Wall Street débute la semaine en ordre dispersé
Le Nasdaq plombé par SpaceX
New York a terminé ce soir sans direction claire, tiraillée entre les progrès du dossier iranien et de nouvelles inquiétudes pesant sur la tech, qu'illustre un nouveau décrochage de SpaceX. Le S&P 500 finit en retrait de 0,37% à 7472,79 points, le Nasdaq décroche de 1,32% à 26.166,60 points tandis que le Dow Jones grapille 0,29% à 51.712,71 points.
Sur le front de la géopolitique, les pourparlers entre Téhéran et Washington, dimanche, ont finalement réalisé des progrès encourageants en Suisse, en dépit d'un toile de fond toujours tendue concernant la situation au Liban et des menaces répétées du président des Etats-Unis.
Le vice-président américain JD Vance et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi figuraient parmi les participants aux pourparlers de Bürgenstock. Les deux parties se sont accordées sur une feuille de route pour trouver un accord 'définitif' dans les 60 jours afin de mettre fin à la guerre, et ont également convenu de la mise en place d'une cellule de gestion des conflits dédiée au dossier libanais, où les bombardements se sont poursuivis ce week-end malgré le cessez-le-feu.
Concernant Ormuz, dont l'Iran a annoncé à nouveau sa fermeture samedi suite aux attaques d'Israël au Liban, les délégations ont décidé d'une 'ligne de communication' afin de sécuriser le transit des navires commerciaux dans le détroit, ont précisé dans un communiqué les médiations pakistanaise et qatarie.
Bien que fragile, ce contexte relativement positif a fait redescendre les prix du baril, le Brent de la Mer du Nord perdant encore 2,77% pour évoluer autour des 78$, et le WTI américain corrigeant de plus de 3%, proche des 73,5$.
Du côté des publications économique cette semaine, les indices flash des PMI de juin et l'indice manufacturier de la Fed de Richmond sont attendus mardi après-midi. Concernant le PMI manufacturier, le consensus attend 54,6, et 51 pour celui des services.
La balance des comptes courants et les chiffres des ventes de logements neufs seront connus demain. Les commandes de biens durables, le PIB final du premier trimestre, les inscriptions au chômage, ainsi que les revenus et dépenses des ménages, seront dévoilés jeudi. Enfin, les opérateurs suivront vendredi la balance commerciale et l'indice du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan.
A l'agenda des résultats d'entreprises à Wall Street, FedEx, Cerebras et Carnival annoncent demain leurs derniers comptes, tandis que Micron, Paychex et Jefferies publient mercredi. BlackBerry, McCormick, FedEx et Darden Restaurants, dévoilent leurs chiffres jeudi.
Les valeurs
Encore une douche froide pour SpaceX, qui perd 16,43% ce lundi après avoir annoncé une émission d'obligation senior non garanties et révélé par ailleurs détenir environ 100,8 milliards de dollars en trésorerie et équivalents de trésorerie au 19 juin. Le groupe a levé près de 86 milliards à l'occasion de son IPO record sur une valorisation alors située à près de 1.800 milliards de dollars, 135$ par titre. Le dossier a fait ses débuts sur le Nasdaq le 12 juin. L'offre de dette atteindrait quant à elle 20 milliards de dollars, signalant la gourmandise en cash du groupe de Musk...
Plusieurs dates d'expiration de périodes de blocage approchent par ailleurs sur le dossier, ce qui pourrait accroître encore davantage la pression, les initiés n'étant plus soumis à des restrictions quant à la vente de leurs titres. Plus de 40% des actions pourraient être débloquées d'ici septembre.
Séance bien décevante aussi pour Alphabet, qui abandonne près de 5%, sans information évidente toutefois sur le nouveau pari technologique de Berkshire Hathaway. Amazon est également durement traitée, rendant 4,75%. Il se pourrait donc que les marchés commencent à se soucier des dépenses d'investissement très élevées des hyperscalers dans l'IA. Meta (-2,32%) avait déjà souffert de telles préoccupations, mais son cas restait isolé pour l'heure parmi les grandes capitalisations de la 'tech' américaine.
Plus tôt ce mois, la maison mère de Google avait annoncé son intention de lever 80 milliards de dollars pour financer le déploiement massif de son infrastructure d'IA. Une émission d'actions utilisée pour ses besoins généraux, notamment les investissements nécessaires au développement de son infrastructure d'IA et de sa puissance de calcul mondiale. Une partie significative du plan consiste à vendre pour 10 milliards de dollars d'actions à Berkshire, firme précédemment dirigée par Warren Buffett et désormais menée par Greg Abel - montant comprenant 5 milliards de dollars d'actions de classe A à 351,81$ pièce et 5 milliards de dollars d'actions de classe C à 348,2$.
Ca passe crème en revanche pour Micron avant ses résultats attendus mercredi, qui bondit de 6,82%. Le géant des puces mémoire, qui profite de la pénurie actuelle liée au boom de l'IA, publiera ses comptes trimestriels après la clôture de Wall Street - attendus comme un véritable test de la filière pour les marchés. Le consensus est de 20$ de BPA ajusté pour 35 milliards de dollars de revenus. Lors de sa publication du mois de mars, le groupe disait tabler, pour ce 3e trimestre fiscal 2026, sur des revenus de 33,5 milliards de dollars, plus ou moins 750 millions, une marge brute de 81% environ et un bénéfice par action ajusté de 19,15$, plus ou moins 40 cents. Le dossier capitalise désormais plus de 1.300 milliards de dollars, l'action Micron a encore gagné près de 325% depuis le 1er janvier.
Tesla termine à +1,14%. Selon Reuters, Jefferies vient de relever son objectif sur le titre de de 350 à 375$, tout en craignant néanmoins que la valeur ne devienne une action suiveuse de SpaceX compte tenu des rumeurs de fusion.
En dehors du compartiment de la tech, AbbVie s'est arrogé 6,25%, ayant annoncé son intention d'acquérir la société de biotechnologie Apogee Therapeutics pour 10,9 milliards de dollars en numéraire, 135,11$ par action. Le deal permet à AbbVie d'accéder au principal candidat-médicament d'Apogee, le zumilokibart, un traitement expérimental ciblant diverses maladies inflammatoires, notamment la dermatite atopique modérée à sévère et l'asthme.
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