Wall Street tente un sursaut avec l'accalmie au Moyen-Orient
En attendant les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis
Wall Street est attendu en progression pour l'heure, avant bourse ce lundi, le Nasdaq 100 s'adjugeant 0,9%, le S&P 500 0,6% et le Dow Jones 0,3%. La cote américaine avait connu un accès de faiblesse en fin de semaine dernière suite au regain de tension entre USA et Iran, mais comme souvent, le retour au calme a eu lieu avant la réouverture des marchés. La place américaine en profite donc pour l'heure, et malgré des inquiétudes persistantes concernant les valorisations technologiques liées en particulier à l'IA... Les cours du brut évoluent peu ce jour. Le baril WTI prend 1% vers les 70$. L'once d'or fin régresse de 1,1% à 4.044$. L'indice dollar perd 0,1% face à un panier de devises.
Washington et Téhéran sont convenus en effet de mettre fin aux affrontements récents dans le Golfe et de reprendre les discussions sur le détroit d'Ormuz, dans l'espoir de préserver un fragile accord de paix provisoire conclu le 17 juin dernier, fragilisé ces derniers jours par une succession de frappes et de représailles entre les deux pays. "Les discussions techniques doivent se poursuivre sur l'ensemble des volets du protocole d'accord. Les deux parties vont cesser les hostilités pour le moment et les navires pourront circuler librement", a affirmé un responsable américain, en référence au mémorandum d'entente en 14 points prévoyant notamment la réouverture du détroit d'Ormuz au trafic maritime. Selon le média 'Axios', qui a révélé en premier la suspension des hostilités en citant un haut responsable américain, les négociations doivent reprendre demain au Qatar.
Ce retour espéré à la diplomatie intervient après plusieurs jours d'escalade militaire. Les tensions avaient repris jeudi lorsqu'un projectile iranien avait frappé un navire marchand dans le détroit d'Ormuz, axe stratégique par lequel transite une part importante des exportations mondiales de pétrole. Washington et Téhéran s'accusaient mutuellement d'avoir violé le cessez-le-feu provisoire conclu le 17 juin. Dans la nuit de samedi à dimanche, l'Iran a lancé des missiles et des drones contre des installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, peu après que Donald Trump a menacé de faire disparaître la République islamique si elle ne respectait pas l'accord visant à mettre un terme au conflit. Quelques heures auparavant, l'armée américaine avait annoncé avoir mené de nouvelles frappes contre l'Iran après qu'un pétrolier eut été touché dans le détroit d'Ormuz, largement fermé par Téhéran pendant la majeure partie du conflit.
Le président américain a également haussé le ton sur son réseau social. "Il pourrait arriver un moment où nous ne pourrons plus faire preuve de retenue et où nous serons contraints d'achever militairement ce que nous avons commencé avec beaucoup de succès", a-t-il écrit. "Si cela se produit, la République islamique d'Iran n'existera plus !", a-t-il ajouté, avant que ne soient révélées les informations sur la reprise des discussions.
Ce lundi, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré cependant que les réunions du groupe de travail technique dans le cadre du mémorandum d'accord Iran-États-Unis n'étaient pas prévues pour cette semaine, rapporte l'agence de presse iranienne Tasnim. Plus tôt, une source proche des négociations avait indiqué à Reuters que les équipes techniques iranienne et américaine travaillant à la mise en oeuvre du mémorandum d'accord se réuniraient dans les prochains jours... Trump assure pourtant de son côté, sur Truth Social, que l'Iran a demandé une réunion qui aura lieu demain à Doha. Il note aussi, triomphant, que les cours du brut WTI reculent et sont désormais inférieurs à ce qu'ils étaient "avant le début de la Dénucléarisation de l'Iran".
Sur le front économique cette semaine aux États-Unis, les opérateurs suivront ce lundi à 16h30 l'indice manufacturier de la Fed de Dallas du mois de juin, puis demain les indices des prix des maisons S&P Case-Shiller et FHFA du mois d'avril, l'indice PMI de Chicago du mois de juin, l'indice de confiance des consommateurs du Conference Board, ou le rapport JOLTS sur les ouvertures de postes en mai.
Les chiffres de l'emploi américain retiendront l'attention mercredi et jeudi. Le rapport d'ADP sur l'emploi privé pour le mois de juin sera révélé mercredi à 14h15 (consensus FactSet 92.500 créations), alors que le rapport gouvernemental sur la situation de l'emploi pour le même mois sera annoncé jeudi à 14h30 (consensus FactSet 100.000 créations de postes dont 90.000 dans le privé, taux de chômage de 4,3%, salaire horaire moyen en hausse de 0,3% d'un mois sur l'autre).
Parmi les autres statistiques marquantes, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 27 juin, les indices PMI manufacturier et ISM manufacturier du mois de juin, ainsi que les dépenses de construction du mois de mai, seront annoncés mercredi, alors que les commandes industrielles du mois de mai seront publiées jeudi. Wall Street sera fermé vendredi pour 'l'Independence Day'.
Dans l'actualité des entreprises à Wall Street cette semaine, Constellation Brands et Nike annoncent leurs derniers résultats financiers mardi après la clôture. FactSet et General Mills publient mercredi.
