Clôture Wall Street : New York termine en baisse
Dans le sillage des valeurs technologiques et financières ; les valeurs industrielles se tiennent...
Les marchés américains se sont tendus ce mercredi, avec la montée des inquiétudes géopolitiques et les pressions sur Jerome Powell. En clôture, le S&P 500 recule de -0,53% à 6.926 pts, sans pour autant terminer au plus bas du jour (6.885 pts). Le Dow Jones est relativement stable, redonnant un petit -0,09%% à 49.149 pts. En revanche, le Nasdaq décroche de -1% à 23.471 pts.
Ce mercredi, les chiffres des prix à la production sont ressortis assez contrastés. Par ailleurs, les opérateurs sanctionnent également, la publication de résultats de Wells Fargo et dans une moindre mesure, de Bank of America sur le compartiment bancaire.
Sur le plan de la politique intérieure, les dernières attaques visant le président de la Fed, Jerome Powell, ont suscité l'émoi parmi ses pairs et même sur le Vieux continent, du côté de la BCE et de la BoE. Plusieurs anciens dirigeants de la Réserve fédérale, secrétaires au Trésor et économistes ont réagi, suite aux menaces de poursuites pénales proférées par le ministère de la Justice. L'enquête pénale annoncée, visant Jerome Powell dont le mandat s'achève en mai, constitue "une tentative sans précédent d'instrumentaliser les poursuites judiciaires pour saper l'indépendance de la banque centrale", dénonce le communiqué commun de prédécesseurs à la tête de la Fed -Janet Yellen, Ben Bernanke et Alan Greenspan- et quatre anciens secrétaires au Trésor ayant servi sous des présidents républicains aussi bien que démocrates. "Voilà comment la politique monétaire est élaborée dans les pays émergents aux institutions fragiles, avec des conséquences très négatives sur l'inflation et, plus largement, sur le fonctionnement de leurs économies", justifient les signataires. "Cela n'a pas sa place aux Etats-Unis, dont la plus grande force réside dans l'Etat de droit, fondement de notre réussite économique".
Janet Yellen a aussi déclaré à CNBC que l'enquête compromet l'indépendance de la banque centrale. Selon elle, les marchés financiers devraient être davantage préoccupés par une situation qu'elle a qualifiée d'extrêmement inquiétante.
Le directeur général de JPMorgan Chase, Jamie Dimon, a lui aussi exprimé ses préoccupations. "Tout le monde que nous connaissons croit à l'indépendance de la Fed", a-t-il expliqué mardi, après la publication des résultats trimestriels de la banque, jugeant que "tout ce qui affaiblit ce principe n'est probablement pas une bonne idée". Il a également prévenu que cela pourrait "faire remonter les anticipations d'inflation et, à terme, pousser les taux d'intérêt à la hausse".
Rappelons que Jerom Powell a révélé, dimanche, que le ministère américain de la Justice avait notifié à la banque centrale des citations à comparaître devant un grand jury, menaçant de poursuites pénales en lien avec son témoignage devant le Sénat américain à propos des rénovations du siège de la banque centrale. Powell a laissé entendre que cette action était moins liée à son témoignage qu'à un désaccord sur les taux d'intérêt. Il a souligné qu'il s'agit d'une action sans précédent qui devait être replacée dans le contexte plus large des menaces et des pressions constantes exercées par l'administration.
"La menace de poursuites pénales est une conséquence directe du fait que la Fed fixe les taux d'intérêt en se basant sur sa meilleure évaluation de ce qui est le mieux servi par le public, plutôt que de suivre les préférences du Président", selon Powell. "Il s'agit de savoir si la Fed sera en mesure de continuer à fixer les taux d'intérêt en fonction des données probantes et de la conjoncture économique, ou si, au contraire, la politique monétaire sera dictée par des pressions politiques ou des intimidations", a ajouté le dirigeant, sortant ainsi de sa réserve habituelle.
Le président de la Fed a défendu par ailleurs son bilan, soulignant qu'il avait travaillé à la Fed sous des administrations démocrates et républicaines et qu'il avait toujours fondé ses décisions exclusivement sur le double objectif de la banque centrale, à savoir le plein emploi et la stabilité des prix. Pour sa part, Trump a déclaré à NBC qu'il n'est pas au courant des agissements du ministère de la Justice, et a renouvelé ses attaques contre Jerome Powell et sa politique monétaire jugée trop dure.
