Wall Street plombé par le pétrole et les tensions sur l'obligataire
Les indices américains persistent dans le rouge
Wall Street poursuit sa correction ce jeudi, toujours affecté par les incertitudes géopolitiques et monétaires, ainsi que les tensions sur les rendements obligataires. Le DJIA perd 0,48% à 52.130 pts, alors que le S&P 500 cède 0,43% à 7.603 pts et que le Nasdaq abandonne 0,45% à 26.135 pts. La tendance demeure donc extrêmement fébrile, sur fond d'échange de frappes au Moyen-Orient et de tensions sur les marchés obligataires. Concernant les rendements des obligations d'État, qui restent évidemment sous surveillance, celui du T-Bond à 10 ans se tend à 4,92%, contre 5,34% sur le '30 ans', au plus haut depuis 2007.
Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'une hausse des taux d'un quart de point le 16 septembre, à l'issue de la prochaine réunion FOMC de la Fed, se situe à 69,8% environ, contre 30,2% de 'proba' d'un statu quo. Les chiffres de l'inflation américaine attendus en fin de semaine seront donc cruciaux.
Sans surprise, la Banque centrale européenne vient de décider de rehausser ses trois taux d'intérêt directeurs de 25 points de base. En conséquence, les taux d'intérêt de la facilité de dépôt, des opérations principales de refinancement et de la facilité de prêt marginal seront relevés à respectivement 2,50%, 2,65% et 2,90% à compter du 16 septembre. Le conflit au Moyen-Orient continue de générer des tensions sur l'inflation, qui devrait rester largement supérieure à l'objectif pendant une période prolongée. La décision prise aujourd'hui souligne l'engagement du Conseil des gouverneurs à mener une politique monétaire assurant la stabilisation de l'inflation au niveau de son objectif de 2% à moyen terme.
Selon le scénario de référence des dernières projections établies par les services de la BCE, l'inflation totale devrait s'élever en moyenne à 3% en 2026, 2,5% en 2027 et 2,1% en 2028. L'inflation hors énergie et produits alimentaires s'établirait en moyenne à 2,5% en 2026, 2,6% en 2027 et 2,3% en 2028. Par rapport au scénario de référence de juin, la projection d'inflation est restée inchangée pour 2026 et a été relevée pour 2027 et 2028. Pour la croissance économique, la projection de référence se situe désormais à 0,9% en 2026, 1,4% en 2027 et 1,5% en 2028. Les taux ont été revus à la hausse pour 2026 et 2027, principalement en raison de la capacité de résistance plus forte que prévu de l'économie de la zone euro.
Sur le front économique cette semaine, sur la place américaine, les opérateurs observent ce jour les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 5 septembre (206.000 contre 207.500 de consensus FactSet), les prix à la production d'août 2026 (+0,4% d'un mois sur l'autre et +5,4% sur un an, en ligne avec le consensus, ou +0,2% par rapport au mois précédent et +4,6% sur un an hors alimentaire et énergie - contre respectivement +0,3% et +4,6% de consensus), ainsi que les reventes de logements existants d'août (3,98 millions d'unités contre 4,06 millions un mois avant).
Le grand rendez-vous économique US de la semaine sera celui de l'indice des prix à la consommation d'août (consensus +0,4% d'un mois sur l'autre et +0,2% hors alimentaire et énergie, soit respectivement +3,4% et +2,4% sur un an), qui sera dévoilé vendredi à 14h30.
L'indice dollar prend 0,1% ce jour face à un panier de devises de référence. Le baril de Brent se négocie à 105,3$ et le WTI vers les 100$ (+4%). L'armée américaine a détruit cinq pétroliers iraniens, en guise de riposte aux tentatives de l'Iran de frapper des porte-avions de l'US Navy dans la région. Le Corps des gardiens de la révolution islamique a déclaré pour sa part hier avoir tiré des missiles balistiques sur une base militaire en Jordanie utilisée par l'armée américaine et attaqué dix navires. Au cours des deux dernières semaines, les États-Unis et l'Iran ont multiplié les représailles réciproques après une période de négociations d'environ un mois qui semblait marquer une stabilisation.
Le trafic maritime via le détroit d'Ormuz reste donc fortement entravé. De plus, les attaques menées par les rebelles houthis contre les infrastructures énergétiques saoudiennes ont ravivé les craintes concernant les millions de barils que le royaume achemine quotidiennement via la mer Rouge, voie de contournement stratégique du détroit d'Ormuz... Le Wall Street Journal, citant des responsables américains, a rapporté par ailleurs hier que le conflit avec l'Iran pourrait durer jusqu'à la fin du mandat de Trump. Le président américain a quant à lui déclaré qu'il s'attendait à ce que la guerre avec l'Iran se termine après les élections de mi-mandat américaines de novembre, tout en menaçant à nouveau de frappes sur le site nucléaire de la 'montagne de la Pioche' en Iran. Pendant ce temps, l'Iran et les États-Unis ont intensifié les attaques sur les transports maritimes, tandis que les Houthis avançaient vers le détroit de Bab el-Mandeb. L'once d'or fin se traite 4.357$ (-1%). Le bitcoin corrige à environ 77.000$.
