Clôture Wall Street : au vert avant l'ouverture du bal des publications
L'or est étincelant...
Malgré un début de séance tendu et en l'absence de statistique économique, Wall Street achève relativement bien cette première journée de la semaine. Le S&P50 gagne +0,16% à 6.977 pts. Le Dow Jones prend +0,17% à 49.585 pts. Le Nasdaq est ferme, avec un gain +0,26% à 23.733 pts.
Les tensions géopolitiques sont omniprésentes mais, les marchés boursiers semblent assez hermétiques à ce contexte international tendu. Outre le Venezuela et le Groenland, l'Iran inquiète maintenant après les manifestations de masse réprimées de manière sanglante et dirigées contre le régime de Téhéran. Donald Trump a déclaré que les Etats-Unis étudiaient différentes options en réponse aux informations faisant état d'une répression meurtrière en Iran, alors que les manifestations nationales se poursuivent depuis trois semaines. Il a ajouté que les dirigeants de Téhéran avaient également pris contact avec les autorités pour engager le dialogue. "Nous prenons la situation très au sérieux. L'armée l'étudie, et nous envisageons des options très sérieuses", a déclaré Trump hier à bord d'Air Force One, lors de son retour à Washington depuis sa résidence de Mar-a-Lago. "Nous prendrons une décision", a assuré le président américain. Selon le Wall Street Journal, Trump doit rencontrer ce mardi de hauts responsables de l'administration pour discuter d'une réponse aux manifestations. Parmi les options envisagées figurent des frappes militaires, des cyberattaques et des sanctions contre Téhéran, a ajouté le WSJ, selon lequel le général Dan Caine, chef d'état-major des armées, devrait figurer parmi les participants.
Dans l'actualité commerciale, la Cour suprême a conclu vendredi ses annonces d'avis sans rendre de verdict sur la légalité des droits de douane du président Trump. Les rumeurs enflaient d'un éventuel rejet d'une bonne partie des droits de douane de l'administration en place, mais la décision est donc remise à plus tard. La Cour pourrait rendre d'autres avis dans les deux prochaines semaines. Le conseiller économique Kevin Hassett affirme qu'il est quasiment certain que la Cour suprême donnera raison à Trump sur la question des droits de douane, ajoutant que d'autres recours sont possibles si la décision est défavorable à l'administration.
Par ailleurs, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a révélé dimanche que le ministère américain de la Justice a notifié à la banque centrale des citations à comparaître devant un grand jury, menaçant de poursuites pénales en lien avec son témoignage devant le Sénat américain à propos des rénovations du siège de la banque centrale. Le président de la Fed considère que cette action marque une escalade dans la campagne de pression menée par l'administration américaine... Jerome Powell a d'ailleurs laissé entendre que cette action est moins liée à son témoignage qu'à un désaccord sur les taux d'intérêt. Dans une déclaration, il a souligné qu'il s'agit d'une action sans précédent, qui devait être replacée dans le contexte plus large des menaces et des pressions constantes exercées par l'administration.
"La menace de poursuites pénales est une conséquence directe du fait que la Fed fixe les taux d'intérêt en se basant sur sa meilleure évaluation de ce qui est le mieux servi par le public, plutôt que de suivre les préférences du Président", estime Powell dans une vidéo enregistrée. "Il s'agit de savoir si la Fed sera en mesure de continuer à fixer les taux d'intérêt en fonction des données probantes et de la conjoncture économique, ou si, au contraire, la politique monétaire sera dictée par des pressions politiques ou des intimidations", ajoute le dirigeant, qui sort ainsi de sa réserve habituelle. Le président de la Fed défend par ailleurs son bilan, soulignant qu'il avait travaillé à la Fed sous des administrations démocrates et républicaines et qu'il avait toujours fondé ses décisions exclusivement sur le double objectif de la banque centrale, à savoir le plein emploi et la stabilité des prix. "Cette nouvelle menace ne concerne pas mon audition en juin dernier, ni les rénovations des bâtiments de la Réserve fédérale", indique Powell, qui juge qu'il s'agit là de prétextes.
Trump a déclaré à NBC qu'il n'était pas au courant des agissements du ministère de la Justice, mais a renouvelé ses attaques contre Jerome Powell et sa politique monétaire jugée trop dure.
Ces assignations à comparaître du ministère de la Justice marquent donc une escalade significative dans le bras de fer qui oppose depuis un an l'administration Trump et la Fed de Powell. Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'un statu quo monétaire lors de la prochaine réunion de la Fed le 28 janvier se situe à 95%. La probabilité la plus élevée pour la fin de l'année 2026 se situe dans une fourchette de 3 à 3,25% sur les taux, ce qui traduirait une baisse de taux d'un demi-point.
Le nom du successeur de Jerome Powell à la tête de la Fed pourrait bien être dévoilé dans les prochains jours par Donald Trump. Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, qui s'exprimait la semaine dernière devant l'Economic Club du Minnesota, a laissé entendre que Trump devrait annoncer sa décision d'ici quelques jours - en tout état de cause en janvier. La décision serait donc révélée avant ou après le Forum économique mondial de Davos, en Suisse, programmé du 19 au 23 janvier.
Demain mardi, les chiffres de l'inflation de décembre retiendront l'attention des investisseurs (consensus +0,3% d'un mois sur l'autre et +2,6% sur un an pour l'IPC, ou bien +0,3% et +2,7% hors alimentaire et énergie). Les investisseurs suivront également demain, les chiffres des ventes de logements neufs, ainsi que la balance budgétaire américaine.
