Nvidia: enquête interne sur un espionnage présumé du patron, qui admet une relation extraconjugale
Le conseil d'administration de Nvidia, géant américain des semi-conducteurs, a annoncé dimanche l'ouverture d'une enquête indépendante après de récents articles évoquant une opération chinoise d'espionnage ayant visé son patron fondateur, qui a reconnu de manière concomitante une relation extraconjugale.
Dans un communiqué, le conseil justifie sa décision par "les récentes informations de presse indiquant que le fondateur et patron Jensen Huang a été pris pour cible par des efforts de services de renseignement étrangers", sans en indiquer l'origine géographique.
Précisant que le conseil "a confiance en Jensen et en son équipe dirigeante", il souligne que le grand patron "soutient totalement cet examen et s'est engagé à coopérer".
Également dimanche après-midi, M. Huang a adressé un message aux employés du groupe - dont l'AFP a obtenu copie - dans lequel il reconnaît avoir entretenu une relation extraconjugale et en être "profondément désolé".
Il ne donne en revanche pas de détail concernant cette relation, ni ne réagit aux récentes accusations publiées dans des médias.
Le New York Times avait écrit fin octobre qu'une responsable chinoise de l'entreprise Megaspeed - Alice Huang, sans lien de parenté avec le patron de Nvidia, aussi connue comme Huang Le - était soupçonnée par les services de renseignement américain d'avoir opéré comme agent du renseignement chinois et d'avoir noué une relation étroite avec Jensen Huang.
Cette entreprise, basée à Singapour, est soupçonnée d'avoir dérouté vers la Chine des puces d'IA avancées de Nvidia, affirmait le journal, citant des sources anonymes proches de l'enquête.
Des informations que Pékin avait alors qualifiées de "spéculations sans fondement", tandis que le président des États-Unis Donald Trump avait apporté son soutien au "brillant" patron de Nvidia.
"On va examiner ça de très près", avait déclaré M. Trump, qui est conseillé par Jensen Huang sur l'IA.
Ce dernier faisait partie de la délégation de patrons en voyage avec le président américain pour rencontrer son homologue chinois, Xi Jinping, à Pékin en mai.
Interrogé par des journalistes dimanche, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a refusé de commenter l'affaire, affirmant qu'il s'agissait d'un dossier "interne à l'entreprise".
Mea culpa
S'adressant dans son message dominical également à ses collègues chez Nvidia, au conseil d'administration, aux partenaires et actionnaires à travers le monde, M. Huang a notamment assuré de son "engagement total" envers l'entreprise.
"Ma responsabilité est de vous servir et d'être digne de votre confiance. Je vous ai fait défaut", a-t-il ajouté, dans ce mea culpa envers sa famille et Nvidia.
Un porte-parole du groupe a précisé auprès de l'AFP que "les nouvelles du jour ne vont pas ralentir Nvidia. Jensen est déterminé à continuer de diriger Nvidia en tant que patron sans interruption."
"Le conseil donne la priorité à la sécurité nationale et économique des États-Unis, qui sont fondamentales pour les intérêts de Nvidia et de ses actionnaires", a poursuivi le communiqué du conseil, précisant qu'un comité d'administrateurs indépendants, "assisté par des juristes extérieurs indépendants", allait superviser cette enquête.
"Bien que le conseil n'ait aucune raison de penser que la sécurité nationale ou les secrets de Nvidia aient été compromis, l'enquête du conseil examinera toutes les informations disponibles", a-t-il assuré, précisant que des informations supplémentaires seraient transmises lorsque ce sera "approprié".
De son côté, dans son message personnel, M. Huang a assuré être "déterminé à protéger Nvidia et à défendre la sécurité nationale des États-Unis" et a confirmé soutenir l'enquête interne indépendante et avoir l'intention d'y coopérer.
Pour Dan Ives, directeur de Yorkville Ives, c'est un "moment très embarrassant pour Jensen qui va déclencher de multiples enquêtes parlementaires, à tout le moins".
Selon lui, cela va également constituer "une épée de Damoclès sur l'action pour toute une myriade de raisons", a-t-il estimé, s'attendant à ce que Jensen Huang conserve son poste de PDG sans interruption "à court terme".
Dan Ives a néanmoins reconnu qu'il existait "clairement un risque que Jensen" perde son poste à la tête du groupe, et que cet épisode "accentue l'attention majeure concernant la vente de micro-processeurs à la Chine".
Le Financial Times avait rapporté en début de semaine que Nvidia avait ordonné à ses partenaires de centres de données de restreindre leurs activités avec des clients chinois.
Les clients de Nvidia dans le secteur du cloud doivent désormais vendre au moins 51% de leurs services à des entreprises qui ne sont pas chinoises, écrivait mardi le quotidien économique, s'appuyant sur cinq sources proches du dossier.
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