Wall Street : petite hausse dans une actualité chargée
Léger rebond en début de séance...
Au lendemain d'une petite pause, Wall Street repart de l'avant, soutenue par de solides résultats d'entreprises. Le S&P 500 avance de 0,22% à 7.125 pts, tandis que le Dow Jones prend 0,41% à 49.645 pts. Le Nasdaq gagne 0,35% à 24.489 pts.
Les investisseurs continuent à surveiller comme le lait sur le feu la situation en Iran après que Donald Trump a indiqué qu'il était peu probable qu'il prolonge le cessez-le-feu de deux semaines dans une guerre qui a bouleversé les marchés pétroliers mondiaux. Téhéran n'a pas encore confirmé sa participation aux pourparlers à Islamabad, et Trump a encore menacé de frapper les infrastructures énergétiques de la République islamique en cas d'échec de la diplomatie.
Donald Trump a déclaré sur 'CNBC' ce mardi qu'il se souviendrait avec gratitude des entreprises américaines qui ne réclameraient pas le remboursement des droits de douane qu'il a imposés unilatéralement et que la Cour suprême a jugés illégaux. Cette déclaration du président américain intervient au lendemain de l'ouverture par les services des douanes et de la protection des frontières des États-Unis d'un portail permettant aux importateurs de demander le remboursement potentiel de plus de 160 milliards de dollars de droits de douane liés à la loi IEEPA. Dans un autre registre, le dirigeant a indiqué qu'il n'appréciait pas la perspective d'une fusion entre American Airlines et United Airlines. " Les fusions ne me dérangent pas ", a déclaré Trump tout en ajoutant que les deux compagnies aériennes se portent bien.
Donald Trump a également indiqué qu'il pensait que les États-Unis allaient " conclure un excellent accord " avec l'Iran pour mettre fin à la guerre qui dure depuis des semaines, tout en précisant qu'il ne s'attendait pas à prolonger le cessez-le-feu qui expire mercredi. "Je pense qu'ils n'ont pas le choix... Nous avons neutralisé leur marine, leur armée de l'air et leurs dirigeants".
Lors de ce qui pourrait être l'audition de confirmation la plus houleuse pour un candidat à la présidence de la Réserve fédérale depuis des décennies, Kevin Warsh doit comparaître mardi devant le panel du Sénat. Les investisseurs seront attentifs à la vigueur avec laquelle il plaidera en faveur de baisses de taux d'intérêt à court terme, face aux risques d'inflation liés à la hausse des prix du pétrole. Dans un discours préparé et publié lundi, K.Warsh a déclaré être " déterminé à garantir la stricte indépendance de la politique monétaire " et que " cette indépendance se mérite - et permet de prendre de meilleures décisions - en évitant les distractions ". "Les questions-réponses ont le potentiel de faire bouger le marché s'il donne des indications sur ses dernières réflexions sur l'économie et les paramètres politiques à la lumière du récent choc des prix de l'énergie", estime Lee Hardman, stratège en devises de MUFG.
Sur le front économique, les ventes au détail de mars ont agréablement surpris en mars. Ce chiffre, plus élevé que prévu, est un signal positif indiquant que les Américains continuent de dépenser malgré l'impact des prix de l'essence sur leur budget dans tout le pays. Dans l'immobilier, les promesses de ventes de logements pour le même mois sot également ressorties supérieures aux attentes.
Dans l'actualité entreprises, Apple a annoncé hier soir le prochain départ de Tim Cook de la direction générale de la firme à la pomme, Amazon a dévoilé un nouvel investissement massif dans Anthropic alors que la saison des trimestriels monte en puissance ce mardi.
Les cours du brut repartent à la hausse après le net rebond de lundi. Le baril de brut WTI (contrat mai) gagne 1,6% à 91$, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juin prend 0,3% à 95,7$. L'once d'or fin se replie de 1,3% à 4.759$. Enfin, l'indice dollar prend 0,2% face à un panier de devises. L'indice dollar progresse de 0,1% face à un panier de devises, alors que le Bitcoin pointe à 76.540$ (+2%).
Les valeurs
* Unitedhealth bondit de 10% après avoir relevé sa prévision de bénéfice annuel et dépassé les attentes de Wall Street pour le premier trimestre. Le conglomérat spécialisé dans la santé a maîtrisé ses coûts et reçu de meilleurs paiements de l'administration américaine pour son activité d'assurance maladie.
* Amazon.com (+1,8%) renforce encore ses liens avec Anthropic. Le groupe basé à Seattle va injecter immédiatement 5 milliards de dollars dans la startup dédiée à l'intelligence artificielle, suivis de 20 milliards de dollars supplémentaires à l'avenir, sous réserve de l'atteinte de certains jalons commerciaux. Ces montants s'ajoutent aux 8 milliards de dollars déjà investis par Amazon dans la société.