Sur le front macroéconomique, l'indice américain des prix à la consommation du mois de décembre 2025 n'a pas surpris, hier. L'IPC s'affiche ainsi en hausse de +0,3% d'un mois sur l'autre et de +2,7% sur un an, en ligne ou presque avec le consensus des économistes de la place. En revanche, l'indice américain des prix à la production du mois de novembre, publié ce mercredi, augmente de +0,2% d'un mois sur l'autre et de +3% sur un an (respectivement +0,2% et +2,7% de consensus). Hors alimentaire et énergie, éléments volatils, le 'PPI' est inchangé par rapport au mois précédent, et en hausse de +3% sur un an (+0,2% et +2,7% de consensus de marché).
Le déficit des comptes courants pour le 3e trimestre s'est établi à 226 Mds$ (235 Mds$ de consensus).
Les ventes de détail de novembre se sont appréciées de +0,6% d'un mois sur l'autre, soit une progression supérieure aux attentes, après un repli de -0,1% en octobre. Hors automobile, elles ont augmenté de +0,5%, soit une performance meilleure que prévu, après un gain de +0,2% en octobre. Hors automobile et essence, la hausse s'affiche à +0,4%, deux fois plus élevée que le consensus.
Les reventes de logements de décembre aux Etats-Unis mesurées par la National Association of Realtors se sont établies au nombre de 4,35 millions d'unités, contre un consensus FactSet de 4,13 millions et une lecture de 4,14 millions un mois auparavant. Ainsi, les reventes progressent de 5,1% d'un mois sur l'autre selon la NAR.
Un nouveau rapport du Trésor américain, publié mardi et relayé par Bloomberg, indique que les recettes douanières ont atteint 27,9 Mds$ en décembre, portant le total des recettes perçues en 2025 à plus de 264 Mds$. Il s'agit d'un montant annuel historiquement élevé, mais Bloomberg relève que décembre est le 2e mois consécutif de baisse après la réduction des principaux droits de douane décidée par Trump en novembre dernier. Le record de l'année a été atteint en octobre, avec 31,3 Mds$ de recettes. Le premier recul est ensuite intervenu en novembre, avec 30,8 Mds$ de droits de douane perçus ce mois-là. Le chiffre de mardi représente une baisse de plus de 10% par rapport au pic d'octobre. Il confirme également l'impact des droits de douane sur le commerce mondial et le ralentissement des échanges avec les Etats-Unis, comme en témoignent les récentes données relatives au déficit commercial américain. Les données du département du Commerce montrent que le déficit commercial américain s'est réduit en novembre à 29,4 Mds$, son niveau le plus bas depuis mi-2009.
En séance, l'or noir s'est montré extrêmement volatil. A la fermeture des marché, le baril de brut WTI est assez stable, cédant finalement -0,02%, à 61,11$. Le Brent de mer du Nord se tasse de -0,57%, à 65,09$.
Les Etats-Unis ont communiqué, ce mercredi, sur une nette hausse des réserves de brut la semaine passée. D'après le Département américain à l'Energie, les stocks domestiques de brut, hors réserve stratégique, ont progressé de 3,4 millions de barils sur la semaine close le 9 janvier, à 422,4 millions de barils. Les stocks d'essence ont bondi de 9 millions de barils et ceux de produits distillés sont restés stables.
Du côté des devises, le dollar est assez stable face à l'euro (+0,06%). Le billet vert s'échange 0,8593 euro.
L'once d'or continue de briller. Le métal jaune gagne +0,87% à 4.626$, non sans effacer un nouveau record de séance à 4.641,85$.
Le Bitcoin se reprend encore de +1,24% à 97.374$.
Demain, les opérateurs surveilleront les inscriptions hebdomadaires au chômage, les ventes de détail, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie, celui de la Fed de New York, mais aussi les prix à l'import et à l'export. Thomas Barkin, Michael Barr et Raphael Bostic de la Fed seront de la partie.
Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, TSMC, Morgan Stanley, Goldman Sachs, BlackRock, Infosys, J.B. Hunt et First Horizon, publieront leurs comptes.
Les valeurs
* Wells Fargo (-4,61% à 89,25$). La banque californienne a quelque peu déçu au 4e trimestre. Sur la période, le groupe a affiché un bénéfice net de 5,4 Mds$, pour un bénéfice ajusté par action de 1,76$ à comparer à un consensus de 1,66$. Les revenus ont atteint 31,6 Mds$ pour le trimestre, alors que les revenus nets de dépenses d'intérêt ont été de 21,3 Mds$ - contre un consensus de 21,6 Mds$ et un niveau de 20,4 Mds$ un an plus tôt. Sur l'exercice, la banque affiche un bénéfice net de 21,3 Mds$ et des revenus publiés de 83,7 milliards. Wells envisage un revenu net d'intérêt (NII) de 50 Mds$ sur l'exercice 2026, inférieur au consensus de marché. "Des résultats financiers solides, la suppression du plafond d'actifs imposé par la Fed, la résiliation de plusieurs ordonnances de consentement et une croissance plus forte de nos activités auprès des consommateurs et des entreprises me rendent fier de nos résultats de 2025", a déclaré le président-directeur général du groupe, Charles Scharf.
