Wall Street : Dow Jones au sommet, Nasdaq en retrait
Dans l'attente d'un accord provisoire avec l'Iran
Wall Street se montre plus incertain depuis hier, suite à son incroyable rebond antérieur alimenté une fois encore par les éternels espoirs d'accord (provisoire) en Iran. Le Dow Jones reste bien orienté en pré-séance ce jour, s'adjugeant 0,3%, alors que le S&P 500 grappille 0,1%. Le Nasdaq 100 régresse en revanche de 0,6%. Les cours du brut sont orientés en légère hausse, le baril WTI s'accordant 1,2% à 76,2$. L'once d'or fin gagne 0,3% à 4.260$.
Le site d'information Axios a rapporté hier que les USA seraient proches d'un deal sur Ormuz. Les États-Unis, l'Iran et Oman seraient ainsi "sur le point de conclure un accord provisoire pour rouvrir le détroit d'Ormuz, Washington espérant pouvoir l'annoncer mercredi", selon deux sources régionales d'Axios et un responsable américain. L'accord, qui serait "en négociation depuis plusieurs semaines" d'après Axios, viserait à rétablir le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran ainsi qu'à relancer les pourparlers sur un accord nucléaire.
Donald Trump avait décidé samedi de ne pas mettre à exécution ses menaces de lancer une campagne de bombardements massifs sur l'Iran, afin, avait-il affirmé, de laisser davantage de temps à la diplomatie - et ce tout en menaçant de donner le feu vert à des frappes majeures si aucun accord n'était rapidement trouvé... L'accord en préparation répondrait d'après Axios à certaines exigences de l'Iran concernant un contrôle accru du trafic dans le détroit d'Ormuz, contrôle qu'il n'exerçait pas avant le conflit.
Selon deux sources régionales du site d'information, l'accord à l'étude prévoit un dispositif temporaire de 60 jours entre Oman et l'Iran dans le détroit d'Ormuz, susceptible d'être prolongé. Tout le trafic entrant dans le détroit et se dirigeant vers le Golfe emprunterait une voie située au nord, dans les eaux iraniennes. Tout le trafic sortant du détroit vers la mer d'Arabie emprunterait une voie située au sud, dans les eaux omanaises, en coordination avec l'Iran. Aucun péage ni frais ne serait facturé durant cette période de 60 jours. Les parties s'emploieraient à déminer la voie médiane du détroit dans un délai de 30 jours.
Une fois la voie médiane déminée, elle serait utilisée pour le trafic entrant et sortant, selon les modalités d'un accord permanent à négocier entre Oman et l'Iran.
L'Iran et Oman seraient parvenus à un compromis sur le tracé d'une voie de navigation dans le détroit d'Ormuz, et un communiqué conjoint serait en cours de finalisation. C'est ce qu'a annoncé mercredi Esmaeil Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, qui a qualifié les négociations de "professionnelles" et "en progrès". "Les deux parties sont parvenues à un compromis sur les paramètres géographiques de la route en discussion", a-t-il précisé, ajoutant que le communiqué conjoint était entré dans "ses dernières phases d'élaboration et de rédaction", à condition qu'aucune tierce partie ne vienne perturber le processus.
Ces derniers jours, plusieurs échanges téléphoniques auraient eu lieu entre l'émissaire de Trump, Steve Witkoff, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghtchi et le ministre omanais des Affaires étrangères Badr al-Busaidi. Deux sources régionales ont indiqué à Axios qu'Araghtchi avait donné son accord de principe au cours du week-end, mais qu'il lui fallait encore obtenir l'aval du Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, et du Conseil suprême de sécurité nationale. Un responsable américain et une source régionale ont fait savoir selon Axios que les dirigeants iraniens avaient finalisé le processus d'approbation hier.
Interrogé sur Fox News hier, Trump a indiqué que "nous saurons dans 48 heures" concernant l'Iran. Le président américain a maintenu que le pays serait "frappé fort" si les discussions échouaient et que le détroit restait fermé. Il a aussi évoqué de "très bonnes discussions" toute la journée avec l'Iran.
Sur le front économique aux USA, les créations de postes aux États-Unis dans le privé pour le mois de juillet 2026 se sont établies au nombre de 44.000 seulement selon le rapport d'ADP ce jour, contre un consensus FactSet de 75.000 et après une lecture révisée à 95.000 en juin. Le rythme des embauches a été irrégulier selon les secteurs le mois dernier, mais l'évolution des salaires a envoyé un signal clair : la croissance annuelle des rémunérations pour les personnes changeant d'emploi a atteint son niveau le plus élevé depuis près d'un an.
Les annonces de licenciements en juillet chutent à 33.429 et les intentions d'embauche repartent à la hausse. L'IA reste le principal moteur pour le cinquième mois consécutif, selon Challenger. Les employeurs basés aux États-Unis ont donc annoncé 33.429 suppressions de postes en juillet, soit une baisse de 27% par rapport aux 45.849 suppressions annoncées en juin. Cela représente une diminution de 46% par rapport aux 62.075 projets de licenciement annoncés au cours du même mois l'année dernière et constitue le total mensuel le plus bas depuis deux ans, selon le rapport publié ce jeudi par le cabinet international Challenger, Gray & Christmas, spécialisé dans le reclassement professionnel et le coaching de dirigeants.
