Wall Street rebondit déjà, après sa réaction négative à la Fed
Le Nasdaq attendu en vive hausse
La place américaine, qui réagissait hier soir négativement à l'austérité affichée de la Fed, se reprend aussitôt, récupérant la majeure partie de ses pertes avant bourse ce jeudi. Le Dow Jones gagne 0,5%, le S&P 500 prend 0,8% et le Nasdaq 1,2%.
La banque centrale américaine a comme attendu opté hier soir pour un statu quo monétaire, laissant ses taux inchangés entre 3,50 et 3,75%, la décision étant unanime pour la première fois en un an. Ainsi, la Fed a maintenu ses taux inchangés pour la quatrième réunion consécutive. Les responsables de la Fed privilégient le maintien des taux ou éventuellement une hausse d'un quart ou d'un demi-point cette année, avant un éventuel assouplissement monétaire. Il s'agit, en comparaison du précédent "dot plot" présentant les anticipations des membres votants de la Fed en matière de taux, d'un virage vers une politique plus restrictive, puisque les décideurs avaient précédemment anticipé une baisse des taux en 2026. Le marché du travail s'est depuis raffermi et l'économie a confirmé sa résilience, alors que l'inflation a atteint son plus haut niveau depuis trois ans, sous l'effet de la hausse des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient.
Cette réunion monétaire était la première sous la présidence de Kevin Warsh, qui a laissé entrevoir des évolutions. Le Comité monétaire de la Fed n'a pas publié de d'orientations prospectives visant à signaler la posture probable de la politique monétaire et des taux. Warsh a également annoncé la création de groupes de travail chargés d'examiner cinq domaines liés à la politique monétaire : la communication de la Fed, son bilan, l'utilisation des sources de données existantes, la productivité et l'emploi, ainsi que le cadre de gestion de l'inflation de la Fed. Warsh qui avait déjà indiqué vouloir diriger une Fed tournée vers la réforme...
18 des 19 membres du FOMC ont soumis des projections de taux dans le cadre du 'dot plot'. Warsh s'est abstenu. Huit responsables prévoient un maintien des taux cette année, alors que trois anticipent une hausse et que cinq prévoient deux hausses. Un table même sur quatre hausses. Un seul membre prévoit une baisse. La Fed a raccourci sa déclaration de politique monétaire et a supprimé toute mention d'une éventuelle baisse des taux... Les marchés ont eu du mal à digérer ces annonces hier soir, le Nasdaq cédant finalement 1,34% et le Dow Jones 0,98%.
En ce qui concerne la géopolitique, Donald Trump a signé l'accord provisoire visant à mettre fin au conflit avec l'Iran et à rouvrir le détroit d'Ormuz. Ce protocole d'accord est désormais en vigueur, a indiqué un responsable américain cité par Bloomberg. Trump a déclaré aux journalistes avoir signé le document au château de Versailles, où il a dîné avec Emmanuel Macron. Le protocole avait été signé par voie numérique dimanche par le vice-président JD Vance et le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. Mercredi, Trump et le président iranien Masoud Pezeshkian ont apposé leurs signatures. Selon un projet consulté par Bloomberg et une version lue aux journalistes mercredi par un haut responsable américain, le détroit devait être rapidement rouvert après une fermeture de plusieurs mois. Le texte prévoit également des dérogations immédiates aux sanctions concernant le pétrole iranien. Des discussions sur le nucléaire, ainsi que sur d'éventuels avantages financiers supplémentaires pour l'Iran, suivront...
Trump a déclaré qu'une escalade militaire aurait pu provoquer une dépression économique... Il a défendu l'exclusion du programme de missiles balistiques iranien de l'accord. Il a précisé hier que la question des missiles serait abordée en même temps que le programme nucléaire iranien lors de futures négociations. Le président américain a aussi défendu le programme de développement de 300 milliards de dollars prévu pour l'Iran dans le protocole d'accord, réaffirmant qu'aucun fonds public américain n'y serait injecté et que l'Iran n'en bénéficierait que s'il "se tient à carreau", relate Bloomberg. Il a ajouté que les forces américaines frapperaient à nouveau l'Iran si ses dirigeants ne respectaient pas l'accord.
Toutefois, Trump s'est dit prêt à débloquer les milliards d'actifs iraniens gelés par les États-Unis au fil des ans. "À un moment donné, je suppose qu'il faudra les restituer", a-t-il déclaré, repris par Bloomberg. "Si nous ne les rendions pas, plus personne n'investirait jamais dans le dollar".
L'accord préliminaire a apporté un soulagement aux marchés de l'énergie. Les cours du brut poursuivent leur ajustement ce jeudi, le baril WTI cédant 2,4% à 75$. Néanmoins, comme le note Bloomberg, le protocole d'accord renvoie la plupart des différends les plus épineux, comme celui concernant les stocks d'uranium hautement enrichi de l'Iran, à une période de négociations ultérieures de 60 jours. Mercredi, Trump a déclaré aux journalistes présents en France qu'il ne considérait pas ce délai de 60 jours comme une date butoir stricte...
Dans l'actualité économique à Wall Street, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 13 juin, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie du mois de juin et l'indice des indicateurs avancés du Conference Board pour le mois de mai, seront publiés ce jeudi. Il s'agit aussi de la journée dite des Quatre Sorcières, ce qui peut accentuer la volatilité avec l'expiration de nombreux produits dérivés. Wall Street sera fermé demain pour "Juneteenth", la fête nationale symbolisant l'émancipation des esclaves afro-américains.
En ce qui concerne les entreprises cotées à Wall Street, Accenture et Kroger publient leurs comptes avant bourse ce jour.
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