Entretien avec Christophe Clerc, Directeur Financier de Delfingen Industry
Renouer avec la croissance à compter de 2027
Boursier.com : En quoi la guerre au Moyen Orient vous pénalise t-elle?
C.C. : Pour nos activités, nous transformons des matières plastiques dérivées du pétrole, le première impact est d'ores et déjà une forte hausse des prix de nos achats, hausse qui devra être répercutée en partie aux clients.
Boursier.com : Vous évoquez un environnement 'macroéconomique et géostratégique incertain'. Face aux risques liés aux droits de douane américains, à la faiblesse de la production automobile en Europe et à la volatilité des changes, qui vous a déjà coûté 10,2 MEUR sur 2025, quels scénarios avez-vous envisagés et quelle est votre capacité de résistance pour l'exercice en cours ?
C.C. : Depuis 2020, les crises se multiplient. Au regard de la situation en Iran, nul ne peut prédire l'avenir. Aussi dans ces environnements incertains notre objectif est d'une part de garder notre cap à moyen terme : accélérer en Asie, répondre aux besoins de la substitution électrique, améliorer notre compétitivité et se diversifier vers des marchés hors automobile), tout en faisant preuve de plasticité et d'agilité à très court terme pour préserver les marges et assurer la supply-chain auprès de nos clients. Par ailleurs ces périodes de crise sont aussi des périodes où se créent des opportunités pour accélérer notre transformation, consolider le marché ou procéder à des acquisitions sélectives. Les travaux menés en 2024 et 2025, qui ont permis d'améliorer de manière significative notre performance et de réduire la dette nous rendent plus résilients.
Boursier.com : Le chiffre d'affaires a reculé de 5,5% à 400,3 MEUR en 2025, tandis que le résultat opérationnel courant progresse de +26,3% à 30 MEUR. Est-ce que cette équation, moins de revenus, plus de rentabilité, est le nouveau modèle de Delfingen, ou s'agit-il d'un effet temporaire lié à l'arrêt des contrats FTT non contributifs ?
C.C. : Notre ambition est de renouer, à compter de 2027, avec la croissance, mais une croissance qualitative, génératrice de valeur ajoutée et relutive sur les résultats en adressant les enjeux d'électrification non seulement de l'automobile, mais aussi de marchés tels que la robotique, la mobilité off-road ou l'agriculture.
Boursier.com : Vous proposez un dividende en hausse à 1,73EUR par action, tout en poursuivant votre désendettement avec un ratio dette/EBITDA passé de 3,02x à 2,12x. Comment arbitrez-vous entre la rémunération des actionnaires et la réduction de la dette, alors que votre endettement reste à 97,8 MEUR ?
C.C. : L'arbitrage s'est fait au titre de l'année 2025 autour des critères suivants : 1/3 du résultat net, 25% du cash flow libre net, "leverage" post distribution inférieur à 2,25.
Boursier.com : Le marché automobile représente encore 83 % de votre chiffre d'affaires, pouvez-vous donner un objectif chiffré de la part que vous souhaitez atteindre hors automobile à horizon 2026-2027, et quels sont les leviers concrets pour y parvenir ?
C.C. : L'objectif est que cette activité représente plus de 25% du CA à horizon 2029 en s'appuyant sur le développement de nos marques existantes en Amériques et en Europe (Drossbach, Schlemmer, Reiku), en renforçant notre proximité avec des grands distributeurs mondiaux et par croissance externe pour adresser de nouveaux marchés cibles ou de nouveaux horizons géographiques.
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