Wall Street dans le vert, avec la détente obligataire et le secteur pharmaceutique
Alors que Moderna et Merck s'envolent
Wall Street remonte ce mercredi, alors que les rendements obligataires semblent se détendre. Le rendement de l'obligation du Trésor à 30 ans revient à 5,18% après avoir inscrit des sommets de 19 ans. Le rendement du 10 ans se tasse à 4,64%. Le Nasdaq grappille 0,24% à 26.351 pts, tandis que le S&P 500 grimpe de 0,49% à 7.730 pts et que le Dow Jones avance de 0,59% à 53.661 pts. Alors que les détaillants TJX, Lowe's ou Target ont publié des comptes contrastés, Merck et Moderna relancent quant à eux le compartiment pharmaceutique suite aux résultats positifs d'un essai de phase 3 de vaccin contre le mélanome.
Les actions américaines profitent aussi évidemment de l'annonce par le département du Trésor américain d'une augmentation des rachats de dette publique à long terme, entraînant un net recul des rendements. Les prix des obligations, qui évoluent en sens inverse des rendements, ont progressé ainsi après que le Trésor américain a annoncé qu'il allait "au moins doubler" le volume de ses rachats de dette publique à long terme pour les titres des échéances allant de 10 à 30 ans.
Hier, la nouvelle poussée des rendements sur les bons du Trésor US avait fait corriger lourdement Wall Street, le Nasdaq abandonnant plus de 1,3%. Le rendement sur le 10 ans avait atteint un sommet depuis janvier 2025, tandis que le '30 ans' s'affichait au plus haut niveau depuis 2007, les investisseurs s'inquiétant d'une inflation potentiellement persistante. L'émission massive de dettes d'entreprises exerce également une pression sur les obligations à travers le monde... Les centaines de milliards de dollars que les géants de la 'tech' cherchent à lever cette année pour financer leurs ambitions dans l'IA alimentent ces craintes. Ces levées de fonds risquent de détourner la demande au détriment de la dette publique, aggravant ainsi les inquiétudes budgétaires, estime Bloomberg. Depuis le début de l'année 2026, Alphabet se classe juste derrière Amazon parmi les grandes entreprises américaines ayant recours aux marchés obligataires mondiaux, toutes devises confondues, rappelle l'agence.
Le dossier Ormuz est par ailleurs dans l'impasse diplomatique, les États-Unis et l'Iran ayant stoppé leurs négociations, selon le président américain qui avait menacé avant-hier de bombarder Oman si le pays se mettait en travers de sa route concernant le détroit d'Ormuz. Les opérateurs avaient pourtant été rassurés la semaine dernière par des chiffres de l'inflation plutôt réconfortants, laissant un peu plus de marge de manoeuvre à la Fed, ce qui avait porté les indices boursiers vers les sommets.
Trump s'est fendu hier d'un nouveau message sur son réseau Truth Social, à propos du conflit au Moyen-Orient : "Aucune discussion ou conversation n'est en cours ni prévue avec la République islamique d'Iran. Le blocus naval reste pleinement en vigueur. Le détroit d'Ormuz est ouvert et opérationnel. Toutes les mines marines ont été retirées ou neutralisées".
Le baril de brut WTI évolue vers les 85$ ce mercredi, en hausse de 0,9%. L'once d'or fin s'échange 4.488$ (+3,5%). Les navires empruntant le détroit restent exposés à des risques d'attaques, alors que les négociations visant à résoudre le conflit en cours entre les États-Unis et l'Iran restent dans l'impasse.
La probabilité d'un relèvement des taux de la Fed le 16 septembre à l'issue de la prochaine réunion monétaire se situe désormais à 33% contre 67% de 'proba' d'un statu quo laissant les taux entre 3,50 et 3,75%, selon l'outil CME FedWatch. Le même outil montre une probabilité dominante de 45% environ que les taux terminent l'année entre 3,75 et 4%, ce qui représenterait une hausse d'un quart de point.
Dans les prochains jours, les marchés se tourneront vers les résultats du secteur de la distribution. Home Depot publiait hier des comptes de bonne facture. Nordson, Estée Lauder, Viking Holdings, Target, Lowe's, TJX ou Analog Devices annoncent ce mercredi. Walmart, Alibaba, Deere et Ross Stores seront de la partie demain. BJ's Wholesale annoncera enfin vendredi.
Dans l'actualité économique, l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois d'août 2026, publié ce jour, s'est affiché à +2,2%, au même niveau qu'au mois antérieur. L'enquête de la Réserve fédérale d'Atlanta sur les anticipations d'inflation des entreprises fournit une mesure mensuelle des anticipations d'inflation à un an et de l'incertitude en matière d'inflation, du point de vue des entreprises.