Les inscriptions au chômage ont peu évolué la semaine passée aux Etats-Unis. Le Département américain au Travail vient en effet d'annoncer, pour la semaine close au 1er août, que les inscriptions au chômage se sont élevées à 199.000, en hausse de 1.000 par rapport au niveau de la semaine antérieure. Le consensus était positionné à 203.000.
Les chiffres préliminaires de la productivité non-agricole du 2e trimestre publiés aujourd'hui ont fait ressortir un rythme de hausse de 1,4%, contre 0,7% de consensus. Les coûts unitaires du travail ont augmenté de 1,3% contre 2,7% de consensus FactSet.
Le rapport gouvernemental sur la situation de l'emploi américain tiendra la vedette demain.
Les valeurs
SpaceX, sanctionné durement hier pour son niveau jugé trop élevé de capex, et malgré des comptes trimestriels bien meilleurs que prévu, fait face ce jour à une levée majeure des contraintes de cessions des insiders (lock-up). Jusqu'à 911,5 millions de titres SpaceX sont ainsi débloqués aujourd'hui - plus de 140% du flottant public actuel -, augmentant le risque de volatilité à court terme. L'action a chuté de 12% après les résultats, malgré un dépassement des attentes sur les revenus et une perte beaucoup moins lourde que prévu. D'autres déverrouillages de titres d'insiders suivront le 12 août et 20 jours plus tard, avec plus de 4 milliards d'actions devenant négociables d'ici la fin de l'année.
Sandisk, spécialiste de la conception et de la commercialisation de mémoires flash, retombe avant bourse à Wall Street. Pour le trimestre clos, T4 fiscal 2026, le groupe a pourtant réalisé un bénéfice ajusté par action de 39,25$, largement au-dessus des attentes et en augmentation de 68% en séquentiel, pour des revenus de 8,97 milliards de dollars également bien meilleurs que prévu, en croissance de 51% séquentiellement et... de 372% en comparaison de l'an dernier ! Le bénéfice net trimestriel a été de 6,9 milliards de dollars. Les opérateurs s'inquiètent toutefois des perspectives, alors que le groupe envisage des revenus allant de 10,3 à 10,8 milliards de dollars sur son 1er trimestre fiscal 2027, inférieurs au consensus en milieu de fourchette, pour un bpa ajusté de 44 à 46$ lui aussi moins élevé que prévu. La marge brute ajustée sur la période est attendue entre 83 et 85%.
Western Digital, le concepteur américain de disques durs, décroche à Wall Street, alors que le groupe a publié pourtant un très solide 4e trimestre fiscal, marqué par des revenus en croissance de 44% à 3,75 milliards de dollars et un bénéfice ajusté par action de 3,56$, bien plus élevé que prévu et plus que doublé en glissement annuel. La marge brute a grimpé à 54,4% sur une base ajustée. Le free cash flow a atteint 1,28 milliard de dollars et le cash flow des opérations 1,39 milliard. Pour son premier trimestre fiscal 2027, le groupe prévoit un bénéfice dilué ajusté par action de 4$, plus ou moins 15 cents, au-dessus des anticipations de brokers, et des revenus de 4,1 milliards de dollars, plus ou moins 100 millions de dollars, en ligne avec les attentes - mais sans plus. La guidance traduirait une croissance de 42 à 49% en comparaison de l'an dernier. La marge brute est attendue entre 55 et 56%.
AppLovin, spécialiste du développement de logiciels de marketing mobile et de monétisation destinés notamment aux annonceurs et aux détenteurs d'espaces publicitaires numériques, dévisse de 17% avant bourse à Wall Street, sur des revenus trimestriels inférieurs aux attentes et des perspectives prudentes. Pour son 2e trimestre, le groupe californien de Palo Alto a réalisé des revenus en croissance de 53% à 1,92 milliard de dollars, pour un bénéfice net en augmentation de 55% à 1,27 milliard et un Ebitda ajusté en progression de 58% à 1,61 milliard. Sur le T3 fiscal, les revenus sont attendus entre 2,055 et 2,085 milliards, pour un Ebitda ajusté de 1,71 à 1,74 milliard représentant une marge de 83%.
McKesson, le géant américain de la distribution pharmaceutique et médicale, a annoncé hier soir pour le premier trimestre de son exercice 2027 un chiffre d'affaires en hausse de 8% à 105,4 milliards de dollars et un bénéfice par action ajusté en progression de 20% à 9,93 dollars. Le bénéfice ajusté a grimpé de 14% à 1,18 milliard de dollars. La société a relevé ses estimations de bpa ajusté pour l'ensemble de l'exercice, dans une fourchette de 44,20 à 45,00$, avec la bonne performance de plusieurs segments et malgré certaines pressions à court terme.