Dans l'actualité des entreprises, Macy's, Copart, et surtout Adobe (après bourse) et Oracle (après la clôture), publient ce jeudi. Kroger annoncera vendredi.
Les valeurs
Macy's (-3,2%). La chaîne américaine de magasins a publié au titre de son 2e trimestre fiscal des revenus de 4,9 milliards de dollars, en augmentation de 1,1% en glissement annuel, avec une croissance à comparable de 2,7%. Le bénéfice ajusté par action a été de 63 cents, en croissance de 14%. La société a relevé ses prévisions annuelles pour l'exercice 2026, notamment en ce qui concerne le chiffre d'affaires, les ventes à périmètre comparable, l'EBITDA ajusté et le bénéfice par action dilué ajusté.
Ces prévisions pour l'ensemble de l'exercice continuent de tenir compte de facteurs macroéconomiques et géopolitiques susceptibles d'influer sur les dépenses discrétionnaires. À ce titre, la société maintient une approche prudente en matière de prévisions, tout en se ménageant la flexibilité nécessaire pour réagir aux évolutions du paysage concurrentiel et de l'environnement extérieur. Les revenus sont attendus entre 21,675 et 21,825 milliards de dollars, avec une croissance à comparable de 1-1,5%, pour une marge d'Ebitda ajusté de 7,8 à 8% et un bpa ajusté allant de 2,15 à 2,35$.
CooperCompanies (-13,7%), le concepteur américain de matériel médical, spécialiste de l'ophtalmologie, décroche en bourse. Le groupe a annoncé pour son 3e trimestre fiscal un chiffre d'affaires en augmentation de 1% à 1,07 milliard de dollars, incluant une croissance organique de 1%, mais inférieur aux anticipations de marché. Le bpa ajusté, de 1,15$, a en revanche dépassé les attentes. Le flux de trésorerie disponible a augmenté de 66% pour s'établir à 273 millions de dollars. Le groupe évoque par ailleurs l'achèvement du processus d'examen stratégique et annonce des mesures visant à accroître la valeur pour les actionnaires - ce qui ne sera visiblement pas pour aujourd'hui.
CooperCompanies a actualisé ses prévisions 2026, visant des revenus du quatrième trimestre allant de 1,057 à 1,080 milliard de dollars (croissance organique de 0 à 2%), pour un bpa ajusté allant de 4,51 à 4,55$. Il confirme l'objectif à long terme de flux de trésorerie disponible communiqué précédemment, dépassant 2,2 milliards de dollars pour les exercices 2026 à 2028.
CoreWeave (-4,3%). Michael Intrator, DG du groupe néo-cloud, s'est exprimé auprès de Yahoo Finance en marge de la conférence Goldman Sachs Communacopia & Tech, soulignant le niveau incroyable de la demande. "Chacun de nos GPU pourrait être vendu à plusieurs clients différents. C'est une situation unique, qui le reste encore aujourd'hui". Nvidia constitue l'épine dorsale, le fournisseur principal et le garant financier majeur des activités de néo-cloud de CoreWeave, ajoute Yahoo Finance. Au-delà de la fourniture de la totalité des GPU de pointe équipant les centres de données spécialisés en IA de CoreWeave, Nvidia joue le rôle d'actionnaire stratégique, détenant une participation de 11,5 % au capital.
Apple (+1,7%) bénéficie de notes de brokers favorables au lendemain de la présentation de ses nouveaux produits. Le groupe a dévoilé hier soir son premier téléphone pliable, l'iPhone Duo, ainsi qu'une série de mises à jour de produits lors de son événement annuel d'automne organisé à son siège de Cupertino, en Californie. C'est le nouveau DG John Ternus, qui a succédé à Tim Cook le 1er septembre, qui a animé la keynote. Le Duo arbore un design rappelant celui d'un passeport, s'ouvrant et se fermant comme un livre. En façade, l'appareil est doté d'un écran de 5,4 pouces. Une fois ouvert, il révèle un vaste écran de 7,6 pouces. Une fois déplié, le Duo est, selon Apple, l'iPhone le plus fin jamais conçu par la marque. Son prix de départ est fixé à 1.999$.
L'entreprise a également dévoilé les iPhone 18 Pro et 18 Pro Max. Ces modèles conservent une esthétique similaire à celle des iPhone 17 Pro et Pro Max, mais intègrent des processeurs A20 Pro plus rapides, avec des améliorations au niveau du CPU, du GPU et du moteur neuronal. Les batteries ont également été améliorées. Ils sont aussi équipés d'une ouverture mécanique variable. Apple a enfin présenté ses dernières Apple Watch Series 12 et Ultra 4, ainsi que les AirPods 5.
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