enquête visant Powell. Concernant l'Iran, il a estimé qu'il existait une possibilité de voir le régime s'effondrer. Trump a menacé plusieurs fois d'intervenir pour soutenir les manifestants, suite à la récente répression sanglante, mais il s'est donc montré réticent hier à soutenir Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran renversé en 1979 qui essaie de s'imposer en leader de la contestation... "Un manifestant iranien ne sera plus condamné à mort suite aux avertissements du président Trump. Il en va de même pour d'autres", relève Trump sur Truth Social, citant Fox News et ajoutant : "C'est une bonne nouvelle. Espérons que cela continue !".

Concernant le Groenland, des soldats français et allemands se sont rendus sur l'île ce jeudi dans le cadre d'exercices décidés par le Danemark et ses alliés visant à rassurer Donald Trump sur la sécurité des États-Unis, alors que le président américain maintient que les USA doivent prendre le contrôle de ce territoire arctique. Pendant ce temps, les ministres des Affaires étrangères du Danemark et du Groenland ont rencontré J.D. Vance et le Secrétaire d'État Marco Rubio à la Maison Blanche.

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, TSMC, Morgan Stanley, Goldman Sachs, BlackRock, Infosys, J.B. Hunt et First Horizon, publient aujourd'hui leurs derniers comptes. PNC, State Street, M&T Bank, Wipro ou Regions Financial, annonceront demain.

Les valeurs

Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (+6,5%), le plus grand fabricant mondial de semi-conducteurs sous contrat, a rassuré les marchés ce matin concernant la demande pour l'heure insatiable provenant de l'intelligence artificielle. Pour son 4e trimestre, le géant taïwanais a réalisé des revenus de 1.046 milliards de dollars de Taïwan (environ 33,7 milliards de dollars américains), en croissance de 20,5% en glissement annuel et de 5,7% en séquentiel, par rapport au précédent trimestre. Le bénéfice ajusté par action a représenté quant à lui 19,50 nouveaux dollars de Taïwan, ou 3,14$ par ADR, en hausse de 35% en comparaison de l'an dernier. Le bénéfice net a atteint 506 milliards de dollars de Taïwan. La marge brute est ressortie à 62,3% et la marge opérationnelle à 54%.

Il s'agit du huitième trimestre consécutif de croissance des bénéfices pour le groupe, alors que la demande des serveurs d'IA ne dégonfle pas bien au contraire. Les comptes de TSMC ont donc largement dépassé les anticipations de marché, de 3% en termes de revenus et de 5% en matière de profits. Le groupe de Taïwan prévoit de porter son budget de dépenses d'investissement à 52-56 milliards de dollars en 2026 contre environ 40 milliards de dollars l'an dernier.

Amazon (+0,9%) conteste selon Bloomberg la procédure de faillite de Saks Global Enterprises (chapitre 11), affirmant que le détaillant de luxe a rompu un accord relatif à la vente de produits Saks sur son site web et que sa participation dans l'entreprise, désormais en faillite, est présumée sans valeur. Le géant américain du commerce en ligne s'oppose ainsi à la demande de fonds de Saks visant à financer sa faillite. Ce financement pourrait lui apporter jusqu'à 1,75 milliard de dollars de liquidités, selon des documents judiciaires déposés mercredi soir et repris par Bloomberg. Ce financement imposerait à Saks des milliards de dollars de nouvelles obligations et comprendrait des clauses préjudiciables à Amazon et aux autres créanciers chirographaires de Saks, ajoute l'agence.

Amazon avait pris en 2024 une participation minoritaire dans le détaillant dans le cadre d'un accord facilitant l'acquisition de Neiman Marcus par Saks pour 2,65 milliards de dollars. Le groupe d'Andy Jassy a investi 475 millions de dollars en actions préférentielles dans le détaillant de luxe dans le cadre de cette transaction. Cet investissement était également conditionné à un accord permettant à Saks de vendre ses produits sur la plateforme du géant du commerce électronique, notamment par le lancement de 'Saks on Amazon', selon les documents déposés par Amazon mercredi et évoqués par Bloomberg.

BlackRock (+5,1%), le géant américain de la gestion d'actifs, prend un peu de hauteur avant bourse à Wall Street sur des comptes supérieurs aux attentes des analystes. Le groupe new-yorkais a réalisé pour son 4e trimestre un bénéfice ajusté par action de 13,16$, pour des revenus de plus de 7 milliards de dollars et un bénéfice net ajusté de 2,18 milliards de dollars. Ces chiffres dépassent assez nettement les anticipations. Les actifs sous gestion dépassent quant à eux les 14.000 milliards de dollars, contre 11.551 milliards un an plus tôt. Sur l'ensemble de l'exercice écoulé, le bénéfice ajusté par action atteint 48,09$, le bénéfice net consolidé se monte à 5,6 milliards de dollars et les revenus atteignent 24,2 milliards de dollars. Concernant les actifs sous gestion, les entrées nettes représentent un record de 698 milliards de dollars sur l'ensemble de l'année, dont 342 milliards au quatrième trimestre.

Goldman Sachs (+3,6%), le géant new-yorkais de la banque d'affaires, a publié pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice par action de 14,01$ et des revenus de 13,45 milliards de dollars. Ainsi, le bpa dépasse largement le consensus de marché, mais les revenus s'affichent un peu courts. Goldman Sachs Group a donc annoncé aujourd'hui un chiffre d'affaires net de 58,3 milliards de dollars et un bénéfice net de 17,2 milliards de dollars pour l'exercice clos le 31 décembre 2025. Les revenus nets se sont élevés à 13,45 milliards de dollars et le bénéfice net à 4,62 milliards de dollars pour le quatrième trimestre 2025. Le bénéfice dilué par action sur l'exercice a atteint 51,32$. La rentabilité des capitaux propres (ROE) a été de 15% pour l'exercice 2025 et de 16% pour le quatrième trimestre 2025.

Morgan Stanley (+4,8%), la banque d'affaires new-yorkaise, a publié pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action nettement supérieur aux attentes à 2,68$, pour des revenus également meilleurs que prévu à 17,9 milliards de dollars et un bénéfice net de 4,4 milliards de dollars. Sur l'exercice, les revenus ont totalisé 70,6 milliards de dollars et le bénéfice net a atteint 16,9 milliards de dollars. Un an plus tôt, les revenus se situaient à 61,8 milliards de dollars "seulement" dont 16,2 milliards sur le seul 4e trimestre, tandis que le bénéfice net ressortait à 13,4 milliards dont 3,7 milliards au dernier trimestre. Le ratio de fonds propres CET1 s'élevait à 15% à la fin de l'année.

Boston Scientific (-4,9%), le géant américain des appareils médicaux, et le groupe californien Penumbra (+12,2%), ont annoncé aujourd'hui la signature d'un accord définitif en vertu duquel Boston Scientific fera l'acquisition de Penumbra dans le cadre d'une transaction en numéraire et en actions valorisant Penumbra à 374$ par action, ce qui représente une valeur d'entreprise d'environ 14,5 milliards de dollars. "Penumbra est une entreprise bien établie, dotée d'une équipe expérimentée et performante. Cette acquisition offre à Boston Scientific l'opportunité de pénétrer de nouveaux segments à forte croissance dans le domaine vasculaire", a déclaré Mike Mahoney, président-directeur général de Boston Scientific. L'opération serait finalisée cette année sous réserve des conditions usuelles.

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