Wall Street : hésitations confirmées, alors que la géopolitique et la Fed inquiètent
Les indices américains sans grande tendance
La cote américaine s'affiche incertaine avant bourse ce lundi, affectée par les tensions géopolitiques et les anticipations de remontée des taux. Le Dow Jones et le S&P 500 perdent 0,1% en pré-séance, tandis que le Nasdaq 100 gagne quelques points.
Les investisseurs temporisent suite à l'intervention prudente de Kevin Warsh, nouveau patron de la Fed, vendredi dans le cadre du sommet de Jackson Hole, et sur fond de regain de tensions entre Washington et Téhéran... Les rendements des obligations d'État restent surveillés, à 4,71% sur le T-Bond à 10 ans et sur les 5,2% sur le '30 ans'.
Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, successeur de Jerome Powell, a adopté un ton ferme vendredi pour son intervention dans le cadre du symposium de Jackson Hole, affirmant que la priorité de la Fed devait demeurer la stabilité des prix. Warsh a indiqué que les données sur l'inflation estivale s'étaient améliorées, mais que les tendances sous-jacentes n'avaient pas sensiblement évolué. La Fed doit être convaincue que l'inflation revient vers son objectif des 2%, faute de quoi "il nous reste du travail à faire", lance le timonier de la Fed.
Il a réaffirmé que l'objectif d'inflation PCE de 2% était "ferme et immuable". Parallèlement, l'économie reste résiliente : la consommation des ménages est dynamique, le marché du travail est stable et l'investissement des entreprises progresse rapidement, détaille le responsable. Warsh a également déclaré qu'il était difficile de qualifier les conditions financières de restrictives, les marchés du crédit ne montrant que peu de signes de retenue.
Le leader de la Fed laisse entendre que des hausses de taux sont envisagées si l'inflation ne fléchit pas. Il note que pour l'heure, l'inflation ne ralentit pas de manière significative. Une hausse des taux reste l'anticipation des marchés, qui tablent sur une ou deux augmentations d'un quart de point d'ici la fin de l'année, mais la probabilité d'un durcissement de 25 points de base dès septembre est fortement montée suite aux commentaires de Warsh, désormais proche des 60%.
Lors de la réunion de juillet, une large majorité des membres votants de la Fed s'était prononcée en faveur d'une politique monétaire attentiste, décidant d'un statu quo monétaire, mais trois voix dissidentes (Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan) s'étaient élevées, prônant une hausse des taux. La banque centrale américaine avait finalement laissé les taux inchangés sur les 'fed funds' entre 3,50 et 3,75%.
Warsh a aussi livré des commentaires au sujet de l'IA, notant que les ventes annualisées de 'tokens' des deux principaux laboratoires d'IA (OpenAI et Anthropic - respectivement ChatGPT et Claude) dépassent désormais 100 milliards de dollars, en hausse de plus de 500% d'une année sur l'autre. "Il n'est pas évident de savoir où atterriront les rendements du capital ni sur quelle échelle de temps", a nuancé le dirigeant.
Sur le front économique à Wall Street, les opérateurs suivront ce lundi à 16h30 l'indice manufacturier de la Fed de Dallas pour le mois d'août. Demain mardi, les opérateurs surveilleront l'indice PMI manufacturier final et l'ISM manufacturier d'août, les dépenses de construction de juillet, ainsi que le rapport JOLTS du Département au Travail sur les ouvertures de postes du mois de juillet.
Le rapport d'ADP sur l'emploi privé du mois d'août, les commandes industrielles du mois de juillet et le Livre Beige économique de la Fed, seront annoncés mercredi.
La balance du commerce international des biens et services de juillet, la dernière étude Challenger sur les annonces de licenciements, les inscriptions hebdomadaires au chômage, les chiffres révisés de la productivité non-agricole du 2e trimestre, l'indice PMI composite final d'août et l'ISM des services du même mois, seront connus jeudi. Le gouverneur de la Fed Christopher Waller prend par ailleurs la parole le même jour.
Enfin, vendredi, les investisseurs suivront de près le rapport gouvernemental américain sur la situation de l'emploi pour le mois d'août (consensus FactSet 65.000 créations de postes, 53.000 dans le privé, 4,2% de taux de chômage).
Les cours du brut remontent vers les 86$ sur le baril WTI ce lundi et sur les 91$ pour le Brent de la mer du Nord. Washington et Téhéran ont échangé des frappes pour la première fois depuis environ un mois, le Commandement central américain (CENTCOM) ayant visé des lance-roquettes qui s'apprêtaient à déployer des mines dans le détroit d'Ormuz. En représailles, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé avoir attaqué des bases aériennes américaines en Jordanie. Par ailleurs, le CGRI a indiqué qu'un superpétrolier non identifié, tentant d'emprunter la voie sud du détroit d'Ormuz, avait été touché par deux mines, selon un reportage de la télévision d'État iranienne repris par 'Bloomberg'.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a indiqué dans une interview accordée à Reuters que Washington allait probablement dévoiler de nouvelles sanctions secondaires contre l'Iran sur une base hebdomadaire, "en commençant par les banques". La prochaine étape pourrait consister à exclure totalement une institution du système basé sur le dollar, a précisé Bessent. Washington avait précédemment fourni des précisions la semaine dernière sur les sanctions économiques visant à étouffer l'Iran pour contraindre le pays à négocier. Donald Trump s'est aussi amusé hier à poster une carte des territoires américains sur laquelle figurait le détroit d'Ormuz...
Le haut commandant américain pour le Moyen-Orient a déclaré à la fin de la semaine dernière que les forces américaines avaient débarrassé le détroit d'Ormuz des mines iraniennes, affirmant que les voies de navigation étaient ouvertes, bien que les alliés de Washington soient restés sceptiques quant à cette affirmation. Ce passage maritime relie le golfe Persique aux marchés mondiaux, et son statut, constitue un important point de friction depuis le déclenchement du conflit fin février. Néanmoins, même en l'absence d'accord de paix entre les deux parties, environ 6 à 8 millions de barils de brut par jour transitent par le détroit d'Ormuz, selon les négociants qui surveillent les cargaisons.
En dehors du Moyen-Orient, Washington a pris des mesures pour s'assurer le contrôle direct de plus de 65 milliards de barils de réserves pétrolières vénézuéliennes, via une concession prévue pour une durée de 100 ans portant sur 17 gisements. Le président Donald Trump a déclaré que ce brut servirait à reconstituer la réserve stratégique du pays, actuellement épuisée.
Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, Palo Alto Networks, Dell Technologies, GitLab, NIO Inc. et Medtronic, publient leurs comptes demain. Brown-Forman, NetApp, Hewlett Packard Enterprise, Snowflake et surtout Broadcom, annoncent leurs résultats trimestriels mercredi. UiPath, Docusign, Lululemon, Guidewire, Samsara, Zscaler, Copart et Ciena, dévoileront leurs derniers résultats jeudi.
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