Wall Street plombé par la flambée des cours du brut
Lourde baisse attendue des indices boursiers américains
Wall Street décroche en première tendance avant bourse, ce lundi, le S&P 500 abandonnant 1,4%, le Dow Jones 1,6% et le Nasdaq 1,5%, alors que les prix du pétrole s'envolent avec le durcissement du conflit au Moyen-Orient. Les contrats à terme sur le WTI ont franchi les 110$ le baril et les cours grimpent actuellement de plus de 16% vers les 108$, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord gagne 14% sur les 104$.
La fin de semaine dernière avait déjà été extrêmement négative à Wall Street suite à la publication d'un rapport sur l'emploi sans relief et de chiffres peu reluisants de la consommation. Les États-Unis ont détruit 92.000 postes non-agricoles en février, alors que les économistes anticipaient en moyenne 60.000 créations. Le taux de chômage est remonté à 4,4% contre 4,3% un mois avant. Les destructions de postes dans le privé ont été de 86.000 (+65.000 de consensus), avec 12.000 emplois manufacturiers détruits. Le taux de participation à la force de travail est ressorti à 62%. Le salaire horaire moyen a progressé plus que prévu, en hausse de 0,4% d'un mois sur l'autre et de 3,8% sur un an. L'emploi dans le secteur de la santé a diminué, en raison des grèves. L'emploi dans les secteurs de l'information et du gouvernement fédéral a continué de baisser, a précisé le Bureau américain des statistiques du travail.
La variation de l'emploi total non agricole pour décembre 2025 a été révisée à la baisse de 65.000, passant de +48.000 à -17.000. La variation pour janvier a été révisée à la baisse de 4.000, passant de +130.000 à +126.000. Après ces révisions, l'emploi cumulé pour décembre et janvier est inférieur de 69.000 aux chiffres précédemment publiés.
Les marchés de l'énergie restent un facteur déterminant ce lundi, alors que le conflit en Iran ne montre pas de signe d'apaisement. Les prix du pétrole brut ont fortement augmenté, le conflit ayant incité les pays à réduire leur production, tandis que le détroit d'Ormuz reste bloqué. Le Koweït a confirmé des réductions de production dans le cadre d'une mesure de précaution, tandis que la production irakienne aurait chuté d'environ 70%. Les prix du pétrole ont franchi la barre des 110 dollars le baril WTI (sur les contrats à terme) pour la première fois depuis les premiers mois de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, sans aucun signe de ralentissement dans ce qui constitue la plus forte hausse des prix du pétrole depuis les années 1980, note Bloomberg.
Depuis le début des frappes aériennes menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, qui ont tué au Guide suprême Ali Khamenei et provoqué une violente riposte, les prix du pétrole ont enregistré selon l'agence leur plus forte hausse hebdomadaire depuis au moins 1985. Surtout, le conflit a paralysé le trafic maritime de pétroliers dans le détroit d'Ormuz. Environ 20 millions de barils de pétrole par jour, soit un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole brut transporté par voie maritime, empruntent quotidiennement cette voie maritime reliant le golfe Persique au marché international, rappelle Bloomberg, qui cite des données de Vortexa selon lesquelles près de 16 millions de barils/jour seraient actuellement bloqués dans le détroit.
"Pas de panique. Il n'y a pas de pénurie de pétrole. Les prix vont bientôt baisser à nouveau. Les États-Unis reçoivent actuellement leur première cargaison de 100 millions de barils de pétrole en provenance du Venezuela post-Maduro", a tenu à rassurer Donald Trump, raillant les 'panicans', terme qu'il apprécie pour qualifier ceux qui ont peur d'un phénomène économique ou financier brutal. Le président américain a déploré la désignation de Mojtaba Khamenei en tant que nouveau guide suprême iranien, ajoutant toutefois : "On verra ce qui se passera". Trump a indiqué que le fils de Khamenei "ne durerait pas longtemps" sans l'approbation américaine.
Du côté des indicateurs économiques américains cette semaine, les investisseurs suivront notamment de près la publication, mercredi, de l'indice des prix à la consommation et, vendredi, celle de l'indice des dépenses de consommation des ménages, même si ces deux indices ne refléteront pas encore l'impact de la forte hausse récente du prix du pétrole... Dans le détail des statistiques de la semaine, les reventes de logements existants de février seront connues demain, alors que l'indice des prix à la consommation de février sera donc annoncé mercredi (consensus +0,3% d'un mois sur l'autre et +2,4% sur un an, ou +0,2% et +2,5% hors alimentaire et énergie). Le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains sera aussi connu mercredi.
Jeudi, les opérateurs suivront les mises en chantier de logements et permis de construire, la balance du commerce international des biens et services, ainsi que les inscriptions hebdomadaires au chômage. Enfin, vendredi, ils prendront connaissance des chiffres des commandes de biens durables, du PIB du 4e trimestre, des revenus et dépenses des ménages, de l'indice du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan et du rapport JOLTS sur les ouvertures de postes.
Côté entreprises, la saison des résultats se poursuit avec la publication des résultats de Hewlett Packard Enterprise attendue après la clôture de la bourse ce lundi. Casey's General Stores annonce également ce soir. Les résultats d'Oracle sont programmés demain soir après bourse. Nio Inc et BioNTech seront aussi de la partie demain. The Campbell's Company et UiPath dévoilent leurs derniers chiffres mercredi. Adobe, Dollar General, Ulta Beauty, Li Auto, Dick's Sporting Goods, Lennar et Wheaton Precious Metals, annonceront enfin leurs résultats trimestriels jeudi.
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