* Bank of America (-3,78% à 52,48$). L'établissement bancaire de Charlotte en Caroline du Nord a annoncé pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 98 cents en croissance de 18% et des revenus totalisant 28,4 Mds$ (+7%). Le consensus était logé à 96 cents de bpa pour 27,7 Mds$ de revenus sur la période. La firme envisage pour 2026 une croissance du revenu net d'intérêt allant de 5 à 7%. Ce "NII" a dépassé les attentes pour le trimestre clos, ressortant à 15,7 Mds$, en augmentation de 10% en glissement annuel. Les opérations de trading ont également battu le consensus sur la période écoulée à 4,5 Mds$ de revenus. Les provisions pour pertes de crédit ont été un peu moins lourdes que prévu à 1,3 milliard. "Avec des consommateurs et des entreprises qui font preuve de résilience, ainsi que l'environnement réglementaire et avec une attention accrue portée aux politiques fiscales et commerciales, nous prévoyons une croissance économique supplémentaire pour l'année à venir. Malgré la persistance de nombreux risques, nous sommes optimistes quant à l'économie américaine en 2026", a ajouté le DG de la banque, Brian Moynihan.
Sur le 4e trimestre, l'établissement a dégagé un bénéfice net de 7,6 Mds$ (6,8 Mds$ sur le trimestre comparable de l'an dernier). Le bénéfice net en banque grand public a été de 3,3 Mds$ (1,4 Md$ en gestion de fortune et d'investissement). Sur le segment Global Banking, au bénéfice net de 2,1 Mds$, les commissions de banque d'investissement corporate ont affiché une hausse de 1% à 1,7 Md$. "Les résultats du 4e trimestre de Bank of America ont couronné une année solide, avec un bénéfice net de plus de 30 Mds$ et un bpa en hausse de 19% par rapport à 2024", a indiqué Moynihan, qui précise que la banque se sent "confiante dans sa capacité à maintenir ce levier en 2026 et au-delà".
* Citigroup (-3,34% à 112,41$). La banque new-yorkaise a annoncé, ce mercredi, des revenus ajustés de 21 Mds$ et un bénéfice net ajusté de 3,6 Mds$ pour son 4e trimestre. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1,81$. Le consensus était logé à 1,62$ de bénéfice ajusté par action pour 20,45 Mds$ de revenus sur la période. Sur l'exercice clos, les revenus ont totalisé 85,2 Mds$, ou 86,4 Mds$ sur une base ajustée. Le bénéfice net publié a représenté 2,5 Mds$ sur le trimestre clos et 14,3 Mds$ sur l'exercice. Le bénéfice net ajusté annuel a atteint 16,1 Mds$, 7,97$ par action.
Jane Fraser, DG de la banque, a commenté : "Avec des revenus records et un effet de levier opérationnel positif pour chacune de nos cinq divisions, 2025 a été une année de progrès significatifs. Nous avons démontré que les investissements que nous réalisons génèrent une forte croissance du chiffre d'affaires. La croissance des Services a été alimentée par des relations clients plus étroites et de nouveaux mandats. Les Marchés ont conservé leur place parmi les trois premiers et ont amélioré leurs rendements. La Banque a joué un rôle clé dans de nombreuses transactions majeures de l'année. La Gestion de patrimoine a enregistré d'excellents résultats et a lancé plusieurs partenariats importants. Enfin, USPB a doublé ses rendements grâce à une stratégie axée sur l'engagement client et de nouveaux produits innovants. Nous avons redistribué plus de 17 Mds$ de capital à nos actionnaires, un record depuis la pandémie, dont 13 milliards par le biais de rachats d'actions. Nous avons clôturé l'année avec un ratio CET1 de 13,2%, 160 points de base au-dessus de notre exigence réglementaire"... "Nous abordons l'année 2026 avec une dynamique positive visible au sein de l'entreprise et nous sommes déterminés à atteindre notre objectif de rendement des capitaux propres (RoTCE) de 10 à 11% pour l'année et à positionner Citi pour obtenir des rendements supérieurs à ce niveau dans les années à venir".
