Clôture Paris : le CAC 40 plus fort que les tensions sur les taux
L'indice parisien gagne 1,1%, dopé par EssilorLuxottica, qui s'envole de plus de 15%. La chute du jour est pour Carrefour (-13,8%).
Les tensions sont vives sur le marché obligataire, mais cela n'empêche pas le CAC 40 de clôturer sur une belle hausse : il gagne 1,06% à 7.922 points mercredi soir.
C'est une première depuis juillet 2002 : le rendement de l'obligation souveraine française à 10 ans a atteint le seuil psychologique de 5%. Le "spread" ou l'écart de rendements entre l'obligations française à 10 ans et son homologue allemande, un indicateur très suivi du risque de crédit perçu dans la zone euro, s'est creusé atteindre 159,4 points de base, soit son niveau le plus élevé... depuis 15 ans. Cet écart a fortement augmenté depuis fin septembre, sur fond d'inquiétudes concernant le poids de la dette française et la capacité du gouvernement à faire adopter un budget. Les violentes manifestations du week-end passé sont venues s'ajouter à ces difficultés politiques.
Face à ces secousses, le CAC 40 a pu compter sur les solides performances d'un de ses poids-lourds : EssilorLuxottica s'envole de plus de 15%, après des ventes trimestrielles applaudies. De quoi effacer les déconvenues de Michelin et surtout de Carrefour, qui a plongé de près de 14%. Le géant de la distribution a abaissé ses objectifs financiers annuels sur fond de "dégradation de la situation sociale et sécuritaire" en France - après les pillages du weekend.
Valeurs en hausse
* EssilorLuxottica s'envole de 15,5% à 173,8 euros. Le géant de l'optique a annoncé hier soir un chiffre d'affaires trimestriel en hausse de 9% à 7,486 milliards d'euros (+7,2% à taux de change constants vs 6,3% de consensus), après une croissance à deux chiffres l'an dernier. Les revenus affichent ainsi une augmentation de 6,8% sur neuf mois à 22,304 milliards d'euros (+8,9% à taux de change constants). Les ventes de lunettes connectées, qui ont largement contribué à soutenir la valorisation du groupe, ont progressé de 20% au troisième trimestre, après avoir bondi de près de 100% entre avril et juin, portées par l'essor fulgurant de cette nouvelle catégorie de produits. Les activités de l'entreprise dans les domaines de l'optique, des soins oculaires et des technologies médicales, qui représentent encore la majeure partie de son chiffre d'affaires global, ont enregistré une croissance supérieure à 6%.
* Atos (+13,8% à 26 euros) a publié un chiffre d'affaires trimestriel de 1,642 milliard d'euros, en baisse organique de 2,4% sur un an pour les SBU Atos et Eviden, poursuivant néanmoins son amélioration séquentielle après -11% au T1 2026 et -5,8% au T2 2026. Le Royaume-Uni et Irlande, les Marchés internationaux et la France ont été les principaux contributeurs à "l'amélioration séquentielle de la croissance organique", a indiqué Atos. Les objectifs financiers 2026 sont confirmés, à savoir une décroissance organique du chiffre d'affaires d'environ 5% (SBUs Atos et Eviden), une marge opérationnelle d'environ 7% et une variation nette de trésorerie positive.
* Vusion gagne 3,9% à 125,6 euros. La société a dévoilé un chiffre d'affaires du 3ème trimestre de 433 ME en IFRS (+24%) et de 445 ME en données ajustées (+25%). Le chiffre d'affaires sur 9 mois atteint 1,252 MdE en IFRS (+30%) et 1,284 MdE en données ajustées (+28%), en hausse de 41% à taux de change et droits de douane constants. Les prises de commandes au T3 sont de 462 ME, en hausse de 10% par rapport au T3 2025. Les perspectives 2026 sont réitérées. Le groupe vise une croissance du chiffre d'affaires de 15% à 20% à taux de change et droits de douane constants, un chiffre d'affaires VAS en forte progression d'environ 40% et une marge d'EBITDA ajusté en hausse de plus de 100 pts de base.
* Eutelsat bondit de 11,5% à 1,9 euro. Le titre continue à faire les montagnes russes en Bourse. AlphaValue a réitéré son avis 'achat' sur le titre en visant 2,63 euros.
* Interparfums (+7,3% à 34,8 euros) a dévoilé un chiffre d'affaires de 265,5 millions d'euros au 3e trimestre, en croissance de +4,8% à devises courantes et de +4,6% à devises constantes. Le groupe retrouve une activité plus dynamique dans un environnement toujours perturbé notamment au Moyen-Orient et en Europe de l'Est. Cette bonne performance est portée par la progression des marques majeures, notamment Coach et Montblanc. Le management vise désormais le haut de son objectif annuel de chiffre d'affaires 2026, autour de 870 ME.
* Econocom (+1,9% à 1,3 euro) a enregistré un chiffre d'affaires de 2,097 milliards d'euros depuis le début de l'exercice, en baisse de -1% (-2,6% en organique). Le groupe a connu un retour à la croissance au 3e trimestre (+5%, dont +3,4% en organique) par rapport à la même période l'an passé. Les réponses coordonnées mises en place depuis le début de l'exercice 2026 afin de limiter les impacts de l'environnement marqué par l'incertitude géopolitique et les tensions sur les chaînes d'approvisionnement bénéficient aux activités du groupe à un rythme différencié. Econocom a confirmé ses perspectives pour l'exercice 2026, avec une croissance annuelle du chiffre d'affaires de 2% à 3%.
