Les Français se détournent encore de leurs Livrets A
Le Livret A n'a plus la cote: freinés par un taux relativement bas, les épargnants ont davantage puisé dans leurs réserves en mars qu'ils ne les ont étoffées, faisant de ce mois le pire depuis 2009 pour ce produit d'épargne.
C'était déjà le cas aux mois de janvier et de février, d'après des chiffres de la Caisse des dépôts (CDC) publiés mercredi.
Dans le détail, les épargnants ont retiré 490 millions d'euros de plus qu'ils n'en ont déposé le mois dernier, signant ainsi le pire mois de mars pour le Livret A depuis que la CDC collecte ces données, en 2009, et le pire premier trimestre.
S'il a diminué de 3,1 milliards d'euros depuis le début de l'année, le stock d'argent déposé sur les quelque 58 millions de Livrets A reste cependant conséquent, à 446,5 milliards d'euros.
Les Livrets de développement durable et solidaire (LDDS), au taux identique à celui du Livret A mais proposant un plafond moindre, font du quasi surplace (+80 millions d'euros le mois dernier), à 165,3 milliards d'euros.
Ces deux produits d'épargne réglementée pâtissent de leur taux, divisé par deux en à peine un an. Ils ne rapportent plus que 1,5%, alors qu'il permettait aux épargnants d'engranger du 3% jusqu'en janvier 2025.
Cette baisse profite aux principaux concurrents du Livret A et du LDDS: les produits d'assurance vie, commercialisés par les établissements bancaires et les compagnies d'assurance.
En affichant un taux de rendement moyen de 2,65%, selon une estimation publiée fin mars par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), les fonds euros de l'assurance vie sont redevenus compétitifs et font le plein depuis le début de l'année.
Un bémol cependant, ce dernier taux ne prend pas en compte la fiscalité qui s'applique aux gains, contrairement au taux du Livret A, qui est net d'impôt.
Hausse du taux en perspective
La poussée d'inflation, portée par la guerre en Iran et mesurée par l'Insee à 1,7% sur un an en mars contre 0,9% seulement en février, pourrait cependant faire revenir le Livret A dans la course cet été.
Cette accélération de la hausse des prix est logiquement portée par un important rebond des prix de l'énergie, particulièrement des produits pétroliers (+17,1% sur le mois après +1,8% en février), en lien avec les premières attaques israélo-américaines contre l'Iran fin février.
Le taux du Livret A, dépendant en partie de l'inflation, a donc de fortes chances d'augmenter cet été.
Le directeur adjoint de la CDC Antoine Saintoyant a d'ailleurs déclaré début avril qu'il s'attendait à une hausse du taux du Livret A.
Les économistes du groupe BPCE, rassemblant les Banques populaires et les Caisses d'épargne, tablent sur un taux de 1,8% à compter du 1er août, date d'entrée en vigueur de la prochaine révision, mi-juillet.
Philippe Crevel, directeur d'un centre de réflexion sur l'épargne adossé à un assureur, avance même la barre possible des 2%.
Le Livret d'épargne populaire (LEP), accessible sous conditions de ressources et rapportant 2,5%, n'a pas non plus attiré les foules au mois de mars, toujours selon la Caisse des dépôts.
Les épargnants ont retiré 120 millions d'euros de plus qu'ils n'en ont déposé sur leurs LEP, dont le nombre plafonne autour de 12 millions, malgré les efforts affichés de Bercy et de la Banque de France.
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