Pétrole : Trump en remet une couche, le baril s'envole à nouveau
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Le répit aura été de courte durée. Les cours de l'or noir repartent vivement à la hausse quelques heures après que Donald Trump eut anéanti les espoirs d'une résolution imminente du conflit au Moyen-Orient. Le président américain a averti que les États-Unis frapperaient l'Iran "très durement" au cours des deux à trois prochaines semaines, sans donner de calendrier précis quant à la fin de la guerre. Donald Trump s'est par ailleurs montré peu préoccupé par la situation dans le détroit d'Ormuz, déclarant qu'il s'ouvrirait "de lui-même" une fois le conflit terminé, sans fournir de détails. Le baril de Brent de la mer du Nord (contrat juin) bondit de 6,5% à 107,7 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (contrat mai) prend près de 6% à 106$ sur le Nymex.
La guerre a conduit à la fermeture de facto du détroit- voie de passage essentielle pour les exportations de brut et de marchandises depuis le Moyen-Orient-, coupant l'approvisionnement des marchés mondiaux en pétrole brut, en gaz et en produits dérivés comme le diesel, faisant grimper les prix de l'énergie et alimentant les craintes d'une crise inflationniste.
L'Iran et Oman décideront de l'avenir du détroit, a indiqué mercredi le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, selon la chaîne de télévision d'État 'Press TV'. Hormuz ne sera pas rouvert suite aux "manifestations absurdes" du président américain, a ajouté l'IRIB, une agence de presse d'État, citant un communiqué du Corps des gardiens de la révolution islamique.
"Le discours de Trump ne change rien à la réalité du marché : le détroit est de facto fermé depuis un mois et les flux restent fortement limités, avec au moins plusieurs semaines de perturbations encore probables, voire plus", déclare à 'Bloomberg' Robert Rennie, responsable de la recherche sur les matières premières chez Westpac Banking. Il ajoute que le Brent devrait se négocier entre 95 et 110 dollars le baril à court terme. "La seule chose qui compte vraiment, c'est de savoir si le détroit d'Ormuz va bientôt rouvrir. Le discours de Trump ne laisse pas entendre que cela se produira aussi rapidement que les marchés l'espéraient", note Prashan Newnaha, stratège chez TD Securities.
"L'ambiguïté caractéristique du président laisse plusieurs options militaires ouvertes à court terme, même si elle esquisse un calendrier relativement court pour l'implication américaine", souligne de son côté Claudio Galimberti, économiste en chef de Rystad Energy. "Tant que la voie de la désescalade ne sera pas plus claire, les marchés resteront probablement très volatils".
Même si le conflit devait prendre fin en quelques semaines, il faudrait du temps pour que les flux redeviennent à la normale dans le détroit d'Ormuz, tandis que certaines infrastructures énergétiques ont été endommagées et nécessitent de longues réparations. Le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol, a averti que des restrictions d'énergie pourraient bientôt être mises en place dans certains pays, la crise pétrolière s'aggravant notamment en Asie.
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