L'accord a été conclu sur la base d'une valorisation de 350 milliards de dollars, hors nouveaux financements, a indiqué Anthropic. Cela suggère qu'Amazon a négocié des conditions plus avantageuses que d'autres investisseurs récemment. Anthropic avait en effet bouclé une levée de fonds de 30 milliards de dollars en février, valorisant la startup basée à San Francisco à 380 milliards de dollars, et a depuis reçu des offres d'investisseurs pour une valorisation supérieure à 800 Mds$, souligne 'Bloomberg'. " En échange ", Anthropic s'est engagé à dépenser plus de 100 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années dans les technologies cloud du géant de l'e-commerce.
Amazon prévoit environ 200 milliards de dollars de dépenses d'investissement cette année, principalement destinées au développement de l'IA. Amazon mise gros sur les plus importantes startups du secteur. Ce nouvel investissement dans Anthropic, le créateur de Claude, fait suite à l'annonce faite, plus tôt cette année, d'un investissement pouvant atteindre 50 milliards de dollars dans OpenAI, le concepteur de ChatGPT. Pour Amazon, ce partenariat avec Anthropic a déjà permis à son activité cloud de se doter d'un modèle d'IA de pointe et d'un client majeur pour sa gamme de puces Trainium, développée en interne. Anthropic, de son côté, a bénéficié de l'accès au vaste portefeuille de clients entreprises d'Amazon. Plus de 100.000 clients utilisent des modèles Claude sur Amazon Web Services, ont indiqué les deux sociétés. Anthropic, fondée en 2021 par d'anciens employés d'OpenAI, devrait entrer en bourse dès cette année.
* Halliburton (+3,7%) dépasse les attentes de Wall Street au premier trimestre, la demande soutenue en Amérique latine et en Europe ayant permis de compenser un ralentissement de l'activité au Moyen-Orient dû à la guerre en Iran. Le fournisseur américain de services pétroliers a dégagé sur les trois premiers mois de 2026 un bpa ajusté de 55 cents contre 50 cents de consensus pour un chiffre d'affaires en repli de 0,3% à 5,4 milliards de dollars. Les revenus ont bondi de 22% en Amérique latine et de 11% en Europe et en Afrique mais ont diminué de 12,7% au Moyen-Orient. Le conflit en Iran a eu un impact d'environ 2 cents à 3 cents sur le bénéfice par action du premier trimestre, a déclaré Halliburton. Le profit opérationnel ajusté a reculé de 14% à 679 M$.
* Apple (-1,4%). C'était l'information de la soirée hier à Wall Street. Après 15 années à la tête d'Apple, Tim Cook va laisser sa place à John Ternus à la directeur générale de la firme à la pomme. Entré chez Apple en 2001, John Ternus supervisait récemment l'ingénierie matérielle du groupe et a joué un rôle clé dans le redressement des ventes de produits comme les ordinateurs Mac, dont les parts de marché ont progressé ces dernières années. Tim Cook, CEO d'Apple depuis 2011, deviendra président exécutif. Avec la désignation de John Ternus à la tête de l'entreprise, la société californienne privilégie un dirigeant historiquement centré sur le design et les produits, qui devrait travailler dans la continuité de celui qu'il considère comme son mentor.
J.Ternus doit néanmoins tracer une nouvelle voie pour l'une des entreprises les plus emblématiques de la Silicon Valley, à un moment charnière. Bien que la croissance d'Apple reste soutenue, la société peine à rattraper son retard en matière d'intelligence artificielle, une technologie qui promet de transformer l'utilisation des appareils par les consommateurs. "John Ternus possède l'esprit d'un ingénieur, l'âme d'un innovateur et le coeur d'un dirigeant intègre et honorable", a déclaré Tim Cook dans un communiqué. "Visionnaire, ses contributions à Apple en plus de 25 ans sont déjà innombrables, et il est sans aucun doute la personne idéale pour mener Apple vers l'avenir". Un cadre d'Apple de longue date, ayant travaillé sous les ordres de Cook et de Ternus, a déclaré à 'Bloomberg' : "il dirigera l'entreprise avec style et il continuera probablement à mener les opérations comme Tim le faisait". Le prochain DG n'est pas un homme de spectacle à la Steve Jobs, a précisé cette personne. " Ce n'est pas un as du marketing. Mais c'est un expert produit, doté d'un sens politique aigu".
Sous la direction de Tim Cook, l'entreprise a lancé des iPhones plus grands, plusieurs nouveaux iPads et des services comme Apple Music et Apple TV. Le chiffre d'affaires annuel de la firme a presque quadruplé pour atteindre 416 milliards de dollars lors du dernier exercice fiscal, et Apple revendique aujourd'hui une base installée active de plus de 2,5 milliards d'appareils. L'entreprise de Cupertino a néanmoins aussi connu quelques échecs, notamment le casque Vision Pro et une tentative infructueuse de développer une voiture autonome. Elle apparaît également à la traine dans le domaine de l'intelligence artificielle. Enfin, Apple a annoncé que Johny Srouji, jusqu'ici en charge de la conception des puces et capteurs maison, a été nommé directeur du matériel. Les changements seront effectifs le 1er septembre.