Les réserves de brut aux États-Unis ont progressé davantage que prévu la semaine passée. D'après le Département américain à l'Energie, les stocks domestiques de brut, hors réserve stratégique, ont encore augmenté de 4,4 millions de barils sur la semaine close le 14 août, à 428,8 millions de barils. Les stocks d'essence ont crû de 0,7 million de barils, tandis que les stocks de produits distillés ont diminué de 1,5 million de barils.
Les Minutes de la dernière réunion FOMC de la Fed (20 heures) seront connues ce soir.
Les inscriptions au chômage, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie et l'indice des indicateurs avancés du Conference Board seront au programme demain, alors que le PMI composite flash sera révélé vendredi.
Sur le front commercial, Trump a suspendu pour trois jours les droits de douane de 50% portant sur les produits en provenance du Canada, et qui devaient entrer en vigueur ce jour. Le président américain a indiqué que les deux pays étaient parvenus à un accord. L'administration Trump avait menacé en juillet d'imposer des droits de douane de 50% sur une gamme de produits canadiens, notamment le vin, les meubles, les cannes à pêche et les crosses de hockey...
Les valeurs
Moderna bondit de 137% à Wall Street ! Devenu célèbre grâce à son vaccin contre la Covid-19 pendant la pandémie, le groupe américain s'envole à Wall Street, alors que Merck gagne 10,4%. Son vaccin à ARNm, associé à l'immunothérapie Keytruda de Merck, a donné de bons résultats lors d'un essai clinique de phase avancée sur le cancer de la peau, ont annoncé les deux entreprises. L'étude est toujours en cours, mais les résultats intermédiaires ont montré que le traitement, baptisé 'Intismeran', avait atteint à la fois son objectif principal, à savoir réduire la récidive du cancer, et son objectif secondaire, qui consiste à empêcher le cancer de se propager à d'autres parties du corps.
Ce traitement anticancéreux associe le Keytruda de Merck à un vaccin à ARNm sur mesure de Moderna, élaboré à partir d'une analyse des mutations détectées dans les tumeurs des patients eux-mêmes. L'essai a recruté 1.137 patients à haut risque atteints d'un mélanome de stade IIB à IV ayant fait l'objet d'une ablation chirurgicale. Les participants ont été répartis de manière aléatoire pour recevoir jusqu'à neuf doses de Keytruda associées au vaccin personnalisé, ou le Keytruda seul, pendant environ un an. Les entreprises ont indiqué qu'aucun nouveau signal de sécurité n'était apparu au cours de l'essai.
Les analystes avaient souligné que les données relatives au vaccin contre le cancer pourraient constituer un catalyseur important pour l'entreprise et potentiellement renforcer la confiance des investisseurs. Le mois dernier, Barclays a déclaré s'attendre à ce que ce traitement génère environ trois milliards de dollars pour le traitement du mélanome d'ici 2035. Le mélanome est la forme la plus mortelle de cancer de la peau. En 2023, plus de 1,5 million de personnes vivaient avec un mélanome aux États-Unis, selon l'Institut national du cancer.
Les entreprises discuteront d'une demande d'homologation auprès des autorités réglementaires et présenteront les données lors d'un prochain congrès médical, selon un communiqué. Dans une interview accordée à 'Bloomberg', le DG de Moderna, Stéphane Bancel, a déclaré que le produit pourrait être approuvé dès 2027, en fonction de l'issue de l'examen réglementaire. "C'est une étape extraordinaire pour la science de l'ARNm", a indiqué le dirigeant. Merck et Moderna testent également ce vaccin sur d'autres types de cancers, notamment le cancer du poumon, mais les études sur le mélanome sont les plus avancées.
Keysight (-6,3%). Le fournisseur américain d'équipements et logiciels de test et mesure électronique a publié pour son 3e trimestre fiscal clos fin juillet 2026 un chiffre d'affaires de 1,85 milliard de dollars (+36%), contre 1,35 milliard de dollars au troisième trimestre 2025 et 1,75 milliard de consensus. Le résultat net selon les normes GAAP s'est établi à 397 millions de dollars contre 191 millions un an avant. Le résultat net ajusté s'est élevé à 531 millions de dollars, soit 3,07$ par action, contre 297 millions de dollars au T3 2025. Le bpa ajusté dépassé très nettement les attentes. Les flux de trésorerie liés aux activités opérationnelles ont atteint 437 millions de dollars contre 322 millions l'année précédente.
Le chiffre d'affaires de Keysight pour le quatrième trimestre de l'exercice 2026 devrait se situer dans une fourchette de 1,930 milliard à 1,950 milliard de dollars, estime le groupe. La valeur médiane de cette fourchette représente une croissance d'environ 37% sur un an. Le bénéfice ajusté par action est attendu entre 3,34 et 3,40$ sur le T4.