Mercredi, les marchés suivront l'indice des prix à la production de décembre, la balance des comptes courants, les reventes de logements existants, les stocks des entreprises, le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques, ainsi que le Livre Beige économique de la Fed. Anna Paulson, Stephen Miran, Raphael Bostic, Neel Kashkari et John Williams de la Fed, interviendront dans la journée. Jeudi, les opérateurs surveilleront les inscriptions hebdomadaires au chômage, les ventes de détail, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie, celui de la Fed de New York, mais aussi les prix à l'import et à l'export. Thomas Barkin, Michael Barr et Raphael Bostic de la Fed seront de la partie. Enfin, vendredi, les chiffres de la production industrielle et l'indice du marché immobilier seront connus, tandis que Michelle Bowman et Philip Jefferson de la Fed donneront leurs avis.
La saison des résultats financiers trimestriels des entreprises s'ouvre cette semaine avec le secteur financier mais aussi TSMC.
JP Morgan Chase, The Bank of New York Mellon, Delta Air Lines et Concentrix publieront leurs comptes demain. Bank of America, Wells Fargo et Citigroup annoncent mercredi. TSMC, Morgan Stanley, Goldman Sachs, BlackRock, Infosys, J.B. Hunt et First Horizon, seront de la fête jeudi. PNC Financial Services, State Street, M&T Bank, Wipro ou Regions Financial, dévoileront enfin leurs comptes vendredi.
Les pétroles remontent encore, ce lundi. Le baril de brut WTI, la référence américaine, gagne +1,31% à 59,61$. Le Brent de mer du Nord reprend +1,51% à 63,97$.
Du côté des devises, le dollar recule de -0,32% face à l'euro. Le billet vert s'échange 0,8571 euro.
L'once d'or brille de mille feux... Le métal jaune bondit de +1,89% à 4.594$, non sans un nouveau record de séance à 4.629,87$.
Le Bitcoin se reprend de +0,94% à 91.269$.
Les valeurs
* Merck (+2,3% à 131,25 $). Le laboratoire demeure sous surveillance, alors que selon les informations du Wall Street Journal et du Financial Times, il négocierait une éventuelle acquisition de Revolution Medicines (-3,2%) pour environ 30 Mds$. Revolution est spécialisé dans les traitements anticancéreux. Un accord pourrait être trouvé ce mois. Le WSJ avait auparavant fait état de discussions avancées entre Revolution et AbbVie, mais ce dernier a démenti.
* Apple (+0,34% à 260,25$). Les livraisons mondiales de smartphones ont progressé de +2% en 2025, par rapport à l'année précédente, portées par les marchés émergents, selon des données Counterpoint Research relayées par Reuters. Apple domine le marché avec une part estimée de 20%, grâce à une forte demande sur les marchés émergents et intermédiaires, et aux ventes de la gamme iPhone 17. Samsung se classe 2e avec une part de marché de 19%.
* Meta Platforms (-1,7% à 641,97$). La maison-mère de Facebook et d'Instagram a nommé Dina Powell McCormick à la présidence et à la vice-présidence de la société, quelques semaines après la démission de l'ancienne conseillère principale du président américain Donald Trump du conseil d'administration du géant des réseaux sociaux. Powell McCormick, qui a passé 16 ans à des postes de direction chez Goldman Sachs, a auparavant été conseillère adjointe à la sécurité nationale auprès du président Trump lors de son premier mandat, ainsi que conseillère principale à la Maison Blanche et secrétaire d'Etat adjointe sous l'administration Bush. Trump a félicité Powell McCormick pour sa nomination. Meta a déclaré que Powell McCormick jouerait un rôle déterminant dans la définition et la mise en oeuvre de sa stratégie.
* Mastercard (-1,61% à 566,28$)/ American Express (-4,27% à 359,59$). Les spécialistes des cartes de crédit trébuchent à Wall Street, ce lundi. Donald Trump a appelé à plafonner les taux d'intérêt des cartes de crédit à 10% pour une durée de 1 an, à compter du 20 janvier 2026. "Veuillez noter que nous ne laisserons plus le public américain se faire 'arnaquer' par les sociétés de cartes de crédit", a indiqué le président américain sur Truth Social.
* Moderna (-1,34% à 33,84$). Le laboratoire prévoit un chiffre d'affaires d'environ 1,9 Mds$ pour 2025, se situant dans le haut de sa fourchette de prévisions initiales (entre 1,6 et 2 Mds$), mais nettement en deçà des niveaux de revenus atteints pendant la pandémie de covid. Le directeur financier du groupe, cité par Reuters, estime que le taux de vaccination aux Etats-Unis avait chuté d'environ 26% en 2025 par rapport à l'année précédente.
* UnitedHealth (-1,01% à 340,51$). L'assureur santé américain aurait eu recours à des tactiques agressives pour recueillir des diagnostics susceptibles d'augmenter les paiements de Medicare Advantage, a rapporté le Wall Street Journal lundi, citant une commission du Sénat américain enquêtant sur les pratiques de l'entreprise.
* ExxonMobil (-0,47% à 124,03$). Trump a déclaré qu'il pourrait exclure ExxonMobil du secteur énergétique vénézuélien, critiquant la réaction de la compagnie à ses pressions pour que les producteurs pétroliers américains réinvestissent rapidement dans le pays. "Je n'ai pas apprécié la réponse d'Exxon. Vous savez, nous en avons tellement qui le veulent. Je serais probablement enclin à écarter Exxon", a lancé Trump aux journalistes à bord d'Air Force One, hier. Le CEO d'Exxon, Darren Woods, a jugé qu'actuellement, le Venezuela était "un pays où il est impossible d'investir". Woods espère des changements significatifs au niveau des conditions commerciales, du système juridique et de la législation sur les hydrocarbures, ainsi que des protections durables pour les investissements étrangers.
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