Pétrole : nouvelle accélération du baril, au plus haut depuis un mois
Au lendemain d'une envolée de 10%...
Ce n'est pas encore un retour à la case départ mais c'est déjà un retour un mois en arrière. Le baril de pétrole évolue au plus haut depuis un mois sur fond d'escalade des hostilités entre Washington et Téhéran. Le baril de Brent, la référence mondiale, progresse de 3,5% à 86,2 dollars (contrat septembre) après avoir bondi de près de 10% lundi, enregistrant sa plus forte hausse depuis mai 2020. Le WTI (contrat août) gagne 3,5% à 80,9$ sur le Nymex. Donald Trump a déclaré lundi que les États-Unis frappaient de nouveau l'Iran avec pour objectif revendiqué de détruire les capacités offensives de Téhéran et de protéger le détroit d'Ormuz, après avoir par ailleurs annoncé dans la journée rétablir le blocus des ports iraniens.
L'armée iranienne a pris pour cible des installations américaines au Koweït à l'aide de drones et a frappé " un navire hostile " avec des missiles de croisière, a rapporté l'agence de presse semi-officielle 'Fars', citant un communiqué de l'armée. Parallèlement, les Émirats arabes unis ont annoncé que deux de leurs pétroliers avaient été attaqués dans les eaux omanaises alors qu'ils empruntaient la voie sud du détroit.
En dépit de ce regain de tensions, le président américain n'a pas exclu lundi qu'un accord soit possible, alors que les maintes commentaires contradictoires des parties adversaires viennent semer le trouble sur les marchés depuis le début du conflit fin février. Pour ajouter au tumulte, TD.rump a exigé lundi le versement d'une redevance de 20% sur les cargaisons transitant par le détroit d'Ormuz. Cela représenterait environ 30 millions de dollars par superpétrolier chargé, aux prix actuels du pétrole. Avant le conflit, environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitait par le détroit.
"La dernière escalade, incluant le rétablissement du blocus par les États-Unis et les ripostes iraniennes, a clairement introduit de nouveaux risques sur le marché", a déclaré Tim Waterer, analyste en chef des marchés chez KCM Trade. "Bien qu'une fermeture totale ne se soit pas produite, les objectifs contradictoires des deux parties ont rendu la situation de l'approvisionnement très incertaine", a-t-il ajouté. "La variable clé à surveiller est le mouvement physique de pétrole brut via le détroit d'Ormuz. Tout blocage significatif du trafic de pétroliers, toute réduction prolongée des mouvements de navires ou toute perturbation des flux d'exportation entraînerait probablement une nouvelle hausse des prix du pétrole", ajoute Priyanka Sachdeva, analyste chez Phillip Nova. "À l'inverse, si les barils continuent de circuler malgré l'escalade militaire, une partie de la prime géopolitique actuelle pourrait progressivement se résorber".
Par ailleurs, Donald Trump soutiendra un projet de loi imposant des sanctions à la Russie, porté par le sénateur Lindsey Graham (aujourd'hui décédé), selon un responsable de la Maison Blanche ayant requis l'anonymat cité par 'Bloomberg'. Cette initiative relancerait les efforts visant à pénaliser les acheteurs de pétrole et de gaz naturel russes et à accroître la pression sur le Kremlin pour qu'il mette fin à la guerre en Ukraine.
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