Taux : l'OAT à 10 ans poursuit son ascension au-dessus de la barre des 5% !
Nouvelles secousses...
Pas de répit sur la dette française ! La situation nationale continue d'inquiéter les investisseurs avec le rendement de l'OAT à dix ans qui bondit encore, prenant 5,7 points de base, à 5,057%, au plus haut depuis juillet 2002 (il a touché 5,1415% un peu plus tôt en séance), après avoir franchi mercredi la barre symbolique des 5%. Le "spread" Bund-OAT, qui mesure l'écart de taux entre les obligations française et allemande, est désormais à plus de 170,8 points de base (+11,8 pb), le niveau le plus important depuis 2011 !
Les inquiétudes quant à la capacité du pays à assainir ses finances publiques, affectées par un déficit qui devrait atteindre 5,4% cette année et une dette publique s'élevant à 119% du PIB fin juin, pèsent de plus en plus sur la confiance des opérateurs, qui considèrent tant les récentes mobilisations dans les rues françaises que l'approche de l'élection présidentielle de 2027 comme des facteurs susceptibles de compliquer encore davantage tout effort de redressement.
"L'impasse politique et la colère de la population face au coût élevé de la vie rendent pratiquement impossible tout assainissement des finances publiques avant l'élection présidentielle française de l'an prochain", explique à 'Bloomberg' Elias Haddad, stratège principal des marchés chez Brown Brothers Harriman & Co.
À l'avenir, peu d'éléments semblent susceptibles de restaurer la confiance, estime Henrietta Pacquement, directrice des opérations sur les titres à revenu fixe chez Allspring Global Investments. "Les niveaux actuels sont intéressants ; un taux de 5% ne passe évidemment pas inaperçu", a-t-elle déclaré lors d'un entretien sur 'Bloomberg Television'. "Mais nous sommes confrontés à l'échéance des élections l'an prochain, et il reste encore quelques mois avant cette échéance".
"Initialement, les investisseurs étrangers avaient sous-estimé le risque budgétaire. Après les émeutes, ils commencent désormais à comprendre que les dépenses publiques et le déficit ne sont pas seulement le résultat d'une mauvaise gestion, mais constituent aussi, en partie, le prix à payer pour préserver la paix sociale", estime de son côté Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. Il prédit également que "le pire reste probablement à venir", soulignant que les obligations françaises "restent incroyablement chères", et que le rendement réel de la dette française "est nettement inférieur à ce que justifieraient ses fondamentaux économiques et budgétaires".
La pression sur la dette nationale pourrait encore monter d'un cran demain soir puisque Moody's doit actualiser sa note de crédit souverain. Et une dégradation n'est clairement pas exclue.
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