DoorDash, la plateforme américaine destinée à mettre les utilisateurs en relation avec des restaurants et prestataires de services, a affiché au 2e trimestre fiscal clos fin juin des revenus solides de 4,45 milliards de dollars en hausse de 36% sur un an. Les commandes totales ont progressé de 27% à 970 millions. La valeur brute des commandes a augmenté de 36% à 33,1 milliards. Toutefois, l'entreprise n'a pas atteint les attentes en matière de bénéfices. DoorDash a déclaré un bénéfice par action ajusté de 0,46$ pour le deuxième trimestre, inférieur de 4 cents au consensus. L'Ebitda ajusté a progressé pourtant de 40% à 914 millions. Pour le troisième trimestre, DoorDash prévoit une valeur brute des commandes sur la plateforme comprise entre 33 et 34 milliards de dollars, ainsi qu'un Ebitda ajusté situé entre 950 millions et 1,1 milliard de dollars.
Honeywell Aerospace, l'un des leaders de l'aérospatiale et de la défense, plonge avant bourse à Wall Street ce jeudi. Le groupe a revu à la baisse ses prévisions de croissance du chiffre d'affaires pour 2026 et a publié des perspectives de bénéfices inférieures aux attentes, les contraintes persistantes de la chaîne d'approvisionnement ayant limité sa capacité à répondre à la forte demande dans l'après-vente. Le fabricant de moteurs d'avion, pièces et systèmes de défense envisage désormais une croissance organique de 4 à 5% de l'activité annuelle, alors qu'il tablait auparavant sur une hausse de 7 à 9%. Il prévoit un bénéfice par action ajusté annuel compris entre 7,60 et 7,90$, contre environ 8,9$ de consensus.
Warner Bros. Discovery a publié un chiffre d'affaires inférieur aux attentes sur le deuxième trimestre, à 8,72 milliards de dollars. Les revenus des studios ont chuté de 39%, les sorties telles que 'Mortal Kombat II' et 'Supergirl' n'ayant pas réussi à réitérer le succès, l'an dernier, des blockbusters 'A Minecraft Movie' ou 'Sinners'. Warner concentre désormais ses espoirs sur d'autres sorties attendues d'ici la fin de l'année, comme 'Dune, Part Three' ou 'Digger'. L'absence de diffusion des matchs de la NBA cette année (après la perte des droits cette saison) a également pesé. Ce phénomène, se conjuguant à la baisse d'audience de la télévision linéaire, a entraîné une baisse de 22% des revenus publicitaires sur un an. Seule satisfaction, la division streaming voit son chiffre d'affaires progresser de 10% sur un an. C'est cette dernière activité qui est au coeur de la fusion (à 110 milliards de dollars) que Warner Bros tente de mener à son terme avec Paramount Skydance. Le rapprochement entre les plateformes HBOMax et Paramount+ est censé donné naissance à un géant susceptible de rivaliser avec les grands noms du secteur tels Netflix ou Disney.
eBay a enregistré un chiffre d'affaires au 2e trimestre en hausse de 15% à 3,1 milliards de dollars, supérieur aux attentes du marché à 2,9 milliards de dollars, pour un volume d'affaires brut de 22,4 milliards d'euros, également en progression de 15%. L'ensemble des revenus publicitaires ont généré un chiffre d'affaires de 596 millions de dollars, soit 2,7% du volume brut de marchandises (GMV). Les produits publicitaires en propre sur la plateforme eBay ont ramené 570 millions de dollars de revenus au deuxième trimestre 2026, en hausse de 25% en données publiées et de 24% à taux de change constant. Le résultat net selon les normes GAAP provenant des activités poursuivies s'est élevé à 552 millions de dollars, soit 1,21 dollar par action diluée, au-delà des attentes.
Expedia a créé la bonne surprise hier soir en publiant des résultats trimestriels meilleurs qu'attendu, tant en termes de chiffre d'affaires que de bénéfice. Le voyagiste américain rapporte un chiffre d'affaires de 4,32 milliards de dollars pour un bénéfice ajusté par action de 5,76$, dépassant le consensus des analystes de 5,16$ par une marge de 0,60$. Le nombre de nuitées réservées a progressé de 6% par rapport au 2e trimestre 2025, à 111,5 millions, pour un montant de réservations brutes de 33,92 milliards de dollars, en hausse de 12%. Les réservations de vols se sont en revanche contractées de 5% en comparaison à la même période l'année dernière. Expedia relève ses prévisions de chiffre d'affaires pour l'exercice 2026 à 16,05-16,22 milliards de dollars.
ConocoPhillips a dépassé les attentes de Wall Street, ce jeudi, en dévoilant un bénéfice net ajusté par action supérieur aux attentes, à 3,24 dollars contre 2,88 dollars attendus par le consensus établi par LSEG. Le bénéfice trimestriel ressort lui à 3,9 milliards de dollars, contre 2 milliards l'an dernier. Le plus grand producteur indépendant de gaz et de pétrole aux Etats-Unis a évidemment bénéficié de la fermeté des prix du pétrole. Le prix moyen du baril de brent s'est établi, sur la période avril-mai-juin, à 93,58 dollars (+32% sur un an), sous l'effet du conflit au Moyen-Orient.
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