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La justice américaine relance l'éolien offshore, malgré l'opposition de Trump

| AFP | 109 | Aucun vote sur cette news
Un champ d'éoliennes offshore, au large de Rhode Island, aux Etats-Unis, le 7 juillet 2022
Un champ d'éoliennes offshore, au large de Rhode Island, aux Etats-Unis, le 7 juillet 2022 ( JOHN MOORE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives )

Menacée de déraillement, l'industrie de l'éolien en mer aux Etats-Unis a obtenu jeudi une seconde décision favorable en trois jours, autorisant la reprise d'un projet au large de New York malgré l'opposition du gouvernement Trump.

Un juge fédéral de Washington a donné son feu vert au redémarrage du chantier du groupe norvégien Equinor, baptisé Empire Wind, qui doit mettre sur pied le premier champ à alimenter directement la ville de New York en énergie éolienne.

Lorsqu'il sera pleinement opérationnel, fin 2027, il devrait pouvoir fournir 500.000 foyers en électricité. Equinor a déjà investi plus de quatre milliards de dollars dans ce projet, qui a démarré il y a près de dix ans et dont la réalisation est achevée à 60%, selon l'entreprise.

La décision du juge Carl Nichols a été prise en référé, ce qui signifie que la procédure se poursuit et que le dossier sera examiné sur le fond plus tard.

Pour autant, c'est une nouvelle déconvenue pour le gouvernement Trump, qui a suspendu, fin décembre, les cinq grands programmes éoliens offshore en cours de réalisation aux Etats-Unis.

Un autre magistrat fédéral de Washington avait déjà donné lundi son feu vert à la poursuite d'un autre projet, dirigé par Orsted et baptisé Revolution Wind, qui doit alimenter plus de 350.000 foyers du Rhode Island et du Connecticut.

La décision gouvernementale avait été justifiée par des "risques pour la sécurité nationale", le ministère de l'Intérieur faisant référence à des rapports confidentiels, sans plus de précision.

Un rapport du ministère américain de l'Energie, datant de 2019, indique que les turbines peuvent créer des interférences pour les radars, notamment ceux utilisés à des fins militaires.

Equinor avait fait valoir que l'ordre de suspension était "un caprice", "arbitraire" et "illégal", prévenant qu'une décision judiciaire défavorable pourrait mettre en péril le financement du projet.

"Préjudice irrémédiable"

Le juge Nichols a fait droit à la demande de la société norvégienne "du fait d'un manque de notification préalable" de la part des autorités américaines ainsi que du risque de "préjudice irrémédiable" qu'une suspension prolongée présenterait pour le projet, a relevé l'organisation de soutien au secteur de l'énergie marine Oceantic Network.

Il a aussi noté, a souligné l'association, que le gouvernement américain n'avait pas apporté de réponses à la plupart des questions soulevées par Equinor.

Ce dernier avait rappelé, devant la justice, avoir proposé, dès 2020, près de 300 mesures propres à limiter ou surveiller les effets du parc éolien sur la faune environnante et son habitat, ainsi que son impact potentiel sur les systèmes de navigation et radars, de l'armée américaine notamment.

Sollicité par l'AFP, le ministère américain de l'Intérieur n'a pas donné suite dans l'immédiat.

Avant même son retour à la Maison Blanche, Donald Trump avait publiquement affiché son hostilité envers l'éolien, qualifié de "désastre économique et environnemental".

Plusieurs études ont néanmoins montré que l'énergie tirée du vent aux Etats-Unis coûtait, en moyenne, moins cher que plusieurs autres sources, notamment le charbon, hors aides publiques.

Le chef de l'Etat américain a aussi mis en cause la laideur des éoliennes et les dommages supposés qu'elles causent aux baleines, selon lui.

L'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) a cependant indiqué qu'aucun lien n'avait été établi entre l'éolien en mer et la mort de cétacés.

"Empire va maintenant se concentrer sur la reprise des opérations de construction", a commenté Equinor dans un communiqué, et ses responsables "continueront à échanger avec le gouvernement américain pour s'assurer d'une mise en œuvre sûre et responsable".

Parmi les trois autres fermes éoliennes visées par la suspension, figure un autre projet d'Orsted, appelé Sunrise Wind, au large des côtes de Long Island, prévu pour alimenter 600.000 foyers en 2027.

La société danoise a, là aussi, saisi le tribunal fédéral de Washington, mais aucune décision n'a encore été rendue dans ce dossier, pas plus que dans celui soutenu par un autre opérateur, américain lui, Dominion Energy, concernant le champ Coastal Virginia Offshore Wind, au large de Virginia Beach (Virginie).

Le cinquième et dernier chantier, celui de Vineyard Wind, non loin des îles de Martha's Vineyard et Nantucket, a fait l'objet d'un dépôt d'assignation jeudi devant un tribunal fédéral du Massachusetts.

Ce projet est achevé à 95% et est déjà en mesure de fournir de l'électricité.

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