* Amazon (-2,45% à 236,65$). Le groupe de Seattle entend, selon Reuters, faire appel d'une décision de justice italienne réduisant l'amende qui lui avait été infligée par l'autorité de la concurrence du pays. Le géant américain du commerce en ligne estime en effet qu'il ne devrait pas être sanctionné. Lundi, l'autorité italienne de la concurrence avait annoncé sa décision de ramener à 752,4 millions d'euros l'amende antérieure de 1,13 milliard d'euros qu'elle avait imposée à Amazon en 2021 pour abus de position dominante et restriction de la concurrence dans le secteur de la logistique du commerce électronique en Italie. Cette réduction faisait suite à une décision d'un tribunal administratif régional rendue en septembre dernier, rappelle Reuters. L'autorité italienne de concurrence va aussi faire appel de cette décision, selon MF.
* Netflix (-1,96% à 88,55$). La plateforme travaillerait selon Bloomberg à la révision des conditions de son acquisition de Warner Bros et envisagerait une offre entièrement en numéraire pour les studios et les activités de streaming de la société, selon des sources de Bloomberg proches du dossier. Ces modifications visent à accélérer une vente qui devrait prendre plusieurs mois et qui se heurte à l'opposition de personnalités politiques et de son concurrent, Paramount Skydance Corp, explique l'agence.
Les investisseurs institutionnels sont partagés quant à leur soutien. Selon l'accord initial, les actionnaires de Warner Bros devaient recevoir 23,25$ en cash et 4,5$ en actions ordinaires Netflix, avec certains ajustements prévus si le cours de l'action du géant du streaming descendait en dessous de 97,91$. Depuis le début des négociations avec Warner Bros en octobre, l'action Netflix a perdu environ un quart de sa valeur. Elle a atteint un plus bas à 89$ environ, hier à New York.
Netflix a obtenu un financement de 59 Mds$ auprès des banques de Wall Street pour soutenir son projet d'acquisition sous la forme de "l'un des plus importants prêts-relais jamais accordés", indique Bloomberg. Environ 25 Mds$ ont déjà été refinancés par des emprunts à plus long terme. Selon Stephen Flynn, analyste de crédit senior chez Bloomberg Intelligence, Netflix disposerait de la capacité financière d'emprunter davantage tout en conservant sa solide notation de crédit. Après avoir choisi Netflix début décembre, Warner Bros a dû faire face à des tentatives répétées de Paramount pour faire capoter l'accord et accepter son offre, rappelle l'agence. David Ellison, DG de Paramount, et son père, Larry, fondateur d'Oracle, ont lancé une offre publique d'achat sur les actions Warner, se sont portés garants personnellement à hauteur de 40,4 Mds$ et ont intenté une action en justice contre Warner Bros pour obtenir des précisions sur l'évaluation de la transaction avec Netflix.
* Nvidia (-1,44% à 183,14$). Le spécialiste mondial des processeurs graphiques programmables perd du terrain à Wall Street. Selon Reuters, citant 3 sources proches du dossier, les autorités douanières chinoises auraient informé leurs agents cette semaine que les puces d'intelligence artificielle H200 du groupe américain ne seraient pas autorisées à entrer en Chine. Par ailleurs, des représentants du gouvernement chinois auraient convoqué, mardi, des entreprises technologiques nationales à des réunions au cours desquelles il leur a été explicitement demandé de ne pas acheter ces puces, sauf en cas de nécessité. "Les termes employés par les autorités sont tellement sévères qu'il s'agit, pour l'instant, d'une interdiction de facto, même si cela pourrait évoluer", selon l'une des sources de l'agence.
La puce H200, seconde puce d'IA la plus puissante de Nvidia, demeure donc l'un des principaux points de friction dans les relations commerciales sino-américaines. Cette puce, dont l'exportation vers la Chine a été officiellement approuvée cette semaine par l'administration Trump sous conditions, est un sujet sensible aux Etats-Unis, rappelle Reuters, alors que certains craignent que ces puces ne renforcent l'armée chinoise et n'érodent l'avantage américain en matière d'IA.
Nvidia a déclaré que la décision du président américain établissait "un juste équilibre, excellent pour l'Amérique", et permettrait à l'entreprise d'être compétitive sur le marché mondial des semi-conducteurs.
Les informations et conseils rédigés par la rédaction de Boursier.com sont réalisés à partir des meilleures sources, même si la société Boursier.com ne peut en garantir l'exhaustivité ni la fiabilité. Ces contenus n'ont aucune valeur contractuelle et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d'achat de valeurs mobilières ou d'instruments financiers. La responsabilité de la société Boursier.com et/ou de ses dirigeants et salariés ne saurait être engagée en cas d'erreur, d'omission ou d'investissement inopportun.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote