Pétrole : la barre des 100$ effacée par le Brent
120$ comme prochaine étape ?
Pour la première fois depuis le 24 juillet, le Brent a franchi la barre des 100$ sur fond de tensions croissantes au Moyen-Orient. Le baril de Brent de la mer du Nord (contrat novembre) gagne actuellement 1,8% à 99,7$, après avoir atteint en séance 100,19 dollars. Le brut léger américain (contrat octobre) avance de son côté de 1,3% à 94,3$ sur le Nymex.
L'armée américaine a annoncé avoir détruit cinq pétroliers iraniens mardi, après des tentatives d'attaques de missiles contre un navire de guerre de la marine lors des deux derniers jours. Les Gardiens de la révolution islamique (CGRI) ont de leur côté annoncé dans un communiqué, relayé par les médias publics iraniens, avoir riposté en lançant des missiles balistiques contre une base militaire des Etats-Unis située en Jordanie. Avant cela, les Houthis au Yémen, soutenus par l'Iran, avaient lancé mardi des attaques contre plusieurs villes saoudiennes, entraînant davantage cet allié des Etats-Unis dans ce conflit régional, déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines contre Téhéran. Ce regain de tensions pourrait menacer les livraisons de brut via la mer Rouge, qui constitue une voie alternative essentielle au détroit d'Ormuz, bloqué de facto depuis le début de la guerre.
Parallèlement, on observe une reprise des achats de brut par la Chine ces derniers jours, relate 'Bloomberg'. L'interruption des achats de la part du plus grand importateur mondial avait été l'un des principaux facteurs limitant la hausse des prix au début du conflit ; la reprise de ces achats propulse désormais certains indicateurs clés du marché à leurs niveaux les plus élevés depuis plusieurs semaines. Les produits raffinés, comme le diesel, ont connu une hausse encore plus marquée que les cours du Brent alors que le conflit au Moyen-Orient s'étend à la mer Rouge et s'ajoute à la guerre entre la Russie et l'Ukraine.
"La tendance la plus probable est une hausse soutenue et régulière alors que le conflit entre dans son septième mois", déclare à 'Bloomberg' Darrell Fletcher, directeur général chargé des matières premières chez Bannockburn Capital Markets. "Les fondamentaux du marché des produits pétroliers restent haussiers, alors que les stocks et les réserves mondiaux diminuent. Dans un scénario désormais classique, les États-Unis et l'Iran poursuivent leurs contre-attaques et leurs avertissements mutuels".
Un nombre croissant de banques, dont Goldman Sachs, Bank of America et HSBC, ont revu à la hausse leurs prévisions de prix du brut ces derniers jours. Goldman Sachs estime dans une note que le baril de Brent pourrait dépasser les 120 dollars si la production pétrolière moyenne du Golfe en 2027 reste inférieure de quatre millions de barils par jour aux niveaux d'avant-guerre. "De nouvelles perturbations pourraient faire grimper le prix (du pétrole) jusqu'à 120 dollars le baril, tandis que d'importants dégâts aux infrastructures énergétiques pourraient le faire monter jusqu'à 150 dollars le baril", estime pour sa part BofA.
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