* Alaska Air (-0,5%). La compagnie a suspendu ses prévisions de bénéfices pour l'année en cours, citant une forte augmentation des prix du carburant liée au conflit iranien, qui pèse sur ses marges et assombrit ses perspectives. Le transporteur s'attend à ce que sa facture de carburant du 2ème trimestre augmente d'environ 600 millions de dollars, ce qui équivaut à une baisse du bénéfice par action de 3,60 dollars. Il prévoit ainsi une perte par action ajustée de 1$ sur le trimestre, inférieure au déficit de 11 cents attendu en moyenne par les analystes. ALK a affiché une perte ajustée de 1,68$ par action au 1er trimestre, contre un consensus de 1,67$. Son chiffre d'affaires s'est établi à 3,3 milliards de dollars, un montant proche des 3,29 Mds$ prévus par Wall Street.
* Boeing (-1,1%) et Ethiopian Airlines ont annoncé l'acquisition par le transporteur africain de six Boeing 787 Dreamliner, la compagnie aérienne honorant ainsi l'intégralité de sa commande historique de 2023. Ethiopian Airlines utilisera ces 787-9 pour étendre son réseau intercontinental au départ d'Addis-Abeba et accroître sa capacité de fret face à la demande croissante de vols long-courriers.
* 3M recule de 1,3% malgré l'annonce d'une hausse de son bénéfice au titre du premier trimestre, les mesures prises pour maîtriser les coûts, le relèvement de ses prix et le lancement de nouveaux produits ayant permis de compenser les pressions inflationnistes. La société basée à Saint Paul (Minnesota) a confirmé ses prévisions pour l'exercice complet, tablant sur un bénéfice ajusté par action compris entre 8,50$ et 8,70$ et une croissance du chiffre d'affaires total ajusté d'environ 4%. Le consensus était logé à 8,65$. Sur le premier trimestre, le conglomérat a enregistré un bpa ajusté de 2,14$, contre 2$ de consensus, pour des revenus de 6 Mds$, en croissance organique de 1,2%, contre 2% attendu. La marge d'exploitation ajustée a augmenté de 30 points de base par rapport à l'année précédente pour atteindre 23,8%.
"Nous mettons en oeuvre le cadre de création de valeur de 3M afin de bâtir une entreprise plus forte", a déclaré William Brown, PDG du groupe. "Nous restons concentrés sur l'amélioration de l'exécution de nos fondamentaux et la transformation de l'entreprise par la simplification et la standardisation de nos processus et de notre implantation, ainsi que par la restructuration de notre portefeuille".
* GE Aerospace (-4,7%). Le fabricant de moteurs d'avions s'est pourtant dit en bonne voie pour atteindre le haut de sa fourchette de prévision de bénéfice pour 2026, entre 7,10 et 7,40 dollars, après avoir dépassé les attentes de Wall Street au premier trimestre. Le groupe a néanmoins mis en garde contre les goulets d'étranglement liés à la hausse des prix du pétrole, aux contraintes d'approvisionnement en carburant et au ralentissement de la croissance mondiale. Sur les trois premiers mois de l'année, le bénéfice ajusté s'est établi à 1,86$ par action, contre 1,60$ attendus par les analystes. Les ventes ont atteint 11,6 milliards de dollars, en hausse de près de 30%, contre 10,7 Mds$ de consensus. Ces résultats soulignent comment l'entreprise basée à Cincinnati continue de tirer profit de la forte demande en pièces détachées et en services de maintenance dont les compagnies aériennes ont besoin pour assurer le fonctionnement de leurs avions.
* Quest Diagnostics rend 2,6% alors que le groupe a relevé ses prévisions de bénéfices et de chiffre d'affaires pour 2026. La société a également dévoilé des résultats trimestriels supérieurs aux estimations de Wall Street, citant la résistance de la demande pour les tests de diagnostic de routine. La firme basée dans le New Jersey prévoit maintenant un chiffre d'affaires annuel compris entre 11,78 et 11,90 milliards de dollars, contre une fourchette précédente entre 11,70 et 11,82 Mds$, et un consensus logé à 11,75 Mds$. Le bpa ajusté par action est attendu entre 10,63 à 10,83 dollars, contre 10,50 à 10,70$ précédemment, et un consensus de 10,55$. La société a déclaré que le montant moyen gagné sur chaque test a baissé de 1,3 % au cours du trimestre qui s'est terminé le 31 mars.
* RTX (-3%). Le fournisseur de matériel de défense a revu à la hausse ses prévisions de bénéfice et de chiffre d'affaires pour 2026, misant sur le marché des pièces de rechange et la demande croissante pour ses systèmes de missiles et autres armes, dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes. La société s'attend maintenant à un bénéfice ajusté par action pour l'année entière de 6,7 à 6,9 dollars, contre 6,6 à 6,8$ précédemment et 6,84$ de consensus, pour des revenus entre 92,5 et 93,5 milliards de dollars, contre 92 à 93 Mds$ visés jusqu'ici, et 93,7 Mds$ de consensus. Sur les trois premiers mois de l'année, la firme a dégagé un bpa ajusté de 1,78$ contre 1,53$ de consensus, pour un chiffre d'affaires en hausse de 8,7% à 22,08 Mds$. Le FCF a bondi de 61% à 1,31 Md$.
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