Toll Brothers (+7,3%), le promoteur immobilier américain, a publié au titre de son 3e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 2,97$, contre 2,9$ de consensus et 3,73$ un an plus tôt. Les revenus ont atteint 2,66 milliards de dollars, au-dessus du consensus, contre 2,95 milliards un an plus tôt. Le résultat net est ressorti à 280,1 millions de dollars. Le résultat avant impôts s'est établi à 374,8 millions de dollars, contre 499,5 millions de dollars au troisième trimestre de l'exercice 2025. Le chiffre d'affaires issu de la vente de logements s'est élevé à 2,65 milliards de dollars, contre 2,88 milliards de dollars au T3 2025. Le nombre de logements livrés a atteint 2.662, contre 2.959 au troisième trimestre de l'exercice 2025.
La valeur nette des contrats signés s'est élevée à 2,52 milliards de dollars, contre 2,41 milliards un an avant. Le nombre de logements sous contrat a atteint 2.508. La valeur du carnet de commandes s'élevait à 6,24 milliards de dollars à la fin du troisième trimestre fiscal 2026, contre 6,38 milliards de dollars un an auparavant. Le nombre de logements en carnet de commandes était de 5.312 contre 5.492... Pour l'exercice 2026, le groupe vise des livraisons de 10.500 à 10.600 unités, un prix moyen par logement livré de 995.000$ à 1 M$, ainsi qu'une marge brute ajustée sur la vente de logements de 26,1% (26% au 4e trimestre).
SK Hynix (+3,1%), entré en bourse le 10 juillet sur le Nasdaq, a annoncé ce mercredi son intention de racheter l'équivalent de 29 milliards de dollars de ses propres actions. Soit l'équivalent de près de 3,8% de son capital. Il s'agit tout simplement du plus gros programme de rachat d'actions jamais annoncé par une société cotée à Séoul ! L'entreprise cherche à ménager ses actionnaires, après une forte baisse du titre ces dernières semaines, liée aux interrogations sur l'envolée des dépenses dans l'intelligence artificielle... La société prévoit par ailleurs de renforcer le retour aux actionnaires, qui représenterait plus de 50% du cash flow libre cumulé sur la période de trois ans allant de 2025 à 2027, précisant même qu'elle pourrait considérer une exécution anticipée avant l'expiration du programme si la génération de trésorerie augmentait significativement. Le géant des puces mémoire a indiqué enfin qu'il continuerait à "envisager d'autres rachats / annulations d'actions et dividendes", en tenant compte de la trésorerie, des conditions de marché et des bénéfices distribuables.
Lowe's (+4,2%), le géant américain de la distribution de détail de produits de rénovation résidentielle, rival de Home Depot, évoque une pression sur les dépenses des consommateurs dans le secteur du bricolage. Le groupe révise ses prévisions à la baisse, se positionnant désormais dans le bas de la fourchette précédemment annoncée. L'entreprise table sur un chiffre d'affaires total de 92 milliards de dollars pour 2026, contre une fourchette initiale de 92 à 94 milliards de dollars. Les ventes à périmètre comparable devraient rester stables par rapport à l'année dernière. Lowe's anticipe un bénéfice par action dilué ajusté d'environ 12,25$, également dans le bas de la fourchette antérieure.
Au deuxième trimestre fiscal, le chiffre d'affaires de Lowe's s'est élevé à 26 milliards de dollars, légèrement inférieur aux 26,1 milliards attendus par le marché, mais en progression par rapport aux 24 milliards de l'an dernier. Le bénéfice par action ajusté, comprenant un gain de 11 cents lié à des remboursements de droits de douane (au titre de l'IEEPA), a atteint 4,27$, dépassant le consensus. Le bénéfice net a été de 2,4 milliards de dollars.
Target (+5,1%), le détaillant discount américain, a publié des comptes du 2e trimestre au-dessus des attentes et de relever ses prévisions financières. Les revenus trimestriels se sont appréciés de 5,3% à 26,5 milliards de dollars, pour une marge brute de 33,7% en très forte expansion et un bénéfice dilué par action de 4,11$, plus du double de l'an dernier, avec un bénéfice avant imposition de 994 millions de dollars correspondant aux remboursements de droits de douane dans le cadre de l'IEEPA. Les ventes à comparable ont progressé de 3,8%. Le trafic à comparable a augmenté de 3,6%.
