Clôture Paris : le CAC 40 grimpe sur les 7.900 pts, malgré la chute des valeurs liées à l'IA
TotalEnergies campe pendant ce temps sur ses plus hauts historiques
Le CAC 40 n'a pas démérité ce jeudi, terminant en nette hausse de 0,78% à 7.935 pts avec ses valeurs les plus traditionnelles, notamment celles du luxe qui avaient beaucoup souffert ces derniers mois. La détente des taux obligataires avec un rendement de l'OAT 10 ans de retour à 4,78% a également contribué à apaiser un peu l'atmosphère. A l'inverse, les valeurs technologiques liées à l'IA ont été contaminées par la chute observée du secteur en Asie ce matin et aux États-Unis depuis hier.
En Corée du Sud, où l'exposition au compartiment est la plus importante en Asie, l'indice Kospi a fini aujourd'hui sur une baisse de 7,57%. Le Nikkei japonais a perdu 4,9%. Le "néocloud" américain CoreWeave a décroché de 20% en deux séances à Wall Street, constituant l'une des principales victimes de la purge sur les valeurs d'IA. Parmi les autres 'néoclouds' - ces fournisseurs de cloud d'un autre genre, spécialistes du GPU-as-a-service et du calcul haute performance pour l'IA -, IREN Limited et Nebius ont dévissé dans des proportions similaires en deux jours. Les vedettes des puces d'IA n'ont pas été épargnées, Nvidia et AMD en particulier.
Après une vague de financement effrénée, les opérateurs semblent craindre un événement potentiel de crédit. La vague de ventes sur les obligations d'entreprise de CoreWeave, amplifiée par des publications alarmistes sur les réseaux sociaux, a provoqué depuis hier une chute marquée du cours de l'action du spécialiste de l'IA et soulevé des doutes quant au financement plus large de l'écosystème. De plus, Anthropic, l'un des deux laboratoires majeurs d'IA qui prépare son introduction (record) à Wall Street, a dévoilé hier à une sélection d'investisseurs des chiffres à première vue convaincants, mais sans doute un peu plus courts que prévu, affichant une croissance de près de 50% des revenus d'un trimestre sur l'autre au T3. Les revenus annualisés devraient ressortir inférieurs à la marque fatidique des 100 milliards de dollars, alors même que plusieurs sources, dont le New York Times, avaient tout récemment affirmé que le groupe franchirait ce cap cette année.
Sur le front économique ce jour, les chiffres de l'inflation en France n'ont pas vraiment surpris ce matin pour le mois de septembre, avec un indice final des prix à la consommation en retrait de 0,3% d'un mois sur l'autre mais en hausse de 3,1% sur un an (-0,3% et +3,4%, respectivement, en données harmonisées européennes)... La production industrielle de la zone euro en août a surpris en baisse de 0,5% d'un mois sur l'autre et de 1,1% sur un an.
Mais la 'stat' du jour était comme souvent américaine. Après les prix à la consommation de septembre hier (+0,3% hors alimentaire et énergie d'un mois sur l'autre ou +2,6% sur un an), ce sont les prix à la production du même mois qui déçoivent ce jeudi aux États-Unis. L'indice des prix à la production a augmenté de 1,3% d'un mois sur l'autre (consensus 0,5%) et flambé de 6,3% sur un an (5,3% de consensus). Hors alimentation et énergie, l'indice des prix à la production grimpe de 0,7% d'un mois sur l'autre et 5% sur un an, contre respectivement 0,3% et 4,4% de consensus. Les ventes US de détail de septembre ont quant à elles dépassé les attentes, progressant de 0,8% contre 0,3% de consensus.
VALEURS EN HAUSSE
L'Oréal gagne 3,2% ce soir sur le CAC, LVMH 2,3% et Hermès 3,3%. Air Liquide et Danone s'accordent 1,6%. Dassault Systèmes remonte de 3%, Capgemini de 3,5% et Publicis de 3,7%, alors que ces trois valeurs avaient souffert des craintes concernant l'impact de l'IA sur leur activité. Carrefour avance de 3%.
