Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
8 326.17 PTS
+1. %
8 319.5
+0.87 %
SBF 120 PTS
6 288.27
+0.81 %
DAX PTS
25 205.51
+0.31 %
Dow Jones PTS
49 266.11
+0.55 %
25 507.10
-0.57 %
1.164
-0.19 %

Mercosur: face au risque politique, Macron choisit de dire non malgré des concessions "incontestables"

| AFP | 259 | 1 par 1 internautes
Le président français Emmanuel Macron à Paris le 8 janvier 2026
Le président français Emmanuel Macron à Paris le 8 janvier 2026 ( Michel Euler / POOL/AFP )

Emmanuel Macron a tranché: malgré les concessions "incontestables" de Bruxelles, la France votera "contre" l'accord commercial avec le Mercosur, un choix qui ne bloquera pas le traité et qui l'expose à un procès en perte d'influence mais qui devrait permettre de sauver le gouvernement.

"Le constat doit être dressé d'un rejet politique unanime de l'accord", a déclaré jeudi soir le chef de l'Etat dans un communiqué annonçant sa décision, après un appel à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen pour l'informer.

Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a estimé que ce "non" était "une manœuvre de communication aussi tardive qu'hypocrite, "une mise en scène", et donc "une trahison des agriculteurs". Il a donc annoncé que le parti d'extrême droite déposerait une motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui n'a toutefois que peu de chances d'aboutir.

Le patron du parti Les Républicains Bruno Retailleau avait lui aussi fait planer le "risque d'une censure" mais uniquement si Emmanuel Macron avait choisi de voter en faveur du texte.

Avec une classe politique hostile et des manifestations agitées d'agriculteurs venus en tracteurs à Paris, la pression était forte contre cet accord de libre-échange sur lequel les Vingt-Sept doivent se prononcer vendredi, pour une signature avec le bloc latino-américain prévue la semaine prochaine.

Face à cette équation, le président de la République, qui évoque un traité "d'un autre âge" à l'impact limité, a fait le calcul politique qu'il valait mieux aller dans le sens des opposants, pour préserver son Premier ministre et lui éviter de chuter avant même d'avoir réussi à faire adopter un budget pour l'année en cours.

Et tant pis si, au fond, et contrairement aux manifestants, il ne juge pas cet accord commercial si néfaste.

Début novembre, depuis le Brésil, Emmanuel Macron avait insisté sur les bienfaits du texte pour "notre filière viticole qui est heurtée par les tarifs américains" et pour "beaucoup de secteurs industriels" en quête de "diversification".

Il avait aussi salué le "paquet" de mesures "tout à fait acceptable" proposé par Bruxelles, notamment sur une "clause de sauvegarde" pour protéger les filières agricoles en cas de perturbation du marché. "Je suis plutôt positif mais je reste vigilant", avait-il lâché, laissant entrevoir un possible feu vert français à terme, si d'autres exigences étaient satisfaites.

Ses déclarations avaient toutefois mis le feu aux poudres en France.

Le président était donc vite revenu sur la position des mois précédents: un "non très ferme de la France" à l'accord "en l'état". Et redoublé d'efforts dans son bras de fer pour obtenir plus de garanties de la Commission européenne.

Avant Noël, à Bruxelles, grâce au soutien de l'Italie, il avait même réussi à arracher un bref report de la signature qui semblait imminente.

Impuissance

Depuis, l'exécutif français se targue d'avoir engrangé des victoires pour ses agriculteurs, sur le coût des engrais comme sur le futur budget de la politique agricole commune (PAC) pour sécuriser les aides européennes à leur revenu.

"C'est le résultat de notre mobilisation déterminée et de mon engagement constant pour nos agriculteurs", s'est-il félicité cette semaine. Des "avancées incontestables" dont "il faut donner acte à la Commission européenne", a-t-il abondé jeudi.