Les valeurs
SpaceX, le groupe d'astronautique, vol spatial et IA d'Elon Musk, gagne du terrain avant bourse ce jour à Wall Street. L'opérateur du Nasdaq a confirmé que le dossier allait intégrer le Nasdaq 100 à compter du 7 juillet. Après une séance d'introduction explosive, SpaceX a amplement consolidé sur la place américaine, de retour vers les 150$ pour une capitalisation boursière voisine de 2.000 milliards de dollars - qui représente encore cent fois le chiffre d'affaires de l'exercice écoulé. Rappelons que les choses sont allées très vite depuis l'IPO record du 12 juin, qui a permis au groupe de lever près de 86 milliards de dollars. SpaceX a aussi annoncé l'acquisition de la startup d'IA Anysphere, éditeur de Cursor, pour 60 milliards de dollars en actions.
Enfin, la levée de fonds obligataire de 25 milliards de dollars menée dans le sillage de l'introduction de SpaceX a surpris, mais attiré une forte demande. Toutefois, les analystes avertissent selon CNBC que cela pourrait entraîner un risque de concentration dans les portefeuilles multi-actifs. SpaceX a fixé le prix d'obligations réparties en cinq tranches, avec des échéances s'échelonnant de 2031 à 2056. L'opération est intervenue moins de deux semaines après l'introduction en bourse de SpaceX. Elle a mis d'après CNBC en lumière "ses besoins de financement considérables, ses projets d'investissement et ses futures échéances de refinancement, tout en posant un défi de diversification aux investisseurs". La société a indiqué qu'elle affecterait le produit net de l'opération au remboursement intégral des encours au titre de son prêt-relais, au règlement des frais et commissions y afférents, ainsi qu'au financement des besoins généraux de l'entreprise pour le solde éventuel...
Charter Communications gagne 25% en pré-séance ! Selon Bloomberg, le fournisseur d'accès Internet discuterait d'un partenariat aux Etats-Unis avec SpaceX dans la téléphonie mobile. Selon l'agence, alors que le groupe de Musk propose déjà un service de connexion directe aux téléphones portables avec T-Mobile aux USA, Charter pourrait acheminer une partie du trafic.
Comcast bondit de plus de 20% avant bourse à Wall Street, alors que le groupe va se scinder en deux entités cotées via une scission de NBCUniversal et Sky, séparant sa branche haut débit de son activité médias et divertissement. Le groupe a ainsi annoncé son intention de se scinder en deux sociétés cotées indépendantes par le biais d'une opération de scission en franchise d'impôt. À l'issue de l'opération, les actionnaires de Comcast détiendront des actions à la fois de Comcast et de NBCUniversal, donnant ainsi naissance à deux leaders sectoriels spécialisés, chacun bénéficiant d'une envergure importante, de profils financiers solides et d'opportunités stratégiques distinctes, ajoute le groupe.
Cette scission envisagée témoigne de la capacité avérée de Comcast à positionner ses activités pour rivaliser et s'imposer sur des marchés en pleine mutation, insiste le groupe. Alors que l'innovation technologique, les comportements des consommateurs et la dynamique concurrentielle continuent de transformer les secteurs des médias et des communications, le Conseil d'administration et l'équipe de direction de Comcast estiment qu'en tant qu'entités indépendantes, chaque société sera mieux à même de poursuivre ses propres priorités stratégiques, d'investir pour sa croissance et de créer de la valeur à long terme pour les actionnaires. Brian L. Roberts continuera de jouer un rôle actif dans la direction de Comcast et de NBCUniversal, en étroite collaboration avec les dirigeants de ces deux sociétés. Mike Cavanagh occupera le poste de directeur général de NBCUniversal, tandis que Michael Angelakis, ancien directeur financier de Comcast, deviendra directeur général de Comcast à l'issue de la scission. Dans l'intervalle, il rejoindra le groupe en tant que conseiller stratégique. La finalisation de la transaction est attendue dans environ un an.
Google (Alphabet) a limité l'utilisation de ses modèles d'IA Gemini par Meta, après que le géant des réseaux sociaux a sollicité une capacité de calcul supérieure à celle que pouvait fournir son rival technologique, indique le Financial Times. Google aurait informé Meta vers le mois de mars qu'il ne pouvait pas fournir toute la capacité que le propriétaire de Facebook désirait acquérir, d'après trois sources du FT familières de la question. Le mouvement aurait perturbé ou décalé certains des projets d'IA internes de Meta. Du fait de ces restrictions, qui restent en place, ainsi que du mouvement plus général de rationalisation des dépenses d'IA, le groupe de Mark Zuckerberg a encouragé ses équipes à plus d'efficience dans la consommation de tokens d'IA, unité de mesure de l'usage, d'après plusieurs sources du FT.
GameStop persiste et signe sur le dossier eBay. Le groupe maintient ainsi son OPA de 56 milliards de dollars en cash et actions sur le leader des enchères en ligne, malgré le refus de sa 'proie'. GameStop s'attend à un doublement de l'Ebitda ajusté à plus de 600 millions de dollars sur l'exercice se terminant en janvier 2027, contre 345 millions de dollars sur l'exercice clos.
Amazon. Les Américains ont dépensé plus de 26,4 milliards de dollars entre le 23 et le 26 juin pour le Prime Day d'Amazon, d'après les données d'Adobe Analytics relayées notamment par Reuters, ce qui représente une augmentation de 9,3% par rapport à l'année antérieure.
Rocket Lab bondit à Wall Street, alors que le groupea annoncé l'acquisition du fournisseur de communications par satellite Iridium Communications dans le cadre d'une opération en numéraire et en actions évaluée à environ 8 milliards de dollars. Il s'agit de l'une des plus importantes opérations de consolidation dans le secteur spatial commercial. Les actionnaires d'Iridium recevront 27$ en cash par action et des titres Rocket, d'une valeur combinée de 54$ par titre - soit une prime de 24% sur la dernière clôture. La finalisation est attendue mi-2027.
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