Wall Street : la hausse l'emporte après un nouvel indicateur favorable sur l'inflation
Vers une ouverture en légère hausse...
La place américaine devait ouvrir avec un léger biais haussier après une nouvelle donnée rassurante sur le front de l'inflation. La hausse des prix à la production aux États-Unis a en effet ralenti plus que prévu en juillet sur un an, soutenue par une nouvelle baisse des coûts de l'énergie et de l'alimentation. L'indice PPI a ainsi augmenté de 4,7%, après une hausse annuelle de 5,5% en juin. D'un mois sur l'autre, l'indice est resté inchangé.
Ces chiffres, au lendemain de ceux des prix à la consommation, pourraient offrir à la Fed une plus grande marge de manoeuvre pour mettre en balance les pressions inflationnistes et le récent ralentissement du marché de l'emploi. Sur ce front, les inscriptions au chômage ont augmenté plus que prévu, à 209.000, lors de la semaine close le 8 août. Les économistes attendaient en moyenne 202.000 inscriptions.
Les responsables de la Fed prendront connaissance d'autres rapports avant leur réunion du mois prochain, et les investisseurs suivront avec attention les déclarations de Kevin Warsh, lors du symposium annuel de Jackson Hole, plus tard ce mois-ci. Les opérateurs tablent à l'heure actuelle sur une probabilité de 66% pour un statu quo à la rentrée, contre 45% il y a une semaine, montre l'outil 'FedWatch' du CME Group.
Sur le marché pétrolier, les cours poursuivent leur décrue avec un baril de Brent pour livraison octobre qui recule de 2,1% à 87$. Les opérateurs continuent à guetter l'avancée des négociations entre Téhéran et Washington pour mettre fin au conflit et s'inquiètent du fléchissement de la demande mondiale d'or noir et de la hausse des stocks de brut américains.
Les stocks de pétrole ont augmenté de 17,4 millions de barils à 424,4 millions au cours de la semaine close le 7 août, leur plus haut niveau depuis le 5 juin, a indiqué hier l'Agence américaine d'information sur l'énergie. De plus, l'OPEP a revu à la baisse ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2026, les ramenant à 580.000 barils par jour. L'AIE a de son côté déclaré qu'elle s'attendait à une contraction de la consommation de 1,6 million de barils par jour cette année, contre une prévision de 1 million de barils par jour le mois dernier, la demande étant freinée par la hausse des prix et les restrictions d'approvisionnement liées à la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran.
Dans l'actualité entreprises, Cisco Systems et Cerebras Systems sont chahutés malgré de solides résultats. Applied Materials sera sur le pont ce soir. Anthropic fait par ailleurs beaucoup parler.
Les taux des obligations du Trésor se détendent après les chiffres de l'inflation, le rendement à 10 ans reculant de 4,5 pb à 4,657%. Le dollar se replie de 0,15% face à un panier de devises de référence. Le Bitcoin perd environ 0,8%, proche des 66.6400$. Enfin, l'or grimpe recule de 0,3% à 4.393 dollars l'once.
Les valeurs
* Cisco Systems. Malgré des prévisions supérieures aux attentes des analystes, Cisco Systems perdait du terrain post-publication hier à New York. Le géant américain des équipements de réseaux a indiqué anticiper un chiffre d'affaires de 7,5 milliards de dollars lié à l'essor des centres de données pour l'IA au cours de son nouvel exercice, décevant ainsi les investisseurs qui avaient vu le groupe accumuler pour 9,3 Mds$ de commandes liées à l'intelligence artificielle au cours de l'année écoulée. Les ventes liées à l'IA représenteront ainsi environ 10% du chiffre d'affaires total prévu pour l'exercice 2027, compris entre 72,2 et 73,4 milliards de dollars. C'est la première fois que Cisco communique une prévision annuelle de revenus liés à l'IA, mais les analystes s'interrogent sur la cohérence de ce chiffre alors que les commandes liées à l'IA ont atteint 4 milliards de dollars rien que pour le trimestre clos le 25 juillet. "Cela me semble vraiment très prudent", a déclaré David Vogt, analyste chez UBS, cité par 'Bloomberg'.
Cisco fait face à de fortes attentes quant à sa capacité à tirer profit du déploiement mondial de centres de données alimentant les systèmes d'IA. L'entreprise s'est restructurée pour tenter de décrocher davantage de contrats liés à l'essor de l'IA, mais elle se retrouve désormais en concurrence plus directe avec des acteurs tels que Broadcom et Hewlett Packard Enterprise. Le PDG de Cisco, Chuck Robbins, a déclaré lors de la conférence téléphonique que l'entreprise avait généré environ 4 milliards de dollars de chiffre d'affaires lié à l'IA au cours de l'exercice 2026, alors même que le volume des commandes dépassait les 9 Mds$. "Il s'agit de commandes non linéaires, d'une ampleur considérable, généralement passées bien à l'avance", a-t-il expliqué, qualifiant les prévisions de ventes liées à l'IA d'"indicateur fiable et prudent pour l'année". Ces prévisions concernant l'IA ont éclipsé les perspectives de chiffre d'affaires et de bénéfice de Cisco pour le premier trimestre, qui ont pourtant dépassé les estimations des analystes.