Mais la France n'a pas réussi, a priori, a réunir une minorité de blocage, et l'accord devrait donc être entériné par l'UE à la majorité qualifiée.

De quoi nourrir les accusations d'impuissance d'un chef de l'Etat en fin de règne, voire d'une entente tacite avec les instances européennes, très favorables au Mercosur qui est aussi plébiscité par l'Allemagne et l'Espagne.

"Emmanuel Macron a une responsabilité directe si ce traité passe", puisque "depuis huit ans, il aurait pu et il aurait dû bloquer cet accord", a affirmé la cheffe des députés La France insoumise Mathilde Panot à l'issue d'une réunion à l'Elysée.

Si Emmanuel Macron a un temps espéré que la "pédagogie" permettrait de mettre en avant les avantages du traité et d'en relativiser les méfaits, le débat public est resté totalement défavorable.

Jusqu'au bout, le gouvernement a donc dit que "le compte n'y est pas". Le président a lui préféré jeudi pointer l'équation politique pour justifier son refus.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
1 avis
Note moyenne : 1
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
Actions les plus vues

Classement des actions les plus vues, pour la période du vendredi 02 janvier 2026 au jeudi 08 janvier 2026, des marchés Euronext Paris, Bruxelles, Amsterdam, Growth Paris, NASDAQ et NYSE sur le site et l'application Bourse Direct.

CONTENUS SPONSORISÉS
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 09/01/2026

Des agriculteurs allument un feu alors qu'ils participent, avec leurs véhicules, à un blocage d'autoroute, à Poilley, dans l'ouest de la France, le 5 janvier 2026 ( Damien MEYER / AFP )Après…

Publié le 09/01/2026

Opération escargot des agriculteurs de la Confédération paysanne sur le périphérique parisien le 9 janvier 2026 ( Thomas SAMSON / AFP )Repli des tracteurs de la Coordination rurale et…

Publié le 08/01/2026

Des tracteurs sont garés devant l'Arc de Triomphe lors d'une manifestation d'agriculteurs, le 8 janvier 2026 à Paris ( Thomas SAMSON / AFP )Des centaines d'agriculteurs sont rassemblés jeudi…

Publié le 07/01/2026

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard, à l'Elysée à Paris, le 5 janvier 2026 ( Ludovic MARIN / AFP )Avocats, mangues et autres agrumes ne pourront plus entrer en France s'ils contiennent…

Publié le 07/01/2026

Un tracteur est stationné devant le Parlement européen, le 18 décembre 2025 à Bruxelles ( NICOLAS TUCAT / AFP/Archives )La Commission européenne s'est efforcée mercredi d'adresser d'ultimes…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 09/01/2026

Le marché manque de souffle, mais pas d’opportunités.En cette fin de semaine, les indices (CAC 40, DAX) montrent un momentum faiblissant. Pour Romain Daubry, la tendance globale s'essouffle, mais…

Publié le 09/01/2026

La Bourse de Paris a clôturé en légère hausse, dans un contexte géopolitique tendu marqué par les ambitions militaires de Donald Trump, qui a proposé une forte hausse du budget de la défense…

Publié le 09/01/2026

Votre rendez-vous quotidien avec les petites et moyennes capitalisations ! Chaque jour, retrouvez l’analyse d’Eric Lewin sur les valeurs Small & Mid Caps du moment qui font l’actualité.

Publié le 09/01/2026

(Zonebourse.com) - Saab indique avoir reçu une commande de l'Administration suédoise du matériel de défense (FMV), pour son Trackfire RWS (Remote Weapon Station), commande d'une valeur d'environ…

L'ouverture de votre compte Bourse Direct est gratuite et s'effectue en ligne en quelques minutes.

Dans le cas d'un transfert de compte, Bourse Direct prend en charge 100% de vos frais, à hauteur de 200 € par compte.

Assurance vie

Jusqu'à 620€ de prime offerte*

Découvrir

*Voir conditions