Pour l'ensemble de l'exercice, Target prévoit désormais une croissance de son chiffre d'affaires d'environ 5%, soit une amélioration d'un point par rapport à ses prévisions antérieures. L'entreprise a établi une nouvelle fourchette de prévision du bénéfice par action annuel comprise entre 9,90 et 10,90$, incluant l'impact positif de 1,65$ lié au remboursement de droits de douane. En excluant ce remboursement, le point médian de la nouvelle fourchette reflète une hausse de 0,75$ par rapport à la guidance antérieure.
TJX (-1,5%), le groupe américain de distribution aux chaînes TJ Maxx ou Marshalls, a annoncé ce mercredi pour son 2e trimestre fiscal 2027, clos début août 2026, un bénéfice de 1,52 milliard de dollars, ainsi qu'un bénéfice ajusté par action de 1,22$ (+11%) dépassant le consensus de Wall Street. Les revenus trimestriels ont totalisé 15,18 milliards de dollars (+5%), également supérieurs aux attentes de marché. Les ventes à comparable ont augmenté de 4%, au-dessus des anticipations du groupe.
Sur le trimestre entamé, T3 fiscal 2027, le groupe anticipe un bénéfice ajusté par action allant de 1,30 à 1,32$, pour des revenus en hausse de 2-3% à comparable. Le bpa annuel est attendu désormais entre 5,15 et 5,20$, pour une croissance à comparable de 3-4% de l'activité et une marge bénéficiaire avant imposition de 12,3 à 12,4%. TJX relève ainsi ses prévisions de marge bénéficiaire avant impôts et de bénéfice dilué par action pour l'exercice 2027. TJX prévoit de porter le rythme d'ouverture de magasins à 4% à partir de l'exercice 2028 et relève à 7.500 l'objectif mondial de magasins à long terme.
Estée Lauder (+16,5%), groupe de cosmétiques dont les marques incluent, outre Estée Lauder, Clinique, Deciem ou Bobby Brown, a publié ses comptes du quatrième trimestre fiscal et de l'exercice 2026. Ils sont ressortis, dans les deux cas, supérieurs aux attentes des analystes. Sur le quatrième trimestre fiscal 2026 clos fin juin, la société a réduit ses pertes nettes à 116 millions de dollars, contre 546 millions un an auparavant. La croissance organique du chiffre d'affaires a été de 5%, à 3,64 milliards de dollars sur le trimestre clos, dépassant légèrement les attentes situées en moyenne à 3,54 milliards. Les parfums (+10% en organique) et les soins pour la peau (+7%) ont nourri les fortes performances du trimestre, précise le groupe. Le bpa ajusté trimestriel s'établit à 39 cents, contre des prévisions de 32 cents - et plus du double de l'an dernier. Sur l'ensemble de l'exercice 2026 ce même bpa ajusté bondit de 66% à 2,51$.
Concernant l'exercice fiscal actuel, entamé le 1er juillet dernier, le groupe se dit également plus optimiste, misant sur une demande soutenue pour ses parfums haut de gamme et sur une performance solide en Chine, son marché clé. La direction prévoit désormais une marge opérationnelle ajustée comprise entre 12,7% et 13,5% contre une précédente estimation qui allait de 12,5% à 13%. Sur l'exercice écoulé, celle-ci s'est déjà améliorée à 11,2%, à comparer avec 8% à l'issue de l'exercice 2024/2025. Sur l'exercice 2027 toujours, le bénéfice par action ajusté est attendu entre 3,10 et 3,35$, la valeur médiane de cette fourchette étant légèrement supérieure à l'estimation moyenne des analystes. La croissance organique du chiffre d'affaires reste, elle en revanche, toujours attendue entre 3 et 5%.
Analog Devices (+1,1%), spécialiste de la conception, la fabrication et la commercialisation de circuits intégrés, a publié au titre de son 3e trimestre fiscal un bénéfice net de 1,34 milliard de dollars et un bénéfice ajusté par action de 3,45$ (+68%), au-dessus des attentes, pour des revenus de 4,02 milliards de dollars (+40%) également meilleurs que prévu, la croissance en glissement annuel étant tirée par l'industrie et les centres de données. La marge brute a grimpé de 51% à 2,71 milliards de dollars, représentant 67,3% du chiffre d'affaires. Le bénéfice opérationnel a quasiment doublé à 1,61 milliard de dollars, soit 40,1% du CA contre 28,4% un an plus tôt. La marge opérationnelle ajustée a été de 50% contre 42,2% un an avant.
Pour le trimestre en cours s'achevant en octobre, Analog Devices prévoit un bénéfice par action compris entre 3,71 et 4,01$. L'entreprise a indiqué qu'elle anticipait un chiffre d'affaires compris entre 4,2 et 4,4 milliards de dollars pour le quatrième trimestre de son exercice. La marge opérationnelle ajustée est anticipée à 52%, plus ou moins 100 points de base.
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