* Icade (stable à 14,5 euros) a dévoilé des revenus consolidés de 887,1 millions d'euros à fin septembre, en retrait de -4%. Ils reflètent la baisse des revenus locatifs de la Foncière (250 ME ; -5%) et du volume d'activité de la Promotion (622,2 ME ; -4,4%). Sur la base des résultats du groupe au 30 septembre 2026 et des prévisions à fin d'année, Icade confirme son objectif de Cash-Flow Net Courant Groupe pour 2026, attendu entre 2,90 euros et 3,10 euros par action.
* Bureau Veritas (+3,6% à 28,7 euros) a annoncé une croissance totale du chiffre d'affaires à deux chiffres au troisième trimestre et fait état d'une amélioration séquentielle de la croissance organique sur la période. Les perspectives 2026 sont confirmées. Le chiffre d'affaires ressort ainsi à 1,570 milliard d'euros, en hausse de 10,1% sur un an et de 6,2% sur une base organique, avec un effet périmètre positif de 1,8% résultant de l'accélération des acquisitions bolt-on (+2,7%), nettes des cessions (-0,9%), ainsi qu'un effet de change positif de 2,1% principalement lié au renforcement du dollar face à l'euro. Sur l'exercice, le groupe vise une croissance organique modérée à élevée à un chiffre du chiffre d'affaires, une marge opérationnelle ajustée en amélioration à taux de change constant et des flux de trésorerie à un niveau élevé.
* Klepierre (+1% à 35,3 euros) a revu ses objectifs à la hausse pour l'année 2026, visant l'atteinte d'un EBE minimum de 1,165 milliard d'euros et d'un cash-flow net courant par action de 2,83 euros, en hausse de 4% par rapport à la même période l'an dernier. Dans un contexte de volatilité géopolitique et macroéconomique persistante, Klépierre reste ainsi "très confiante dans sa capacité à réaliser une solide performance opérationnelle et financière pour le reste de l'année". L'EBE sur 9 mois est ressorti en hausse de 5,4% à 813,8 ME et le cash-flow net courant par action en amélioration de 4% à 2,08 euros. Le cash-flow net courant a représenté 597,4 ME. Les revenus locatifs nets ont été de 872,6 ME contre 834,5 ME sur la période correspondante de l'an dernier.
Valeurs en baisse
* Carrefour plonge de 13,8% à 14 euros, sanctionné après son avertissement sur résultats. Fragilisé par la situation actuelle en France et "la dégradation de la situation sociale et sécuritaire" dans le pays, le géant de la distribution anticipe désormais un résultat opérationnel courant (ROC) en hausse avec une marge opérationnelle en progression de 0 à 15 pbs, contre +25 pbs précédemment, et un résultat net ajusté par action stable ou en légère augmentation, contre une croissance dans le haut de la fourchette à un chiffre anticipé auparavant. Le groupe vise également un cash-flow libre net en léger repli en 2026, alors que la métrique était auparavant attendue en "légère croissance" sur l'exercice. Morgan Stanley dégrade le titre à 'pondération en ligne', affirmant qu'une meilleure visibilité sur l'EBIT en France, ainsi que des perspectives plus stables en matière de bénéfice par action et de flux de trésorerie disponible sont nécessaires pour adopter une opinion positive sur le titre. La banque considère que l'abaissement des prévisions pour la France, lié aux troubles sociaux, aura un " impact durable sur la confiance des investisseurs ". L'objectif de cours est ramené de 20,10 à 18,35 euros.
* Michelin abandonne 7,2% à 30,9 euros, sanctionné après la publication d'un chiffre d'affaires du troisième trimestre inférieur aux attentes, en raison de volumes plus faibles. Le pneumaticien a réitéré ses objectifs 2026, visant une croissance du résultat opérationnel des secteurs à taux de change et périmètre constants par rapport à 2025, et un cash flow libre avant M&A supérieur à 1,6 milliard d'euros. Citi ('achat') explique que la faiblesse des volumes s'explique par une baisse des ventes en première monte. La confirmation des objectifs annuels n'a " jamais été au coeur du débat " avant la publication des résultats. "Nous pensons plutôt que le véritable enjeu portait sur les volumes : Michelin parviendrait-il, pour la première fois depuis plusieurs années, à afficher des contributions positives sur l'ensemble des composantes de son chiffre d'affaires ?", s'interroge la banque.
* Edenred décroche de 9,4% à 26,5 euros malgré la confirmation de sa guidance annuelle. Le spécialiste des titres-restaurant a présenté un revenu total de 725 millions d'euros au 3e trimestre, stable en données publiées et en baisse de -1,3% en données comparables. Le consensus compilé par l'entreprise était positionné à 709 ME. La croissance publiée tient compte d'effets de périmètre négatifs (-0,9%) ainsi que d'effets de change favorables (+2,1%) liés en particulier aux devises en Amérique latine. Le chiffre d'affaires opérationnel trimestriel ressort à 667 millions d'euros, également au-dessus des 658 millions attendus par les analystes. Dans le segment mobilité, il s'élève à 202 millions d'euros sur la période, en hausse organique de 10,7%. Confiant dans ses perspectives pour le dernier trimestre, Edenred a confirmé ses prévisions pour l'exercice 2026, à savoir : une baisse de l'EBITDA comprise entre -10% et -7 % en données comparables, soit un EBITDA qui s'établirait entre 1,220 et 1,260 MdE, ajusté pour tenir compte de l'effet des transactions conclues au 3e trimestre 2026 et un taux de conversion Free cash-flow / EBITDA d'au moins 35%.
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