Airbus prend 2,4%. Cathay Pacific envisagerait de commander jusqu'à 50 gros-porteurs supplémentaires afin de concrétiser ses plans de croissance à long terme, selon des sources proches du dossier citées par 'Bloomberg'. La compagnie aérienne basée à Hong Kong compterait entamer des discussions avec Airbus et Boeing l'année prochaine. Cathay Pacific est également sur le point de prendre des décisions, potentiellement dès le mois de novembre, concernant l'acquisition éventuelle d'appareils supplémentaires, qu'il s'agisse d'avions monocouloirs ou de gros-porteurs, en mobilisant des options et des droits d'achat déjà existants.
Pernod Ricard s'adjuge 0,8% après avoir fait part d'un chiffre d'affaires trimestriel de 2,234 milliards d'euros, en baisse de 6,3% en données publiées et de 0,9% en organique (vs -1,24% de consensus). Le management a confirmé ses objectifs annuels et à moyen terme, dont un chiffre d'affaires organique "globalement stable" en 2027.
GL events s'envole de 28,1%, logiquement recherché après une excellente publication. Le groupe a fait état d'un chiffre d'affaires de 415,9 millions d'euros au 3e trimestre, en croissance de 44,3% (+43,1% à change constant). Sur 9 mois, l'activité progresse de +17,4% à 1,382 milliard d'euros. Malgré un contexte géopolitique instable, GL Events a rehaussé sa guidance de croissance portée par les activités Live et Venues. Le groupe vise : une croissance à changes et périmètre supérieure à 10% ; une croissance du résultat opérationnel ; un programme de Capex de l'ordre de 80 ME.
TotalEnergies grappille 0,1% à 80,21 euros après un nouveau plus haut de 81,35 euros en séance. Le groupe attend une production d'hydrocarbures en croissance entre 2,45 et 2,50 Mbep/j, au 3ème trimestre, bénéficiant d'un impact plus faible du conflit au Moyen-Orient estimé à environ 5% seulement de la production totale de la Compagnie. Hors impact du Moyen-Orient, la production est attendue avec une croissance de plus de 4 % par rapport au 3ème trimestre 2025, supérieure à la guidance annuelle de 3 %. Il s'agit de la sixième séance de hausse d'affilée pour TotalEnergies qui rejoint ses meilleurs niveaux boursiers.
JCDecaux gagne près de 3,9% à 25,64 euros. La Deutsche Bank a relevé à 'acheter' sa recommandation sur JCDecaux en ciblant 30 euros... Stellantis prend 1,3%. La Deutsche Bank a pourtant ajusté sa cible de 5,5 à 4,5 euros ('conserver').
VALEURS EN BAISSE
Les principales composantes technologiques du CAC 40 et du SBF 120 sont sous pression à l'image des valeurs des semi-conducteurs Soitec et STMicroelectronics, qui décrochent de respectivement 7,7% et 3,8%.
Les valeurs liées à l'IA et notamment aux centres de données telles que Legrand et Schneider Electric sont également chahutées, en baisse de respectivement 1,2% et 2,4%. Plus globalement, l'ensemble des groupes européens liés à l'IA et notamment les fabricants de puces accusent une baisse marquée, dans le sillage de replis tout aussi prononcés aux États-Unis et en Asie.
Eutelsat retombe de 10,7% après une flambée de 23% hier. Alors que l'Ukraine avait déclaré hier que le service Starlink de SpaceXavait imposé des restrictions à son service de niveau militaire, Kiev a annoncé le rétablissement d'un service normal sur les terminaux mobiles Starlink utilisés par son armée... Le réseau de satellites en orbite terrestre basse d'Eutelsat constitue la principale alternative européenne à Starlink et est clairement soutenu par les gouvernements européens.
Eramet trébuche de 6%. Le groupe minier a confirmé plus tôt cette semaine son intention de lancer, au 4e trimestre 2026, une augmentation de capital avec Droits Préférentiels de Souscription à hauteur de 500 ME annoncée en février 2026. L'Agence des participations de l'État, représentant le gouvernement français, deviendrait le premier actionnaire d'Eramet en souscrivant à la majeure partie de l'opération. La participation de l'APE restera néanmoins inférieure à 49%, l'État souhaitant préserver un ancrage privé au capital.
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