* Anthropic va-t-elle éclipser le récent record de SpaceX ? L'entreprise californienne fondée en 2021 par d'anciens membres d'OpenAI pourrait faire ses débuts à Wall Street dès le mois d'octobre avec une valorisation supérieure à 2.000 milliards de dollars ! A ce niveau, Anthropic réaliserait tout simplement la plus importante introduction en bourse de l'histoire. Pour rappel, l'entreprise spatiale d'Elon Musk a atteint une valorisation stratosphérique d'environ 1.770 milliards de dollars pour une levée de fonds avoisinant les 75 milliards de dollars lors de son IPO il y a tout juste deux mois. Selon le 'Financial Times', citant des actionnaires de la société, le chiffre d'affaires annualisé du créateur de Claude pourrait atteindre 100 à 120 milliards de dollars d'ici fin 2026, soit plus de dix fois son niveau du début de l'année. Une demi-douzaine de soutiens de la société ont déclaré au 'FT' que la croissance rapide du chiffre d'affaires d'Anthropic lui permettrait de plus que doubler sa valorisation actuelle.
* Anthropic. L'entreprise américaine d'intelligence artificielle fondée en 2021 par d'anciens membres d'OpenAI serait en pourparlers pour racheter la start-up Decart AI pour environ 6 milliards de dollars, selon des personnes proches du dossier citées par 'Bloomberg'. Decart conçoit des modèles dits "de monde" (world models), visant à simuler le monde physique, ainsi que des logiciels capables de réduire les coûts d'entraînement de l'IA en améliorant l'efficacité des puces. Cette dernière technologie pourrait aider l'infrastructure existante d'Anthropic à absorber une demande accrue, selon une des sources. Anthropic, qui procède rarement à des acquisitions d'envergure, investit massivement dans la puissance de calcul pour développer de nouveaux produits et servir ses clients.
* Cerebras Systems plonge de 18% en pré-séance à Wall Street. Le concurrent de Nvidia et d'AMD dans les puces d'IA, introduit au mois de mai à Wall Street, a fait état de résultats jugés décevants par les analystes au deuxième trimestre avec notamment une marge brute ajustée de 40,6%, contre 46,5% au cours des trois mois précédents, pour un chiffre d'affaires en vive hausse de 74,3% à 180,11 millions de dollars, contre un consensus de 194,23 M$. Basée à Sunnyvale, en Californie, l'entreprise commercialise à la fois du matériel informatique et l'accès à ses puces via une activité cloud, dont le chiffre d'affaires a pratiquement quadruplé pour atteindre 126 M$ par rapport au même trimestre de l'année précédente. En revanche, ses ventes de matériel ont reculé à 54,1 M$, contre 70,3 M$ il y a un an. "Ce fut un trimestre exceptionnel pour Cerebras. Le chiffre d'affaires principal a plus que doublé pour atteindre 210 M$, et notre activité cloud a presque quadruplé en glissement annuel", a déclaré Andrew Feldman, co-fondateur et PDG de Cerebras.
La direction a revu à la hausse sa guidance annuelle : elle prévoit désormais pour 2026 un chiffre d'affaires ajusté compris entre 880 et 890 M$, contre une fourchette précédente de 855 à 865 M$, avec une marge brute ajustée entre 41% et 43%, contre 38% à 41% visés auparavant. Cerebras a précisé ne pas connaître de pénuries d'approvisionnement aussi graves que d'autres concepteurs de puces. La direction prévoit de plus que tripler son chiffre d'affaires en 2027. Sur le trimestre en cours, le management anticipe des revenus d'environ 215 M$. Bien que ce chiffre dépasse l'estimation moyenne de 212 M$, certains analystes tablaient sur plus de 220 M$, selon des données compilées par 'Bloomberg'. Compte tenu des investissements massifs dans les technologies de centres de données, les investisseurs s'attendaient peut-être à ce qu'une plus grande partie de ces fonds se reflète dans le chiffre d'affaires de Cerebras, a déclaré à l'agence Paul Meeks, responsable de la recherche technologique chez Freedom Capital Markets. "Il pourrait y avoir un écart un peu plus important que prévu entre le déploiement des infrastructures et la génération de revenus", a-t-il ajouté.
* IBM gagne du terrain avant-Bourse. Le groupe technologique a annoncé un partenariat avec OpenAI visant à aider les entreprises à déployer l'IA à grande échelle dans leurs opérations métier clés et leurs flux de travail complexes.
* DELL et HP progressent dans le sillage de Lenovo. Le géant chinois a fait état d'un chiffre d'affaires trimestriel en hausse de 43%, à 26,94 milliards de dollars, tandis que le bénéfice ajusté a flambé de 176% sur un an. Lenovo a enregistré une croissance solide des ventes d'ordinateurs portables, de smartphones et de tablettes, malgré les tensions persistantes sur l'approvisionnement en mémoire qui affectent le secteur de l'électronique grand public. Son activité d'infrastructure IA poursuit sa croissance rapide : les revenus de la division ont presque doublé à 9,3 Mds$ et la forte progression des bénéfices a porté la marge opérationnelle à un niveau record de 9,1%.
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